Fragments et SayCet au Badaboum

Depuis leur sélection aux Inouïs du Printemps de Bourges, Le Transistor suit l’aventure de Fragments , de Vieilles Charrues en MaMA. Deux ans plus tard, le trio sort déjà son premier album, Imaginary Seas. Pour la release party, les Bretons se sont payé une session live chez FIP, puis s’offraient le Badaboum en première partie de Saycet – dont ils parlaient déjà lord de notre interview. Le Transistor a préféré la moiteur d’une salle de concert au confort d’un auditorium de la Maison de la Radio pour découvrir ce premier album.

Fragments

Un rideau de crépitements s’élève, et l’atmosphère post-rock se pose sur la salle : le public semble en plein alunissage, le concert de Fragments est lancé. Sylvain Texier, le batteur qui trône au milieu de la scène, brise le charme en remerciant très simplement à la foule – puis annonce ‘Off the Map’. Un morceau superbement délicat que le public n’a pourtant pas peur de briser avec la ferveur de ses applaudissements.

Car si leur musique paraît fragile, la basse fait office de structure pour que les cloches puissent tintinnabuler avec détermination, et la batterie n’hésite pas à faire claquer les baguettes en rimshot pour allier force et douceur. Malgré une ambiance electro, on sent le côté organique de leurs compositions, presque artisanal sur scène. Dans la foule, certains se laissent prendre et commencent à danser au son d’un rythme plus tribal.

Fragments crée une sorte d’espace atemporel, parfois sépulcral, parfois taquin. ‘Sycamore Tree’ est un réel un monde parallèle, avec une mélodie répétitive pour éviter de s’envoler, tandis que les touches de clavier appellent à l’aventure, à une balade vers un pays d’enfants perdu. Cette bande son de tous les possibles donne de réels frissons !

Enfin, comme c’est leur soirée, le trio n’hésite pas à jouer un nouveau morceau, ‘Elements’, légèrement plus épique, pendant lequel Benjamin Le Baron s’échine passionnément sur ses claviers et que Tom Baudoin s’emballe à la basse. En conclusion, ce sera ‘Pyramids’, dont l’urgence saisira le public pour le laisser extatique.

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SayCet

Si on était tombés sous le charme de SayCet en 2010, la dernière prestation au Divan du Monde, pour la sortie du troisième album Mirage, nous avait un peu déçus. Mais sur cette nouvelle tournée, Pierre Lefeuvre est seul, sans Louise Roam ni Phoene Somsavath. On aperçoit toutefois Zita Cochet en régie, pour assurer le VJing du set. Devant quatre immenses écrans, SayCet se penche minutieusement sur sa table, et se lance dans un concert coup de poing.

Un chant, à la manière d’une scie musicale, monte, et la foule se retrouve comme pris de force par le morceau. Plus sûr de lui qu’il y a un an, SayCet balance un son qui tabasse et une lumière stroboscopique. Avec ses allures de conquérants devant ses commandes, on le sent prêt à une Blitzkrieg. Face à autant de puissance, le public se retrouve comme hypnotisé par cette pluie de pixels mitraillée.

C’est comme si SayCet voulait nous tirer de la rêverie dans laquelle on venait de s’abandonner quelques instants plus tôt grâce à Fragments, pour nous confronter à la réalité. Le monde sonore qu’il crée est presque angoissant, on se retrouve comme coincés à l’intérieur d’un jeu vidéo cernés de toutes parts par des menaces aveugles. Sur son ‘Météores’, qui fait penser au glissement d’ailes d’un papillon doré, le coléoptère semble pris dans une tempête, sans aucune issue.

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Réclame

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Remerciements : Tanguy You

Catégorie : Concerts
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