Pitchfork Music Festival : Moderat, Explosions in the Sky, Whitney…

Deuxième volet du Pitchfork Music Festival dans la Grande halle de La Villette. Après avoir écouté leur premier album en boucle, c’était enfin l’occasion de voir Whitney (ex Smith Westerns) en live, mais aussi de découvrir Shame, de ré-espérer pour le super-groupe Minor Victories parce qu’on s’accroche comme on peut à ses idoles, de se lâcher sur les guitares de Explosions In The Sky, et de clore la soirée avec un sublime set de Moderat !

Whitney

Trônant au milieu de la scène, Julien Ehrlich entonne de sa voix très aiguë ‘Dave’s Song’ tout en maniant ses baguettes avec aisance. Et on sent qu’il a joué avec Unknown Mortal Orchestra, car lui aussi a la manie de garder sa parka sur scène. Malgré son allure chétive, le batteur est très à l’aise, il échange avec le public, en profite pour encenser Joey Purp, aussi originaire de Chicago, et arrange au passage un duo avec celui-ci, placé au premier rang.

Si Whitney est un duo à la base, tout tourne donc autour de ce batteur-chanteur. D’ailleurs, pendant un solo de trompette, il se met au sol, attendant que le bassiste Josiah Marshall vienne l’embrasser sous les acclamations du public. Animation scénique mise à part, le groupe tient la route musicalement. Après une reprise de Bob Marley, ils lâchent leur single ‘Golden Days’, et leurs chansons – imprégnées de reggae ou de country – donneraient toutes envie de danser, si elle n’étaient pas si courtes ! En plus, qu’un groupe aussi jeune se paie un morceau entièrement instrumental sur un set de festival, chapeau !

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Shame

Pour se défouler un peu, le Pitchfork enchaîne avec Shame, un mélange punk un peu bruyant largement influencé par les Sex Pistols. Le leader, en costard, mais avec des bretelles blanches pour donner un côté classe ouvrière, parle plus qu’il ne chante (et quelque part c’est mieux comme ça, car quand s’y essaie, c’est faux ! Style oblige). On retrouve un côté dépravé des Fat White Family – surtout quand il met son micro dans son calebute puis s’allume une clope, mais c’est moins intense dans la performance, et quand on y pense, plus lisse que Metz. Et lorsque Shame se lance dans la chanson politique, on ne peut s’empêcher de se faire la réflexion que Sleaford Mods ferait mieux. On aime l’énergie, mais c’est assez fatiguant en fin de compte.
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Minor Victories

Une note longuement tenue appelle les fans de Editors, Slowdive et Mogwai. Excités à l’idée de cette formation, Le Transistor s’était jeté plein d’espoir dans Minor Victories. Mais le premier live à la Route du Rock a été un bel échec… Pour le Pitchfork Music Festival – en intérieur donc – nous accordons une nouvelle chance. Mais pas sûr qu’on se déplacera pour la version orchestrale prévue…

Dans une tenue moins brillante que d’habitude, Rachel Goswell commence par un des morceaux les plus pop, ‘Give Up The Ghost’, comme pour amadouer l’assistance. Sa voix, comme sa tenue, semble plus consensuelle que sur Slowdive et de ce fait, envoûte moins. Façonnée à la mode Editors, la chanteuse passe pour une candidate de télé-crochet. C’est incompréhensible de constater qu’elle ait pu perdre son charisme aussi facilement. Même le single ‘A Hundred Ropes’ ne passe pas ! Le set se réveille rock, mais un peu tard, l’attention est déjà perdue.
YouTube Preview Image Lire l’interview de Minor Victories

Explosions In The Sky

Dès le début du set, les Américains sont remontés, prêts à en découdre pour s’illustrer sur la scène de la Grande halle. Après une jolie intro de ‘The Birth and Death of the Day’, ils se cabrent dans tous les sens, sur le point de ruer dans les brancards – avant de tout désamorcer de quelques couches de délicatesse. Le son n’éclate pas, mais se délite, pour déboucher sur une nouvelle histoire, et quelques phrasés plus tard s’enflammer derechef. Cette possibilité de renaissance laisse un goût de bonheur en bouche.

Mais EITS est aussi capable de descendre dans les profondeurs, avec des baguettes dantesques sur ‘Logic of a Dream’, de grésiller de manière inquiétante avec avec ‘With Tired Eyes, Tired Minds, Tired Souls, We Slept’, puis lentement mais sûrement de remonter vers la lumière. C’est tellement beau, qu’on flotte un peu sur la fumée de leurs non-explosions avec ‘Colors in Space’. Un show très rock, très guitaresque, mais tout en finesse. Comme on les aime.
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Moderat

C’est de manière conquérante que le trio prend possession du plateau, mais sans écraser l’enthousiasme de la foule : la folie est ce soir douce et positive. Moderat est d’ailleurs très chaleureux avec le public, qui ne peut s’empêcher de reprendre ‘So I Keep on Running’. Comme la Grande halle est désormais à l’aise, ils partent discrètement vers des tonalités plus groovy, limite urbaines, qu’ils reprennent à coup de baguettes sèches sur ‘Eating Hooks’.

On se prend d’ailleurs pas mal d’uppercuts rythmiques sur le puissant ‘Reminder’, pour finir K.O sur ‘Animal Trails’. Et le public en redemande ! Bien chaud il applaudit en rythme sur ‘Last Time’. Mais le moment de grâce sera quand Moderat offrira ‘Milk’ d’abord tenu par Apparat seul, puis rejoint par Modeselektor pour compléter le morceau. Et de finir sur la nostalgie de ‘Bad Kingdom’… et c’est là qu’on se dit qu’on a pas entièrement profité, que c’était trop court, une fois de plus, il va falloir absolument les revoir, et rapidement.
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Remerciements : Pauline [La Cadence]

Catégorie : A la une, Reportages
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