El Vy au Trabendo

Quand on a écouté pour la première fois El Vy, c’était avec ‘Return to the Moon (Political Song for Didi Bloome to Sing, with Crescendo)’. L’incongruité du nom laissait penser que ce n’était qu’un featuring ponctuel entre Matt Berninger de The National et Brent Knopf de Ramona Falls (et auparavant de Menomena). Mais il s’est avéré que la collaboration n’était pas une blague, et que le titre à rallonge annonçait bel et bien un album, génial de surcroît. Aussi Le Transistor n’a pas résisté à l’envie de les voir sur la scène du Trabendo.

El Vy


Dès l’introduction des petits cris – majoritairement féminins – fusent de toutes parts. Apparemment habitué à ces marques d’amour, Matt Berninger, tout de blanc vêtu, en profite pour jouer un peu de ses charmes avec le public, et surtout le premier rang. Après ‘Careless’, El Vy enchaîne avec ‘It’s A Game’, désarmante de sincérité, d’autant plus que quand il chante, le chanteur se penche sur son micro comme pour confier amoureusement ses paroles au creux de l’oreille de chacun.

La gente féminine – qui constitue largement le public – apprécie que le leader de The National admette sa vulnérabilité sur des ballades. Au début, cette excitation d’oestrogènes est assez dérangeante, mais après quelques chansons, il faut bien se rendre à l’évidence : ce mec qui physiquement ne ressemble pas à une gravure de mode dégage un charisme indéniable ! Il est d’une simplicité assez déconcertante, surtout quand il reprend ‘Sad Case’ qui enfin emporte le set d’un riff ravageur.

Parfois on le sent un peu frustré, peut-être parce que cet habitué aux moyens des grandes salles se retrouve démuni dans un Trabendo. Mais il arrive toujours à incarner l’intensité des morceaux. Surtout sur ‘Silent Ivy Hotel’… La chanson qui fait tomber amoureux de l’album. Celle que le batteur murmure malgré lui sur la montée de toms. Celle qui aurait pu (dû ?) être signée par les Mini Mansions. Celle qui est bien trop courte car déjà on reprend en choeur le single ‘Return to the Moon’ que Matt Berninger arrive à rendre si intime et groovy à la fois.

C’est un peu tôt pour se débarrasser du single, mais du coup, on ressent une tension en moins, tout le monde se détend, et on peut se plonger dans l’enivrante ‘Paul Is Alive’, et Brent Knopf peut descendre prendre un bain de foule… même si la réaction du public est bien plus impressionnante quand c’est Matt Berninger qui à son tour descend dans la fosse. Le public se lâche du coup à chanter avec eux, surtout sur la reprise ‘She Drives Me Crazy’ des Fine Young Cannibals. A fond, le chanteur se met à genoux, puis en profite pour prendre des poses de touristes et jouer avec le selfie-stick du premier rang.

Le piano annonce l’émouvante ‘No Time to Crank the Sun’ mais heureusement, Matt Berninger arrive à détendre l’atmosphère en éclatant de rire, ce qui a le don de sublimer la magnifique chanson. El Vy livre alors sa dernière chanson sur ‘I Need A Friend’ pour laquelle Matt Berninger refait des siennes en choppant une go pro au passage pour la mettre brièvement dans son pantalon. Puis il prendra les premiers rangs dans ses bras avant de repartir, sans avoir livré aucune chanson de The National… ni de Menomena ou Ramona Falls d’ailleurs.

Par contre, Matt et Brent resteront un bon moment au stand de merchandising pour photos et dédicaces…

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Réclame

Return To The Moon, le premier album de El Vy, est paru chez Beggars
Lire le compte rendu de The National au Primavera Sound Festival
Lire l’interview de Menomena


Remerciements : Sébastien [Beggars]

Catégorie : A la une, Concerts
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