This Is Not A Love Song – Vendredi

Deuxième journée du This Is Not A Love Song festival sous le soleil de Nîmes. Une fois arrivé au Paloma, Le Transistor a pu profiter du beau temps pour voir le brûlot de Findlay et les blagueurs de Black Lips sur la scène extérieure, l’exotique Rodrigo Amarante dans l’espace confiné du Club, et dans la Graaande salle : la folk pas si orpheline de Midlake, la poésie de Neutral Milk Hotel, et l’énergie dévastatrice de Ty Segall.

Midlake

Dès l’introduction sur ‘Ages’, on sent que Midlake ne souffre absolument pas du départ de son chanteur Tim Smith. Même si la folk qu’ils manient avec précaution depuis quelques années reste présente, on les sent plus à même de prendre des risques : le groupe approfondit ce qu’ils ont toujours aimé explorer, ose l’agrémenter de plus d’effets. Après le plombant The Courage of Others, Midlake semble revivre : le chant est moins spectral, presque dansant… voire champêtre sur ‘Provider’ ! Puis le rock perce, la batterie roule et les guitares se distordent sur ‘We Gathered in Spring’. ‘Antiphon’ arrive enfin, plus déterminée que jamais, pour revenir sur des tonalités plus psychédéliques avec ‘Vale’ et la rêveuse ‘It’s Going Down’. Après la fameuse ‘Roscoe’, le groupe finit sur une très belle et inspirante ‘The Old and the Young’. Chapeau.
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Lire le live report de Midlake au festival des inRocKs 2010

Findlay

Depuis la Boule Noire du festival des inRocKs, la jeune Anglaise a bien grandi. Elle a semble-t-il appris à gérer les grands plateaux, puisque l’énergie qu’elle dégage arrive sans peine à s’imposer. Elle raconte ses misères amoureuses sans se lamenter avec ‘Gin on the Jukebox’, joue avec l’amplitude de sa voix sur ‘Stone & Alone’, pousse des petits cris suggestifs sur ‘Your Sister’… D’ailleurs avec ce blues à la Dutronc, tout le monde brûle de reprendre les paroles de ‘La Fille du Père Noël’. Puis elle part en reggae avec ‘Wolfback’, vire garage avec ‘Greasy Love’ qui ouvre sur une reprise des Stooges. Au final, le set parait un peu décousu, comme une fan de Gwen Stefani qui se chercherait une prestance scénique.
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Neutral Milk Hotel

La sensationnelle tête d’affiche du Primavera Sound festival qui se retrouve au Paloma, en voilà un magnifique cadeau, et de fait, le sourire qui fleurit à l’entente de la phrase magique « When you were young you were the king of cauliflower » ne fânera pas de tout le set. Le groupe, soudé, ne semble pas affecté par les années de séparation. On retrouve avec plaisir Julian Koster qui marie comme à son habitude les instruments les plus loufoques, et Scott Spillane ne peut s’empêcher de murmurer les paroles de Jeff Mangum entre deux parties de cuivres.
Dans un coin de la scène, le chanteur paraît vouloir se cacher sous sa barbe et casquette pendant le medley d’introduction. Et pourtant c’est seul qu’il entonne la fameuse ‘Two Headed Boy’ qui se transforme doucement en valse bouleversante. On ne cesse de s’émerveiller ! La scie musicale vient sublimer ‘In The Aeroplane Over The Sea’, et le set vire limite cacophonique sur la montée de ‘Ruby Bulbs’ qui ouvre sur la magnifique ‘Ghost’.
Un set où la mélancolie et les moments festifs font bon ménage, et où l’apparition d’un accordéon ne paraît pas incongrue !

Rodrigo Amarante

Pour résumer en quelques mots l’univers du chanteur brésilien : c’est un barbu à chemise fleurie qui manie avec élégance la poésie française avec un accent latin. Dans l’intimité de la petite salle du Club, tout le monde est sous le charme. La langueur non pesante de ses petites mélodies mélancoliques touche, émeut. Lorsqu’il mentionne un de ses groupes, Orquestra Imperial, certains visages s’illuminent, mais pour ce projet solo, la formation est minimaliste : on oscille entre acoustique et électronique à base de synthétiseurs. L’ambiance est douce, feutrée, pousse à l’introspection face à ce chanteur ouvert, souriant, heureux, chaleureux qui ne peut s’empêcher de danser sur ‘Mana’. Rodrigo Amarante parvient à créer un espace de confiance, au sein duquel on peut se laisser aller. Et des larmes brillent sur les joues du public.

Black Lips

A l’écoute du dernier Underneath The Rainbow, le trio ne semblait ne pas vouloir trop s’éloigner de ses classiques avec cet album quelque peu autoroutier. Mais quand on les retrouve sur la scène extérieure, ces gamins-là ne sont pas en train de donner un concert : ils se tapent un délire. Et malgré leur taux d’alcoolémie bien élevé, les retranchant dans des cascades de private jokes, l’ambiance est très bonne.
Entre deux morceaux plutôt rangés, déclenchant le minimum syndical de slams, ils racontent n’importe quoi, manquent de se prendre le pied de micro dans la gueule : une véritable comédie de situation. En somme, heureusement, leur rock bien crasseux, leurs blagues dégueux, le chant manifestement faux, et les petits cris d’animaux viennent tâcher leurs références par trop lisses.
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Ty Segall

Pendant que la file d’attente s’accumule devant le Club pour voir Har Mar Superstar, les plus téméraires se plongent dans la Graaande Salle pour se frotter à Ty Segall. Le jeune prodige (une douzaine d’album au compteur en seulement six ans) se présente d’un timide « These are my friends, we’re gonna play some music » et balance un gros son bien dense et des hurlements à faire froid dans le dos. Clairement, en dépit d’une coupe de cheveux de gentil garçon, le rock de Ty Segall tabasse – avec Emily Rose Epstein à la batterie… comme quoi on a pas besoin de muscles virils pour envoyer du bois.
Des morceaux aussi courts que violents se succèdent, laissant un sentiment de jouissance palpable. Mais ses compositions ne sont pas sans finesse, chacune imposant une atmosphère différente : parfois dansant, parfois inquiétant, le set est fluide, malgré le télescopage de styles. Jouissif !
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Remerciements : Jean-Philippe (Martingale)

Catégorie : A la une, Concerts
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