This Is Not A Love Song – Jeudi

Alléché par une programmation de qualité, Le Transistor s’est laissé séduire par le This Is Not A Love Song festival. Les têtes d’affiches du Primavera Sound festival sous le soleil de Nîmes, dans la toute nouvelle SMAC le Paloma pour ambiance plus humaine et surtout fleurie, que demande le peuple ? Pour la première journée : les revenants Man or Astro-Man?, l’Australien Ry X, les touchant Slowdive, le punk old school de The Fall, la joyeuse troupe The Brian Jonestown Massacre, les jeunes Southern, et les incontournables The Jon Spencer Blues Explosion.

Man or Astro-Man?

Le set démarre sur un acouphène persistent, les ordinateurs s’allument, puis le batteur se met à hurler pour déclarer le début des hostilités. Au centre de la scène, Avona Nova manie sa guitare comme on conduirait une moto : ça crisse, ça dérape, ça déménage. De temps en temps, Birdstuff est pris de spasmes, d’accès de folie, tandis que Star Crunch semble se débattre avec une force supérieure manipulatrice.

Avona Nova tire de plus en plus sur son câble, réclamant du leste, et Star Crunch se retrouve les quatre fers en l’air au détour d’un solo proche d’une jonglerie guitaristique.
Pendant que Star Crunch se réaccorde, c’est Birdstuff qui se lève pour raconter des bêtises au micro – allant jusqu’à demander un hug à la foule. On sent le public prêt à frémir, le pogo proche de l’explosion, malheureusement il est encore tôt dans la journée et le festival vient à peine de commencer. Malgré tout, on tire une leçon de ce set : « In case of a nuclear attack, the protection of records is essential ».
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Ry X

Déçu par <strong>Lee Ranaldo, Le Transistor est allé voir Ry X au Club. Mais tu peux lire le compte rendu de la performance du guitariste de Sonic Youth au Primavera Sound festival 2014 ici. Ry X, c’est de la pop venue d’Australie. Sur la petite scène bien vide, ils ne sont que deux, mais la musique emplit l’espace. De ses légères lignes de guitare, Ry Cuming captive la foule : de petits samples éthérés viennent étoffer sa fine voix de ténor, le reste repose entièrement sur son interprétation, plus qu’impliquée. Un joli moment doux et pour le moins intrigant.
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Slowdive

La reformation de l’année, c’était bien Slowdive, le groupe de shoegaze des années 90. Sur scène, Rachel Goswell, promue égérie au centre de la scène, se voit porter toutes les attentions. Affichant un air aussi innocent que les notes qui l’accompagne, elle maintient le fil rêveur conducteur du concert. Sur les montées arpégiques comme sur les prolongations planantes, sa voix perce à peine la basse latente. Puis elle se tait et semble alors chercher à disparaître pendant que les explosions atmosphériques se transforment en constellations. Un léger sourire aux lèvres, le regard interrogateur, elle fait l’effet d’une apparition.

Les vivas l’encouragent quand elle attrape une énorme guitare blanche pour ‘Catch The Breeze’. La batterie se fait jazzy sur ‘40 Days’, pour un résultat presque féérique – sans jamais tomber dans une mièvrerie de mauvais goût. Les riffs se font même plus déchirants sur ‘Souvlaki’, avant de repartir sans pression sur l’intro ouvragée de ‘Space Station’ qui prend enfin tout l’espace. Rachel Goswell patiente alors gentiment pendant que les guitaristes finissent de lacérer leurs cordes. Et les derniers accords se prolongent tranquillement jusqu’à atteindre la note décisive. Bien puissant.
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The Fall

Sur la scène extérieure, les gobelets volent dans tous les sens, et surtout en direction du chanteur de The Fall. Face au public décontenancé, Mark E. Smith tient tête aux rafales de vent. A ses côtés, Elena Poulou, penchée sur les claviers, s’amuse de ses sautes d’humeur.

Mais si le bonhomme aigri n’a l’air de rien, les musiciens derrière lui – au look relevant d’un certain n’importe quoi-, dégueulent un des meilleurs post-punk entendus, double batterie à la clé. Au passage, on se régale des accès rageurs du vieux en chemise blanche avec son air de prédicateur imbibé. On est scotchés par sa leçon de punk qu’il débite avec un naturel déroutant. Puis, alors que les slams vont bon train, Mark E. Smith tripatouille les amplis et fait signe à sa femme qui cale son sac sous le bras et le suit vers les coulisses. Des lignes musicales ultra simples pour un résultat extrêmement prenant.
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The Brian Jonestown Massacre

Arrivé dans la Graaande salle, un sourire monte aux lèvres. Ce soir, Anton Newcombe et ses compagnons de route ont l’air de bonne humeur. Sortant d’un immense bain de foule, très à l’aise toute l’après-midi sur le festival, les musiciens ont l’air de vouloir s’amuser : les délires fusent même sur ‘Got my Eyes on You’. Dans toute cette légèreté psychédélique, le son se fait plus dense sur ‘Anemone’, puis le chant se fait presque suppliant sur ‘Who?’, avant de revenir à une allure de croisière atmosphérique sur ‘The Devil May Care (Mom and Dad Don’t)’. On commence à danser sur ‘Not If You Were The Last Dandy On Earth’, pour se faire ensuite bercer par ‘Days, Weeks and Moths’. Le tambourin de fameux Joel Gion s’active enfin sur le final, avec l’excellente ‘Stairway to the Best Party in the Universe’. Jamais révision de classique n’aura été aussi agréable.
YouTube Preview Image Lire l’interview d’Anton Newcombe aux Eurockéennes

Southern

« I am where I wanna be in my life » annonce une jeune fille très apprêtée, jouant sans cesse avec sa longue et sensuelle chevelure. Southern c’est un jeune groupe de frangins, originaires de Belfast malgré un son typique du sud des Etats-Unis. Les compositions sont un peu vertes encore, mais leur technique justifie leur présence dans la programmation. Le batteur est d’ailleurs très impressionnant pour son âge. Les morceaux sont à double vitesse, et chaque changement de rythme est très bien abordé. Un concert intéressant mais pas forcément renversant.
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The Jon Spencer Blues Explosion

Pour réveiller de tout ce psychédélisme et shoegaze ambiant, après un set un peu mou de Moodoïd, The John Spencer Blues Explosion est la solution ! A trois sur scène, ils font plus de bruit que toute la bande d’Anton Newcombe ! La tension est palpable, tout juste percée par les furieux riffs de Judah Bauer. On s’inquiète même que la batterie ne survive pas aux coups de Russel Simins !

La vitesse du débit du chanteur est hallucinante et les morceaux s’enchaînent abruptement avec une énergie endiablée – comme s’ils n’avaient pas eu le temps de peaufiner les idées tant elles débarquent de toutes parts en permanence. Comme s’ils composaient là, sous nos yeux ébahis, sous le joug de l’inspiration. Et pourtant chaque intro est décisive, et chaque solo est pertinent. Survolté, John Spencer ponctue son chant de cris, pour accentuer son interprétation déjà marquée par la conviction. Le groupe essaiera de faire chanter la foule, malheureusement le public n’a pas l’air de comprendre son accent…
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Remerciements : Jean-Philippe (Martingale)

Catégorie : A la une, Concerts
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