Entretien avec Slowdive

Au festival This Is Not A Love Song, Le Transistor a eu la chance de redécouvrir Slowdive en live. Appréhendé par beaucoup comme la reformation hype de l’année, ce groupe indé des années 90 a réussi à sublimer son mythe pour exploser quinze ans après la déroute de son troisième album. Recroisés à la Route du Rock, Rachel Goswell et Nick Chaplin ont accepté de répondre à quelques questions au sujet de leur tournée et de leurs projets.

<b>Depuis le This Is Not A Love Song festival, Slowdive comptabilise une vingtaine de concerts. « Initialement, pour être honnêtes, on pensait en faire que 8 ou 10. »

A la base, cette tournée a été pensée pour récolter des fonds en vue du futur album.
Rachel : L’idée de faire un nouvel album est toujours restée en suspens, et c’était un peu la seule bonne raison pour une reformation.
Nick : Seulement on savait qu’il nous fallait faire quelques concerts pour voir si ça fonctionnait encore entre nous. Et aussi pour savoir si ça nous correspondait toujours. Et ça s’est tellement bien passé sur l’été, qu’occupés qu’on était occupés avec les concerts, on a pas trop eu le temps de composer de nouvelles chansons. Mais c’est toujours l’idée.
Rachel : Ca a pris des proportions…
Nick : On savait pas du tout à quoi s’attendre. Quand le festival Primavera nous a donné ce créneau, on était effarés : Si haut sur l’affiche, vous êtes sûrs ? Mais dans un sens, ça a encouragé beaucoup d’autres festivals à se poser la question. Il y avait de toute façon de l’intérêt pour notre reformation, mais Primavera étaient réellement les premiers : ils nous ont fait une belle fleur !
Rachel : Ils avaient clairement confiance en nous, bien plus que ce que nous pour notre projet.
Nick : Au moment de l’annonce, on avait pas encore réellement répété, donc quand on a vu qu’on passait juste avant les Pixies, on a un peu flippé ! Mais au final, ça s’est bien goupillé. Ca a plutôt joué en notre faveur qu’un des plus gros festivals d’Europe se montre si confiant.
Après un été à tourner, les retours sont prometteurs malgré des contraintes familiales.
Rachel : Pour l’instant on s’entend toujours bien. Il faut un peu jongler avec la vie quotidienne, tout le monde a des enfants… ce n’est pas exactement comme il y a 20 ans : à cette époque on pouvait disparaître pendant 3 mois et personne ne s’inquiétait.

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Depuis 1995, Slowdive avait besoin de se remettre dans le bain en vue de cette tournée.
Rachel : On avait fait deux concerts à Londres avant celui du This Is Not A Love Song festival. Mais on a fait beaucoup de répétitions avant.
Nick : Sauf qu’on habite tous aux quatre coins de l’Angleterre, donc on pouvait pas trop passer notre temps à répéter. On pouvait se retrouver qu’un week-end par mois en fait.
Rachel : Mais on a répété autant que possible, sans en rajouter parce que ça aurait servi à rien.
Nick : On avait déjà beaucoup joué ces chansons lors de leur sortie. La formation est la même que celle d’origine donc c’était pas non plus comme si on devait apprendre de nouveaux éléments. Mais ça prend un peu de temps pour retrouver ses marques, pour consolider tout ça. Certains disent qu’on sonne mieux maintenant qu’à l’époque… Je pense qu’on est un peu plus ensemble.
Rachel : Ca peut aussi venir des pédales. La technologie a tellement évolué en 20 ans, que le son a changé.
Nick : C’est peut-être pour ça qu’à l’époque on en avait tellement bavé pour arriver au son qu’on voulait. Les pédales qu’on avait à disposition n’étaient pas aussi sophistiquées.
Rachel : On était juste un peu plus limités…
Nick : Ces équipements n’existaient pas à l’époque, donc on devait entièrement les créer. Et maintenant c’est beaucoup plus facile d’arriver à produire ces sons.

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Depuis leur séparation, les membres de Slowdive n’ont jamais arrêté de faire de la musique… sauf un !
Nick : Moi j’avais rien fait depuis 20 ans mais les autres ont continué la musique.
Rachel : Oui, tous sauf toi en fait !
Nick : C’est plus facile pour moi de reprendre parce que c’est juste la basse. Il s’agissait uniquement de se souvenir des notes, c’était pas si dur. Il fallait ré-écouter les albums pour se souvenir, et c’est revenu assez vite. Aucune de mes parties n’était si compliquée que ça.
Rachel : J’ai fait de la basse pendant 10 ans, et j’avoue que c’est facile.
Nick : Christian et Neil ont été obligés de recréer leur son et leurs effets, alors que je suis plus basique dans ma démarche : je n’ai que trois pédales. Je voulais même n’en utiliser aucune, pour garder l’ensemble simple, mais les autres m’ont poussé à rechercher quelques effets. Rachel : C’est quand il faut chanter en même temps que ça se complique.
Nick : C’est un instrument assez simple pour commencer. Maintenant il y en a d’autres qui utilisent des techniques de fou, mais c’est ça qui est intéressant avec la basse, c’est qu’on peut faire plein de choses différentes. L’histoire c’est de pas se planter, parce que sinon tout le monde le remarque, alors qu’à la guitare, surtout les nôtres complètement noyées dans la réverb’, si tu te plantes, tu dis juste que c’était pensé comme ça depuis le début.

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Quant au nouvel album en préparation, Slowdive espère le sortir l’année prochaine.
Nick : Ce qu’on va sortir doit être exceptionnel, ça ne peut pas être juste un nouvel album. L’avantage par contre, c’est que la musique est plus accessible qu’à l’époque. On a pas de label, et on n’envisage d’ailleurs de signer aucun contrat.
Rachel : On a eu quelques propositions, mais on s’est pas encore penché dessus. On en est pas encore là. On se concentre uniquement sur l’album pour le moment. On n’a pas besoin de se mettre la pression à ce sujet. Donc c’est plutôt confortable comme situation.
Nick : Quand on a commencé il y a 20 ans, on était obligé de signer un contrat, on était pieds et poings liés. On dépendait de beaucoup de personnes, ils ne nous disaient pas quoi composer, mais pour le marketing on suivait des instructions.
Rachel : Ca existe encore : c’est ce que font encore beaucoup de groupes.
Nick : Oui mais l’avantage c’est qu’on en a plus besoin. Il y a maintenant d’autres options pour les groupes qui veulent sortir leur musique : on a plus autant besoin d’un label. On est pas encore arrivés au point de décider quel chemin prendre, mais je pense que c’est maintenant plus facile de produire et de diffuser sa musique. Ne serait-ce que grâce à Internet.
Rachel : Il n’y aura personne pour nous dire comment nous y prendre. Ce sera un processus naturel. On a juste besoin de partir en répétition et de jammer un peu pour voir ce qu’il va en sortir. On reprendra de là.
Nick : Mais on ne sortira rien si on est pas sûr de la qualité : il faut que ce soit le meilleur possible. On a aucune envie de capitaliser uniquement sur notre nom.

Réclame

Lire le compte-rendu de Slowdive au festival This Is Not A Love Song
Lire le compte-rendu de Slowdive à la Route du Rock


Remerciements : Maxime Lecerf

Catégorie : A la une, Entretiens
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