Entretien avec ALB

Amoureux de la scène rémoise, réjouis-toi, ALB sort enfin son deuxième album – tout juste six ans après son Mange-Disque-, le fameux Come Out! It’s Beautiful. Pendant ces six ans, il a joué avec John Grape, il a mis en scène The Shoes, habillé de son ‘Golden Chains’ une pub de bagnole, et parcouru des milliers kilomètres pour la tournée de Yuksek. Pour revenir assuré de ses compositions, prêt à affronter son public seul. Et cet album est méticuleux mais pas chargé, pop mais pas facile non plus, et en plus, il révèle son secret aux rayons du soleil !

ALB

Le fameux ‘Golden Chains’ est d’ailleurs le point lumineux culminant de l’album. « C’est pas un hasard que ma pochette apparaisse au soleil aussi. Ca réagit aux UV : cinq secondes en plein soleil suffisent ! Mais ça marche pas à la lampe ni derrière une fenêtre, il faut sortir ! »

Pour commencer, ALB explique pourquoi il a fallu attendre ce Come Out! It’s Beautiful si longtemps. « J’ai eu une longue période de gestation… mais pas seulement parce que j’ai pris mon temps ! Parce que aussi la vie fait que tu as besoin de travailler pour vivre : j’ai fait plein d’autres choses mais toujours centré sur la musique. J’ai fait plein de musique à l’image, et puis il y a eu les deux ans de tournée avec Yuksek, j’ai tourné avec mon pote Kim aussi. » Clément Daquin a aussi travaillé au centre Césarée de Charleville-Mezières. « C’est un centre de musique contemporaine, où je faisais des pièces de musique contemporaine avec des jeunes en réinsertion. Et puis plein d’ateliers en collèges, en région, plein de truc très enrichissants que je regrette pas, parce je me suis énormément investi et que ça a nourri l’album… parce que j’ai jamais arrêté une seconde non plus de bosser sur ALB. »

Cependant, ALB admet aussi être de nature perfectionniste. « Ca fait aussi partie du processus pour que les morceaux soient aboutis. J’ai passé énormément de temps sur les arrangements à faire 5, 10,15 versions – et j’exagère à peine en plus – jusqu’à trouver le juste équilibre. Pour d’autres morceaux, il m’a fallu les… libérer un petit peu et le temps a pas mal joué aussi pour ça. » Certains morceaux ont été composés avant la sortie de Mange-Disque. « Oui, parce que mon premier album est sorti en 2008 mais a été fini en 2006. Donc entretemps j’avais déjà fait des morceaux, dont ‘Hypoballad’. Il est passé par plein de phases : il était important pour moi mais il n’avait pas encore revêtu son costume pour ouvrir Come Out! It’s Beautiful. »

Ce qui a pris le plus de temps, c’est d’assumer enfin le projet en solo. « C’est venu par étapes : d’abord accepter de chanter moi-même les chansons, puis comme je voulais du piano, je me suis mis à apprendre à jouer du piano. En plus d’être maniaque et exigeant, j’avais pas envie d’arriver avec des morceaux ou des instruments que je maîtrisais pas… J’avais envie de proposer quelque chose où j’assure, qu’il y ait aucun problème d’anglais, ou de prononciation… » Pour faire les choses bien, Clément Daquin a demandé l’aide de la chanteuse de Tristesse Contemporaine. « Chanter en anglais c’est quand mêsme un autre exercice que d’écrire. Maik a fait tous les enregistrements avec moi, c’était chouette. »

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Au final, Come Out! It’s Beautiful raconte une histoire… « C’est une histoire par la musique et par les instruments plus que par les paroles. Chaque morceau a sa vie propre et son thème : ils sont pas reliés les uns aux autres, y a pas un début et une fin d’histoire chantée, comme Histoire de Melody Nelson de Gainsbourg par exemple. Je raconte un cycle comme pourrait l’être une journée ou une année ou une vie, avec des saisons, le jour et la nuit, la naissance et la mort… » L’album commence sur une balade acoustique. « ‘Hypoballad’ c’est le morceau Ricoré, c’est le matin, avec les petits zoziaux, on se réveille avec la batterie qui arrive tout doucement, et petit à petit ça s’installe et les petits synthés jouets et les flutes à bec. Puis on passe à des guitares un peu plus rock, au piano qui est un instrument noble, les synthés sont remplacés par de vrais ensembles de cuivres, et les vocodeurs redeviennent des vrais chœurs… » Puis évolue d’une tonalité mélancolique à lumineux, à triste. « Les textes au début son assez naïfs et les structures sont simples, et plus ça avance, plus les textes sont posés et durs et ça devient du grand n’importe quoi en termes de structures : ça finit presque rock progressif avec arpèges de synthés partout ! »

Et malgré le succès de ‘Golden Chains’, ce n’est pas le single qui a été choisi pour l’album. « Une des premières phrases que m’a sorti Vincent Boivel de chez Arista, c’est qu’il s’en fout que ce morceau ait été choisi pour une pub, si on le met pas sur l’album il me signera quand même. Ce qui m’a plutôt séduit. C’est ‘Whispers Under the Moonlight’ qui est devenu le single, parce que c’est celui-là que je voulais. Il se trouve que je l’ai choisi parce qu’il est important pour moi. Et le label a dit ok, alors que le truc a pas une gueule de single à la base. » Ce qui permet de remettre de l’humain dans le marketing musical. « C’est marrant de voir que quand un titre est chargé d’émotions, ça se sent. Quand les gens mettent quelque chose de vrai, de sensible, avec du vécu dans leur musique, et bien étrangement ça touche les gens, étrangement c’est souvent le morceau qui est mis en avant. »

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Pour finir, ALB parle de son pote Kim, avec qui il a beaucoup travaillé. « J’ai étudié le phénomène, et ce mec-là veut pas rentrer dans un système . C’est un choix qu’il a fait, vraiment, de ne faire aucune concession parce qu’il veut tout gérer par lui-même. Tout ce qu’il produit sort systématiquement, et dans un format qu’il a décidé, pour une tranche qui sera pas énorme mais récurrent : il a son public. » Clément Daquin réfléchit et rajoute : « Le nombre de fois où on s’est dit avec Yuksek : Putain, Kim c’est une machine à tubes, c’est incroyable ! On prend les 12 meilleurs morceaux des trois derniers albums, et on le produit hyper bien… Mais ça l’intéresse pas. »

Réclame

Come Out! It’s Beautiful, le deuxième album de ALB, est paru chez Arista/ALB.
ALB sera en concert le 20 mai à la Maroquinerie, au Rock Dans Tous Ses Etats et à Rock en Seine !
Lire l’interview de Yuksek
Lire l’interview de The Shoes
Lire l’interview de John Grape
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Lire pourquoi Benjamin aime ALB


Remerciements : Victorine :)

Catégorie : A la une, Entretiens
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