Pitchfork Festival – premier jour

A la Grande Halle de la Villette, le Pitchfork s’installait pour trois jours de festival. Ce magazine américain, maître en matière de défrichage, avait concocté une programmation des plus indé avec l’aide du tourneur Super ! La sélection du Transistor de cette première journée : How To Dress Well, DIIV, Japandroids, Sébastien Tellier et M83.

How To Dress Well

Ca se bousculait à l’entrée, donc on n’a pu attraper que le dernier morceau du set : ‘& It Was U’. Si Love Remains, le premier album, était profonds et poignants, la foule était pour le coup en train de danser sur ce titre extrait de son nouvel effot, Total Loss. Le producteur Tom Krell a su donner un twist groovy à ses compositions electro et a délaissé les chapes sombres pour une tournure bien plus r’n’b. Sa voix extra aigüe ne perce plus le cœur, elle donne envie se laisser aller.

http://www.dailymotion.com/video/xs7o3f

DIIV

A première vue, DIIV est encore un groupe de dream pop, dans la lignée de The Pains of Being Pure At Heart. Et voir Zachary Cole Smith nager dans ses vêtements renforce l’idée : ce jeune innocent semble prêt à jeter ses sentiments adolescents sur de jolies mélodies noyées de réverbérations. Mais ce n’est qu’un leurre, on découvre en pelant l’oignon que ce groupe est largement influencé par le krautrock et l’énergie live est belle et bien punk.

Certes, on n’entend pas la voix du chanteur, et il s’obstine à tournoyer en rythme avec son guitariste qui affiche un sourire béat. Les apparences sont contre eux sur ces introduction instrumentales latentes, jusqu’à qu’une accélération prenne le public de court : le jeune Zachary est alors pris de spasmes et commence à hurler dans le micro. DIIV sait séduire d’un chant suave sur ‘How Long Have You Know’, pour extérioriser de plus belle une rage fluide sur ‘Wait’. C’est cette violente douceur qui laisse interdit sur ‘Sometime’, ou cette reprise éthérée d’un Nirvana (à l’origine de leur nom). Enfin ‘Doused’ donne le coup de grâce, avec les pêches de batterie anarchiques qui soulignent cette impression de puissance désarmante.

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Japandroids

Ce duo de Vancouver paraît tout d’abord vouloir nous faire régresser sur du skate punk avec trois notes et des breaks de batterie à faire baver des Sum 41 ou autres Blink 182. En quelques moulinets du bras, Brian King – habillé d’une chemise blanche bien repassée – rend une musique furieuse mais délirante. On se dit qu’on va passer un bon moment, à savourer une énergie toute adolescente avec les chœurs qui se muent en cris.

Tous les codes du punk-rock sont présents, à n’en pas douter ! Et le rendu est efficace avec ça, parce que les slams commencent bientôt à fleurir. Il faut dire que la formation à deux permet d’aller au but plus rapidement, mais de là à réussir à faire bouger voire chanter un parterre de hipsters placides sur ‘The House That Heaven Built’, il y a clairement quelque chose en plus !

Par contre, il leur est plus difficile d’occuper l’espace : Brian King semble vouloir que le set s’écourte, tant il est fatigué de courir partout, motiver le public ou mimer la batterie entre deux accords plaqués. Cependant, s’il finit le concert à genoux c’est parce dans le feu de l’action, il oublie sa fatigue et donne absolument tout.

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Au passage on note que Chairlift est resté à New-York, coincé par Sandy… Ce qui a donné l’occasion à François & the Atlas Mountain de monter sur les planches. Chouette !

Sébastien Tellier

Après l’éléctro clinique sans aucune surprise de John Talabot, Sébastien Tellier est un réel choc pour ceux qui ne l’avaient pas encore vu en live. Pour le coup, il bouge dans tous les sens, papote avec le public, se marre tout seul. A croire qu’en dix ans de carrière, il cherche encore à remplir le temps imparti par manque de chansons. Notre mé(ga)lomane n’a par contre pas pensé que si le festival se déroule en son domaine, le public est à majorité étranger, donc ses blagues sur les discours de Lionel Jospin ou Téléphone tombent plutôt à plat.

Ce jeu de la provocation est sympathique mais on attend un peu plus de prise de risque de la part de celui qui annonce à qui veut l’entendre qu’il peut tout se permettre. Malgré tout, on est soulagés que le live donne dans l’animation pour éviter de s’engourdir à l’écoute de ses magnifiques mélopées synthétiques. Et une fois de plus, il arrivera à faire frissonner la foule tout en la faisant danser sur ‘L’Amour et la Violence’.

Lire le live report de Sébastien Tellier au Trianon

Lire le live report de James Blake au festival des InRocKs Black XS 2011

M83

La tête d’affiche de la soirée, c’était des Français qui ont choisi de s’exiler pour trouver un son qui les fera exploser : pari réussi puisque leur double album Hurry Up, We’re Dreaming a été encensé par la critique des deux côtés de l’Atlantique. Le succès leur sera peut-être monté à la tête, car pour cette dernière date parisienne de la tournée, les Antibois s’étaient payé les services d’un orchestre… qu’on devinera à peine !

A part cette sur-estimation de leurs talents d’adaptation classique, le groupe a rodé un show bien à l’américaine, surchargé en lumières aveuglantes, lasers et stroboscopes. Ils font tout pour en mettre plein la vue, mais le concert reste froid : on n’est pas pris par les morceaux. Et force est de constater que, malgré tous ses efforts déployés, Loïc Maurin à la batterie ne fait pas le poids face aux lourdes chapes de synthés .

Si M83 paraissent motivés à nous faire passer un moment inoubliable, ils se reposent sur ‘Wait’ pour émouvoir et comptent sur l’efficacité de ‘Reunion’ ou ‘Steve McQueen’ pour faire danser la foule. Sur scène, seul Jordan Lawlor se démène comme un beau diable… Mais en vain : de toutes façons, dans l’assistance la plupart n’attend en fait le fameux ‘Midnight City’ pour pouvoir courir attraper un taxi avant tout le monde. La fin du concert sera d’un coup plus calme, laissant la déchirante ‘My Tears Are Becoming A Sea’ et autres ‘Couleurs’ aux fans. Et après un set syndical de 57 minutes, M83 repart vers sa destinée pavée d’étoiles.

http://www.dailymotion.com/video/xr85op

Réclame

Total Loss, le deuxième album de How To Dress Well, est paru chez Domino
Oshin, le premier album de DIIV, est paru chez Differ-Ant
Celebration Rock, le deuxième album de Japandroids, est paru chez Polyvinyl.
My God Is Blue, le quatrième album de Sébastien Tellier, est sorti chez Barclay/Universal.
Hurry Up, We’re Dreaming, le sixième album de M83 est paru chez Naïve.


Remerciements : Melissa Promotion

Catégorie : A la une, Concerts
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5 réactions »

  • gero :

    ah c’est cool, ça vous dérange pas de payer 129balles le week end cette fois

  • agnes (author) :

    parce que la prog était pas miteuse cette fois-ci ! et ils se prétendent pas sauveur de la planète, juste défricheurs au niveau du son !! 🙂 je sens que tu n’as pas tout saisi de notre position 😉

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