Route du Rock – Jour 1

Premier jour à la Route du Rock. Après une arrivée sans encombre à Saint-Malo, un mini-détour par la plage pour voir la mer plus qu’autre chose, Le Transistor s’est préparé à une édition plus ouverte que les précédentes. Début en douceur avec Jacco Gardner, décapage brutal par Iceage, errance avec Moon Duo, parenthèse avec les Local Natives, rattrapage somptueux par Nick Cave and the Bad Seeds, rock bruitiste avec Electric Electric et teasing de Fuck Buttons.

Jacco Gardner

La Hollande, terre de tulipes et autres plantes plus ou moins raffinées, nous offre cette nouvelle sensation pop. Avec son chapeau mou et ses flutes, le jeune homme semble débarqué d’une autre époque. Entre baroque et psyché, il nous parle de la lune avec beaucoup de poésie. L’ensemble est légèrement bancal, avec quelques clochettes presque inquiétantes. C’est très joli, mais ça chauffe pas vraiment l’ambiance. Non, c’est le soleil qui s’en charge, en dardant de ses rayons les yeux du public. Comment ça cette scène est mal disposée ? Nous y reviendrons.
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Iceage

Après la Hollande, cap sur le Danemark avec un groupe quelque peu détonnant. Iceage est très post-punk dans l’âme, ou plutôt dans le look. En ce qui concerne le son, c’est difficile à discerner entre des gros roulements de batterie quelque peu grossiers et des amplis qui déversent un mélange de noise et de no wave. Le chanteur hurle, sûrement parce qu’il n’a pas assez de voix pour couvrir les instruments, et balance avec arrogance sa mèche pour se donner une contenance. Et pourtant, quelque chose intrigue… mais les tympans n’auront ni la patience ni la curiosité de s’attarder.
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Moon Duo

Difficile de dire ce que cherche ce duo. Avec des têtes de hippies, leur son est soit stoner à tendance psyché, soit le contraire. Et d’un coup, alors qu’on se laissait tranquillement hypnotiser par la danse de la claviériste, ils dérapent en disco. Dommage qu’on ne puisse rien voir sur cette scène même si placés au premier rang. Dommage aussi qu’on entende que mal le chant pour se faire une idée. Décidément cette scène des remparts n’est pas idéale.
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Local Natives

Si, sur leur premier album Gorilla Manor, le groupe avait saisi par sa capacité à instaurer une ambiance presque incantatoire, les Local Natives ne prennent décidément aucun risque sur Hummingbird. Peut-être à cause du départ de leur bassiste, ou peut-être aussi que pour atteindre leur but des grands stades, ils préfèrent ne pas trop s’écarter de ce qui a marché par le passé. Et finalement, si le public ne réagit pas, il suffira d’une reprise des Talking Heads sur ‘Warning Signs‘ pour retrouver une atmosphère pop et légère.
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Nick Cave & the Bad Seeds

Le cadre est parfait pour le nouvel album Push the Sky Away. Ici, le public est sage et attentif, et les morceaux calmes peuvent emporter le morceau, sans être bousculés par les impatients pro-Grinderman. Ici, on remarque les prouesses musicales de Warren Ellis, on peut observer la complicité qui unit le groupe malgré les changements de formations incessants. Ici, Nick Cave peut descendre dans la fosse pour se rassasier du public autant qu’il veut. Ici, on peut se laisser électriser par un dantesque ‘Tupelo‘, tout en regardant des images sobrement optimisées en noir et blanc. On peut trembler avec le grand maître sur ‘Deanna‘, voire ressentir ses battements de cœur rythmer le ‘Higgs Boson Blues‘. Et encore une fois s’incliner devant la classe indescriptible de ce groupe sur ‘The Mercy Seat‘ et ‘Stagger Lee‘.
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Electric Electric

Ces Strasbourgeois aiment bien malmener le public. Entre deux morceaux, personne ne sait quel virage ils vont prendre : gros rock percussif ou rythmes plus dansant. Parfois, lors d’une embardée, Electric Electric tente de mêler les deux éléments clé de leur son, mais quand la rythmique est plus recherchée, la noise se fait basique et quand la musique part en indus, la batterie se fait plus directe. Cela dit, ça n’empêche pas les slams ! Et pourtant, la voix semble vouloir plonger le public dans une torpeur, le noyer au fond des abysses, sans violence aucune.
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Fuck Buttons

La fatigue aura raison de la fin de soirée. Heureusement que le duo britannique est programmé au festival Heart of Glass Heart of Gold en septembre (et au Trabendo le 19 september) !
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Remerciements : Maxime Lecerf

Catégorie : A la une, Concerts
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2 réactions »

  • Entretien avec Bombay Show Pig | Le Transistor :

    […] Parce qu’il y a beaucoup de groupes aux Pays-Bas qui ne trouvent pas de dates. A part Jacco Gardner (vu à la Route du Rock) et Skip&Die (vus aux Trans Musicales) peut-être… Il y a des groupes bien plus populaires aux […]

  • Gagne tes places pour le festival des inRocKs 2013 | Le Transistor :

    […] la pop sixties de Lucius, les grandiloquents seventies de London Grammar, le troubadour baroque Jacco Gardner (vu à la Route du Rock), et la rescapée des champs de coton Valerie June (vue au Printemps de Bourges). A la Boule Noire, […]

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