Entretien avec Hookworms

En 2013, Hookworms surprenait tout le monde en débarquant de Leeds avec son premier album Pearl Mystic. En France, c’est surtout le festival précurseur Villette Sonique que les Britanniques se sont fait connaître. Désormais signés sur le label Weird World de Domino, le jeune groupe sort son deuxième album, The Hum, et tient à remettre les pendules à l’heure : MJ l’affirme, Hookworms n’est pas un quelconque groupe psychédélique !

Hookworms

Bon, en vrai, MJ n’est pas aussi sûr de lui que ça. « Notre premier album a eu beaucoup plus succès que ce qu’on avait prévu, sincèrement. Donc on a un peu peur que les gens soient déçus avec The Hum. Car ce n’est pas un deuxième Pearl Mystic, c’est un album à part entière. »

Pour ne pas se laisser consumer par des questionnements, Hookworms ont choisi de garder l’anonymat. « On a tous des boulots qui nous plaisent, donc pourquoi changer ? J’ai mon studio d’enregistrement, j’ai beaucoup de chance de pouvoir faire ce que je fais. Pour les autres, l’un d’entre eux travaille dans une association caritative, un autre est professeur à la fac, le troisième travaille auprès d’enfant malentendants, il essaie de devenir un audiologiste. Ce qui fait que notre groupe est plus comme un exutoire, loin de tout. Et on est assez content d’avoir cet équilibre dans nos vies. » Le succès de Pearl Mystic n’a pas bousculé leurs habitudes. « On répète tous les jeudi soirs et c’est tout, c’est confortable. Quand on écrit un album, on va plus se voir le soir, voire les weekends sur la fin. Mais on veut que ça reste sympa. J’ai des amis qui jouent dans des groupes, et c’est la seule chose qu’ils font. Ça me fait flipper parfois, parce que je les vois revenir de tournée, ils sont crevés et ils ne se sont pas amusés, et maintenant ils sont obligés de continuer. Ils ont oublié la raison pour laquelle ils faisaient de la musique. Ils le font pour l’argent maintenant. »

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L’avantage, c’est qu’avec le studio de MJ, le groupe peut prendre le temps de travailler à leur rythme. « Notre facilité c’est qu’on peut s’enregistrer nous-mêmes. Donc on n’a pas besoin de suivre le même schéma que les autres groupes, à écrire, puis enregistrer des démos, et ensuite les finaliser en studio. On enregistre un peu comme on veut, on travaille sur l’album en permanence. Ce qui veut dire qu’on va se mettre au troisième album sous peu en fait ! » Ce processus de composition en continu leur permet de préserver le côté ludique de leurs répétitions. « C’est pas comme les groupes qui doivent payer leurs heures en studio, tout est focalisé sur ces plages horaires. Pour nous, si on n’est pas en train de s’amuser, on s’arrête et on va jouer au foot sur le parking, ou aux jeux vidéo dans le salon. Ce groupe c’est une passion, je veux pas que ça devienne toute ma vie, parce que sinon je n’aurais plus de passion !»

Malgré cette envie de conserver la musique comme un espace de détente, Hookworms a signé avec Weird World. « On voulait avoir la chance de faire les choses bien et Domino nous a donné l’opportunité de le faire. En plus, le label comprend qu’on ne peut pas tourner autant que d’autres groupes. Parce que comme deux d’entre nous travaillent dans l’éducation, les tournées sont principalement sur les périodes de vacances scolaires… » Pour MJ, ce changement de statut n’a pas impacté The Hum. « Je pense qu’on a fait le même album qu’on aurait fait si on avait pas été signés : on a fait l’album qu’on voulait faire. Parce que je travaille avec pas mal de groupe qui subissent ce genre de pressions, quand le label vient écouter et surtout faire des changements, avec des demandes pour tel type de morceaux. L’album qu’on sort sur Weird World, c’est l’album qu’on leur a envoyé. Ils n’ont absolument rien changé, ce qui est pour moi assez insolite ».

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Néanmoins, l’idée d’avoir un public pour cet album a posé quelques soucis. « C’était la première fois qu’on écrit tout en sachant que des gens vont l’écouter. C’était assez étrange, parce qu’avant on faisait des albums pour nous. Donc on a cet élément en tête quand on compose. C’est là que tu commences à te remettre en question, et même si tu essaies de ne pas céder, ça te travaille : pourquoi les gens adore ‘Radio Tokyo’ en live ? Est-ce que c’est ce qu’ils attendent de nous ? »

Pour autant, les paroles écrites par MJ restent très personnelles. « Quand j’écris les paroles, je les écris d’un trait, toutes d’un coup, une fois la musique finie. En quelques jours environ. J’avais quelques phrases que j’avais notées, j’avais quelques idées dans un cahier, et quand j’ai écrit les paroles, je les ai toutes mises sur des bouts de papier. Ce qui signifie que les paroles sont toutes liées quelque part. » Mais pour Hookworms, le chant est loin d’être l’élément principal de leur musique. « Comme on écrit la musique d’abord, on se retrouve avec un album fini sans les paroles. Mais en fait, on veut qu’il sonne même sans les paroles, C’est un peu notre but : on veut que chaque chanson soit intéressante en soi, dans le son au lieu d’être juste un support pour le chant. »

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Pour ouvrir The Hum, MJ a décidé de poser ‘The Impasse’, un morceau coup-de-poing. « C’était assez intentionnel, comme une déclaration. C’est comme un effort conscient de rejeter l’étiquette psychédélique qu’on nous a apposée. Et ce premier morceau sur l’album est assez représentatif de ce qu’on essaie de faire. Je voulais donner comme un coup de pied, monter le son. Etre aussi offensif que possible. » Car Hookworms n’est en aucun cas un groupe psychédélique. « Il se trouve que beaucoup de ces groupes révisionnistes sont devenus populaires à peu près au même moment où nous avons sorti notre premier album. C’est sûrement pour ça qu’on a été assimilés, et j’aime bien mais c’est pas du tout ce qu’on fait. Bien sûr, la musique psychédélique a été une grosse influence dans notre musique, comme Spacemen3, mais on se voit plus comme un groupe de noise-rock. »

Réclame

The Hum, le deuxième album de Hookworms, est paru chez Weird World/Domino.
Hookworms sera le 20 décembre en première partie de Slowdive à Londres
Lire l’interview de Slowdive à la Route du Rock


Remerciements : Christophe Moracin en personne !

Catégorie : A la une, Concerts
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