Pitchfork Music Festival – The National, Rone et Moses Sumney

Premier jour du Pitchfork Music Festival dans l’imposante Grande halle de la Villette. La première soirée se déroule en toute élégance, et de fait, car c’est The National qui a choisi la programmation. Ainsi, on découvre le fascinant Moses Sumney sur scène, on retrouve avec joie les élucubrations musicales de Chassol, on danse sur le nouveau set de Rone et on se fond dans la masse en admiration devant Matt Berninger et The National.

Moses Sumney

Il a tourné avec la terre entière – des Yeah Yeah Yeahs à Sufjan Stevens en passant par James Blake – et pourtant son style est sans pareil. Face à sa voix, étrange voire un peu dérangeante par moments, le public est très enthousiaste. Tout de noir drappé, il plonge la Grande halle dans un méandre de chansons tristes, sur fond d’electro-soul riche en introspection. Accompagné par un saxophone qui double son chant, Moses Sumney sait se faire doux, une guitare à la main, ou frapper violemment sur son micro pour nous parler de mort. Mais quoi qu’il fasse, il est tout simplement impressionnant.

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Chassol

Voilà bientôt trois ans que Chassol se balade avec son quatrième album Big Sun, enregistré à Fort-de-France, sur la trace de sa famille. A chaque voyage, Christophe Chassol ramène des diapositives assez particulières, car il crée un ultra-score, collant des mélodies sur ses rencontres, que ce soit avec des oiseaux dans la jungle ou des flûtistes dans le cimetière. Le public est tout d’abord un peu froid face à ce documentaire musical, avec des improvisations jazz clavier/batterie… Mais il se déride un peu grâce au rap dans la tempête – pour enfin applaudir quand arrive le carnaval. De toute façon, comment rester de marbre face à l’excellence du batteur Mathieu Édouard ? A la fin du set, on aimerait chanter avec eux… Do sol do sol si sol si…

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Rone

En amont de sa date – déjà complète – au Trianon, et à la veille de la sortie de son quatrième album Mirapolis, Rone était de passage au Pitchfork Music festival. Le producteur attaque très fort, en volutes vénères, mais c’est ce qu’il faut pour réveiller cette foule alors que 20h n’a pas encore sonné ! Et pour secouer son petit monde, rien de tel que John, le batteur de Battles, reconnaissable entre mille à sa cymbale sur-élevée (à tel point qu’il doit sauter pour l’atteindre).

C’est qu’il aime bien les featurings, Rone, avec notamment François Marry – de Frànçois & the Atlas Mountains sur son précédent album, Créatures, et cette fois-ci avec Saul Williams, Baxter Dury (lire l’interview), ou encore Kazu Makino qui vient sur scène interpréter ‘Down For the Cause’. Pour le final, des rythmes tribaux surviennent, puis s’espacent, pour laisser la place à ‘Bye Bye Macadam’, excellent single urbain mais doux de son deuxième album, le berlinois Tohu Bohu.

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The National

Dans la foule, beaucoup de sosies de Matt Berninger se sont faufilés. Mais avec le charisme qu’il dégage, impossible de confondre le chanteur de The National… sauf ce soir car il paraît bien fatigué. L’excuse est bonne : le groupe débarquait fraîchement de Chicago où il jouait pour l’inauguration du sommet de la Fondation Obama. Donc le chant était très éraillé pour la sublime ‘The System Only Dreams In Total Darkness’ mais Matt Berninger se chauffe, et lentement mais sûrement retrouve son énergie pour ‘Guilty Party’. Puis il laisse à Aaron Dessner le soin de s’adresser à la foule en français, avant ‘Don’t Swallow the Cap’, accompagnée d’une explosion de couleurs en fond de scène.

L’énergie – et l’intensité – est la même, que ce soit avec The National sur un immense plateau, ou avec El Vy dans une petite salle. Aussi Matt Berninger descend dans la fosse pour ‘Turtleneck’. Et le chanteur n’hésite pas à tirer sur ses cordes vocales déjà bien endommagées, pour ‘Secret Meeting’. Le leader joue avec le public, recherche son amour, se nourrit de la clameur qui accueille les premières notes de ‘Slow Show’, mais il n’en rajoute pas, il donne autant qu’il prend.

Pour le rappel, Matt Berninger invite Rone à monter sur pour ‘Sleep Well Beast’, puis The National finit, avec classe sur ‘Terrible Love’.

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Remerciements : Jean et Pauline [La Cadence]

Catégorie : A la une, Reportages
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