Printemps de Bourges 2016 – mercredi

Premier jour déjà bien musclé pour ce festival. La journée s’est retrouvée rythmée par la sélection rock des Inouïs du Printemps de Bourges – avec deux sessions ! Ainsi au 22 on a découvert Le Colisée, Angel – le nouveau projet d’Anthonin Ternant échappé de The Bewitched Hand, Holy Two signés sur le label de Last Train, Theo Lawrence en mode revival Johnny Cash/Elvis Presley et San Carol pour la touche cold wave. Et pour pimper la soirée, Le Transistor a fait un détour par le W pour voir la nouvelle sensation Jain en live.

Le Colisée

Après les très glam The Lazy Kings, le 22 part au bord de la mer Egée, en kimono avec Le Colisée. C’est le projet de David Nzeyimana, étudiant en philo qui a décidé de s’improviser chanteur. Si son style fait penser à Rodrigo Amarante, le jeune homme n’est clairement pas à la hauteur. La plupart du temps, il se contente de poser sa voix sur les arrangements des musiciens qui l’accompagnent. Et quand il se lance dans ‘Baobab’, une chanson sur son dilemme poignant – à savoir voir ses amis ou partir jouer avec Frànçois and the Atlas Mountain -, la platitude des paroles, sans aucune possibilité de deuxième degré, achève notre curiosité.

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Angel

Avis aux fans des Bewitched Hands, Anthonin Ternant est de retour avec un nouveau projet, Angel – à l’affiche mégalo faisant référence à Jésus. Jouant le jeu à fond, il s’est découpé des ailes en carton, incrustées de diodes electro-luminescentes. Seul sur scène, cerné par deux angelots, il se lance dans un set opera-rock. Néanmoins, si sa guitare acoustique se perd dans les chœurs imaginaires, son chant trop aiguë n’est malheureusement pas noyé par le groupe-orchestre des Bewitched Hand. Car si l’esprit de son ancien groupe est bien présent (surtout sur son single ‘Angels Turned Around’), il manque la confusion des instruments pour consolider ses mélodies naïves –.

A vrai dire, ses chansons n’ont pas l’air abouties, comme s’il s’était précipité dans l’aventure. Sauf que si on compte The Wolf Under The Moon, Angel est son deuxième projet depuis la fin de la formation rémoise. Et quand il reprend le visuel de Vampiric Way, leur deuxième album, on se dit qu’il recycle un peu trop. Surtout qu’il a créé un groupe complet, Black Bones, sur ce concept. Certes, ce set à l’arrache est dans l’esprit rock’n’roll, mais il ne rime à pas grand-chose.

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Holy Two

Inouïs toujours, après Horsch qui faisait trembler les murs, on découvre Holy Two, signés sur le nouveau label des fringants Last Train. Holy Two, c’est un trio qui fait outrageusement penser à Lilly Wood and the Prick. Ce qui est assez déroutant parce que Nili, la chanteuse, fait justement cette année partie du jury. Néanmoins, la grosse batterie ne couvre pas les grosses ficelles, et malgré une grande gestuelle, et des rotatives de cheveux sur le clavier, il ne se passe rien, on s’ennuie ferme.

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Jain

Par curiosité, et alléché par un single ‘Come’ bien léché, Le Transistor a tenté une visite au W, où Jain assurait la première partie de Louise Attaque. En intro, des bribes de sons mènent à un chant africain puis s’arrête subitement. D’un coup, la jeune femme – qui avec ses nattes fait penser à Olive, la fiancée de Popeye -, se met en mode rap. Elle balance les sons depuis sa table des commandes et s’élance pour arpenter seule l’immense plateau. La salle, bien blindée, réagit chaleureusement à ses chants ancestraux qui passent en loop.

Motivée, elle s’évertue à faire danser la foule, puis propose une chanson pour Paris car « ça fait 5 mois je crois aujourd’hui ». Elle tentera de relancer l’ambiance avec son single, et la foule la suivra avec ferveur.

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Theo Lawrence

Retour au 22, où la sélection rock des Inouïs poursuivait son cours. Sur scène, Theo Lawrence and the Hearts font mine de balancer un ‘Come On Everybody’ d’Eddie Cochran, mais détournent l’intro pour partir sur leur compo. Avec une voix à la Black Keys, le jeune gominé propose un rock’n’roll, souligné par un joli son de claviers. Mais leur look tiré à quatre épingles fait plus penser aux minots pimpants de Temples qu’aux prodiges de The Strypes. Et finalement, si la maîtrise impressionne, le jeune homme ne parvient pas à sortir de ses influences Elvis Presley et Johnny Cash non digérées.

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San Carol

Pour finir la soirée, San Carol, le projet de Maxime Dobosz avec les membres de VedeTT et d’autres potes de la scène angevine. « Je sais que je suis pas très souriant mais on passe une super soirée avec vous »… Il semble plutôt se fait des nœuds au cerveau de toute l’intensité qu’il investit dans son live : quand il monte dans les aiguë, on dirait que les retours lui percent les tympans.

Avec son maillot de la Juve, flanqué d’un guitariste à la capuche comme dans Black Rebel Motorcycle Club, d’un bassiste Mario Bros qui tourne le dos au public, et un batteur de stade, on ne se douterait pas que San Carol donne dans la cold wave. De longues intros, des chœurs saccades, une batterie droite dans ses bottes et trois notes de clavier répétées parviennent à hypnotiser les plus réfractaires du genre et à faire danser les adeptes. Leur petit plus ? Les seuls à souligner la qualité de la sélection des Inouïs, et l’excellent niveau des autres groupes.

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Réclame

Lire l’interview de The Bewitched Hands


Remerciements : Delphine Caurette

Catégorie : A la une, Concerts
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Une réaction »

  • Printemps de Bourges 2017 : audition des Inouïs | Le Transistor :

    […] deux déhanchés de bassins piqués à Alex Turner. Leurs références sont mieux digérées que Théo Lawrence (présent aux dernières sélections de Inouïs), et leurs solos de guitare savent clouer le bec aux plus sceptiques. En dix minutes les voilà […]

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