Rock en Seine 2014 – Jour 3

Dernier jour de Rock en Seine 2014. Et la programmation ne nous a pas épargnés pour cette troisième session sur les rotules : les groupes sont une fois de plus très rock ! Le duo Blood Red Shoes ouvre avec superbe, les Cloud Nothings s’emballent en punk rock, Airbourne clament qu’ils ne sont pas encore morts, Brody Dalle tient son rôle de Courtney Love 2.0, Thurston Moore s’avère aussi inspiré qu’avec Sonic Youth, Tinariwen fait danser, Stephen Malkmus prouve qu’il n’a pas besoin de Pavement et les Queens of The Stone Age en imposent, comme d’habitude.

Blood Red Shoes

Le duo démarre en trombe avec ‘Welcome Home’, le morceau instrumental qui ouvre leur dernier album, Blood Red Shoes, puis enchaîne avec un de leurs tubes ‘I Wish I Was Someone Better’. Steven Ansel se démène derrière sa batterie, assurant le chant, pendant que Laura-Mary Carter occupe l’immense plateau de la Grande scène : ils ont beau n’être que deux, leur son est monstrueux ! Le batteur finit essoufflé de ‘The Perfect Mess’, mais ce n’est que pour remonter en selle pour la courte et néanmoins énorme ‘This Is Not For You’ et faire danser sur ‘An Animal’. Un concert impressionnant malgré les claires tensions qui alimentent le couple, d’autant plus évidentes sur ‘Red River’.
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Cloud Nothings

Curieux de voir l’évolution des Cloud Nothings qui ne nous avaient pas trop marqués lors du Pitchfork Music festival il y a deux ans, Le Transistor se dirige vers la Scène de la Cascade. La batterie roule, ça gueule, le guitariste roule des mécaniques en se déliant les doigts sur sa gratte… Le punk garage vire violent, comme un très vieux Green Day. Sauf qu’ici le jeune groupe de l’Ohio semble réellement se prendre au sérieux. C’est tout de suite moins marrant…
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Airbourne

Avec Airbourne, hard rock is not dead – ou du moins, se plaisent-ils à le penser. On dirait un revival, car rien n’a bougé depuis les années 80 : cheveux longs sur torse nus, le look traditionnel prime. Et niveau son, même si le groupe ne s’est formé qu’en 2003, les frangins n’essaient pas vraiment de renouveler le genre. Le public regarde Joel O’Keeffe balancer des bières et descendre dans la fosse. Mais sa réputation le précède : tout le monde attend qu’il escalade les poteaux de la Grande scène. Et se lasse avant d’avoir sa réponse.
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Brody Dalle

Après un projet de Spinnerette avorté en 2008, Brody Dalle présente son premier album solo. Diploid Love a la chance d’avoir reçu l’aval de Shirley Manson de Garbage, avec qui elle a travaillé les paroles mais aussi Emily Kokal de Warpaint et Nick Valensi de The Strokes. Néanmoins le public ne semble pas réagir sur ces nouvelles compositions, et attend les morceaux de The Distillers avec impatience.
Sans aucune autre date de tournée, la question plane de savoir si son deuxième mari, Josh Homme, ne l’a pas imposée dans la programmation. D’ailleurs, le leader des Queens of the Stone Age reste posté pendant la moitié du concert pour vérifier au bon déroulement. Elle a beau investir dans une image de femme indépendante, et critiquer ses collègues comme J-Lo, cette Bel Ami du rock, s’appuie manifestement sur le géant du moment (après Tim Armstrong de Rancid) pour grimper.
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Thurston Moore

Le fondateur de Sonic Youth installe ses partitions sur un pupitre et se lance dans une longue introduction bien planante. Les distorsions abondent rapidement, et bientôt les guitaristes tournent le dos à la foule pour faire jouer les amplis. Les montées en pression se font doucement mais sûrement… le suspense est semblable à celle d’une grenade qui vient de rouler à nos pieds.

Petit à petit, menés par une batterie décisive, les pogos s’activent et les têtes vrillent. Les guitares crissent enfin pour le final, le leader tapotant le manche pour faire vibrer les cordes jusqu’au bout. La basssite attend que la dernière note s’éteigne, alors que le batteur semble prêt à repartir… Tenu en haleine par une boucle obsédante, le public espère un redécollage qui malheureusement ralentit, jusqu’à ce que la fin arrive tel un couperet. Devant les regards implorants, Thurston Moore lance un ‘That’s it!’ avant de reprendre son cahier pour rejoindre les coulisses modestement. Classe !
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Tinariwen


Depuis leur Grammy Award en 2011, Tinariwen commencent à faire parler d’eux, en dépit de leur formation en 1982. Originaires des régions frontalières entre le Mali et l’Algérie, ces touaregs jouent de l’assouf, musique basée sur la nostalgie que l’on peut comparer au blues. Posé dans l’herbe, le public en profite pour une petite sieste porté par les mélodies, alors que petit à petit, les bédouins invitent à la danse à grand renfort de chorégraphies. La foule commence à applaudir, se laisse envoûter par les guitares. Malgré les textes mués par une rébellion, comme l’expose le documentaire de Jérémie Reichenbach, l’ambiance reste très bon enfant.
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Stephen Malkmus and the Jicks

Sur la scène Pression Live, l’heure était aux leaders de groupes cultes : après Thurston Moore, voici Stephen Malkmus. En effet, à peine Pavement mis en pause, son fondateur dansait sur les cendre avec son nouveau groupe The Jicks. Leader d’un groupe éminemment indépendant des années 90, Stephen Malkmus cherche encore à prouver qu’il a influencé milliers de groupe pop. Néanmoins, son effort en solo (et ce depuis plus de dix ans) ne touche que les vrais fans de Pavement. Les mêmes réverbérations lo-fi, les mêmes refrains pop qui partent en vrille… et pourtant l’ensemble reste assez convenu.
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Queens of the Stone Age

Attendu comme le loup blanc, Josh Homme venait clôturer le festival. Car ce n’est plus les Queens of The Stone Age qui sont attendus, mais bien son frontman, véritable Staline du rock. Petit à petit, à commencer par Dave Grohl sur Songs for the Deaf mais aussi Mark Lanegan, le Elvis roux a récupéré tous les acteurs importants de l’industrie pour en faire une armée. Que ce soit avec les Eagles of Death Metal, avec Them Crooked Vultures, ou alors aux manettes des Arctic Monkeys… Ensuite il prête son studio aux Afghan Whigs, s’invite sur un b-side des Hives, se tape des barres avec Trent Reznor ou Jack White, il est partout, jusqu’à Nosfell ! On se croirait dans Le Parrain !

Avec son single dégoulinant ‘Make It Wit Chu’, il a fait basculer les Queens of the Stone Age dans la catégorie des groupes de stade. Sauf qu’on en peut plus : à force de s’occuper de sa réputation, il en oublie d’être original et sert la même soupe depuis plus de dix ans. Les Arctic Monkeys ont au moins l’intelligence de marquer une pause pour se ressourcer, mais à force de se croire invincible Josh Homme en devient indigeste.
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Remerciements : Ephélide

Catégorie : A la une, Concerts
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