Entretien avec The Popopopops

Ca faisait longtemps qu’on n’avait pas entendu parler des Popopopops. Il y a deux-trois ans, c’était le groupe à découvrir absolument, puis pouf, ils ont disparu. Heureusement, ils reviennent avec un premier EP encore tout chaud, A Quick Remedy. Le Transistor les a retrouvés au Printemps de Bourges. Rencontre avec Simon, le bassiste, et Victor, le chanteur.

The Popopopops

Simon et Victor commencent par me résumer leurs débuts. « On a été aux Trans, mais le CQFD (ex-inRocks Lab) ça nous était tombé dessus alors qu’il n’y avait qu’un seul titre qui nous portait. Le seul titre que les gens pouvaient écouter c’était ‘Dance Tonight’, et c’était la deuxième chanson qu’on avait écrite dans le garage de Guillaume, le batteur. »

Entretien avec The Popopopops

Entretien avec The Popopopops

A l’époque, The Popopopops étaient tous frais du lycée. « On est plus du tout comme ça, mais on était très en mode : y’a qui comme pote qui vient nous voir dans tel bar, c’est cool, viens on va faire en haut-en bas de Yannick à la fin de ‘Dance Tonight’… et ce qui était ouf c’est qu’on se disait que oui, c’était cool ! » S’ils ont envie de se montrer plus matures, le groupe n’a pas envie de perdre cette fraicheur. « C’est un truc qu’on a envie de garder, parce que dans un sens, c’est ce qui a plu aux gens. On s’en foutait : y’a un concert qu’on a fait, y’avait des ballons partout et on a fait ‘Seine Saint Style’, carrément. Mais maintenant on a plus de prétentions et on est allés plus loin dans la recherche musicale, dans l’écriture des paroles. »

S’ils ont mis tant de temps à pondre leur EP A Quick Remedy, c’est qu’ils se sont d’abord concentrés sur le live. « On avait beaucoup de concerts : à Montréal, en Allemagne, en Espagne, en Hollande… Et en revenant de cette longue tournée, on s’est demandé ce qu’on voulait faire. Ca a changé notre façon de voir la zic et la prétention qu’on avait par rapport à notre musique. » C’est là qu’ils ont décidé de se lancer sérieusement. « On s’est dit que si on voulait en vivre, il allait falloir qu’on fasse quelque chose de beaucoup plus abouti et plus profond avec un vrai message ou du moins une vraie recherche. »

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Au début, The Popopopops avaient dans l’idée de faire directement un album. « On était vraiment partis pour présenter un album, on était un peu obsédés par ça. Mais quand on a commencé à se reconcentrer, on a beaucoup composé. Et on s’est rendu compte que c’était vachement différent de ce qu’on pouvait faire avant. Qu’il y avait possibilité de faire le lien mais qu’il fallait peut-être aussi qu’on pousse un peu dans cette nouvelle veine. »
Et au fur et à mesure des compositions, ils ont trouvé leur style. « Six mois plus tard, on s’est retrouvés avec pas mal de titres et on s’est dit que peut-être c’était un peu tôt pour sortir l’album comme ça, après trois ans… Pourquoi pas présenter quatre titres, où y’a un peu quatre ambiances, pour montrer ce que pourrait être l’album. Et voir comment les gens le prennent. »

Pour autant, The Popopopops ne veulent se réclamer d’aucune influence. « On se sent très proches d’une scène française. On est arrivés jeudi à Bourges pour voir vraiment Van Pariahs et pouvoir discuter avec eux, et aujourd’hui y’avait Juveniles et Hyphen Hyphen (interview). Ca va au-delà de l’influence musicale, parce qu’on écoute plein de choses… » Ils revendiquent justement un mix des influences. « Vraiment le groupe c’est un melting pot de plein de trucs, et c’est cette envie qu’on a de faire de la zik qui soit pas marquée d’avance dans un style. Après c’est aux gens de juger. Avec notre EP, y’a un réel parti pris, donc il va parler de lui-même. »

D’où un artwork qui ne divulgue rien de leur intentions, léger et bariolé comme leur nom. « La pochette, c’est parti d’une blague en soirée parce que les journalistes et les pros n’arrivent jamais à dire notre nom. C’est coloré mais c’est aussi complexe, on voulait jouer avec le nom qui a au final plutôt une forme qu’un fond, une signification. La répétition, l’image qui illustre cette répétition, c’est ce qu’on a envie de montrer : la complexité et la recherche qu’il y a derrière. »

La bonne nouvelle, c’est qu’entre temps, The Popopopops ont trouvé un label. « En fait, on a fait une rencontre assez originale. C’est une personne qui à la base n’est pas dans la musique, mais qui a vraiment envie de donner de son temps et de ses moyens à des groupes. On s’entend très bien avec elle niveau musique, elle a vraiment aimé notre projet, et du coup, début janvier on a signé avec elle. Elle vient de monter son label, on est son premier projet. »
Ils sont signés chez ZRP, leur distributeur c’est Pschent, et leur éditeur : ILCM ! « C’est un petit éditeur rennais qui fait beaucoup de développement sur la scène locale. Il bosse aussi avec Manceau, Juveniles et les Wankin Noodles (interview) et nous soutient depuis le début : on l’avait rencontré aux trans. Ils permettent un vrai échange et un vrai développement sur la scène rennaise. »

Victor et Simon me racontent alors toute leur stratégie marketing. « On est forcés de s’y intéresser, c’est pas pour notre plaisir, nous c’est la zik, mais on se rend compte que tout ce qu’il y a autour compte aussi. Si on veut amener des gens à écouter notre zik, faut qu’on soit sérieux sur comment on la présente. » Du coup, les jeunes membres du groupe s’investissent dans la communication. « C’est important pour nous de comprendre un peu les rouages pour être sûrs que notre musique arrivera à bon port. Et qu’elle dégage quelque chose qui sera cohérent… on a pas envie de se retrouver sur un truc dont on a pas envie. »

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Suivant les résultats de ce premier EP, ils se lanceront plus ou moins rapidement dans l’album. « Mais ça reste l’objectif final et on compte le sortir pour 2013. On est en train de préparer le truc, on a les trois-quarts des chansons et on va enregistrer cet été. On a des pistes pour le réal : on cherche quelqu’un qui pourra apporter un truc en plus à l’album. Là on hésite entre Foals… Non c’est pas assez gros, plutôt les Arctic Monkeys ! Et sinon, Mick Jagger est chaud aussi… »

Réclame

A Quick Remedy, le premier EP des Popopopops, est sorti le 21 mai chez ZRP/Pschent.

The Popopopops seront au Nouveau Casino le 6 juin !


Remerciements : Marion, Catherine et Nina (Ephelide) et Antoine (Opus 64)

Catégorie : A la une, Entretiens
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5 réactions »

  • Orelsan, artiste mainstream | Le Transistor :

    […] devenait ce petit Aurélien qui a échangé sa casquette contre des cheveux. En discutant des Popopopos avec un directeur de label, je m’étonnais du public qui […]

  • The Popopopops au Nouveau Casino | Le Transistor :

    […] leurs débuts très pop-dancy, The Popopopops (interview) se sont apparemment posé les bonnes questions pour trouver leur son. Le plus grand plaisir c’est […]

  • Roger :

    BON PLAN ! Vous faîtes quoi le 16 mai ?

    Le + vieux mag indé francophone (Longueur d’Ondes) débarque au Pan Piper, dans le 11e.

    Pour voir Popopopops, Piano club (chanteur d’Hollywood Porn Stars) et My Heart Belongs to Cecilia Winter… gratos !

    Les invit’ persos sont ici > http://bit.ly/1h1g9Qh

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