Breton et Sarah W Papsun à la Gaîté Lyrique

Le concert le plus attendu du mois de septembre, c’était bel et bien Breton à la Gaîté Lyrique. Il se disait même que le collectif de réalisateurs allait en profiter pour se lâcher niveau installation dans cet espace dédié aux cultures numériques pour défendre au mieux Other People’s Problems. La cerise sur le gâteau, c’était que Sarah W Papsun assurait la première partie, une manière de se roder à un public exigeant avant les Trans Musicales de Rennes !

Sarah W Papsun

Sarah W Papsun (c) Elise Grynbaum

Sarah W Papsun (c) Elise Grynbaum

Afin de mettre tout le monde directement dans le bain, les Sarah W Papsun accueillent la foule par des chœurs effrayants surpiqués de guitares, telle une armée prête à prendre la Gaîté Lyrique d’assaut. Mais voilà que bientôt ils s’emballent, prennent des virages de rythmes, interpellent le public d’un « Why ! » tonitruant, pendant le bassiste presque menaçant assène son instrument à chaque note. La foule commence à s’animer et ‘Pay Try’ lâche une rage insoupçonnée. Les Sarah W Papsun sont déterminés à prouver qu’ils sont plus qu’un groupe de fans de Foals et il faut admettre que leur puissance fascine. Le chanteur quitte alors la scène pour laisser aux musiciens le temps de triper sur une instrumentale qui accélère pour se terminer dans un hurlement du bassiste. Le public les acclame pendant que des gouttes de sueurs volent … même le batteur en a perdu sa casquette !

Laissant tout juste le temps au public d’applaudir, un piano se fait entendre. On s’enfonce dans un délire plus post-rock, plus lent sans pour autant gagner en intensité. La boucle electro de ‘Bye Bye Teacher’ monte et on se perd ente les Two Door Cinema Club et LCD Soundsystem. Heureusement que les chœurs prennent rapidement le dessus, bientôt rattrapés par une cocotte à la guitare et une batterie qui se fait mitraillette. Le chanteur s’emploie alors à faire participer le public, et on part en tribal à faire se dresser les poils des bras sur ‘Hey Hey’. On débouche enfin sur ‘Drugstore Montmartre’, un méandre qui donne envie d’écouter le morceau en boucle pour en déceler tous les détails. Le final se fera comme en intro, sur un ‘Kids of Guerilla’ venant des tripes, que le public tentera de reprendre en chœur. On a hâte d’écouter l’album !

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Breton

Beaucoup plus établi, Breton y va avec un peu plus de décontraction. Roman Rappak accueille la foule qui revient du bar d’un « Ca va, Paris » tout en finissant de s’accorder. On a connu des ‘15x’ plus intense que cette intro mais le morceau est parfait pour mettre la foule dans l’ambiance pendant que l’immense écran qui surplombe la scène nous montre des images de leur squat situé à East London. Jouant sur les contrastes, ‘Pacemaker’ aux violons, plus lente mais plus lancinante, fera place à la rageuse ‘Edward The Confessor’ pour le plus grand plaisir du public.

Breton

Breton

Les images sont frappantes, peut-être parfois trop. Entre une fille attachée, un hooligan au bout du rouleau sur ‘Interference’, des jeux de textures, des diapos intrigantes prennent le pas sur une densité de son étonnante… Comme pour rappeler que leur première passion reste la vidéo, que les morceaux n’ont été composés que pour soutenir la trame. La capuche sur la tête, ils veulent laisser toute la voix à l’écran. Et de fait, on ne suit pas leur jeu de scène, tout captivé qu’on est par cette lucarne. Parce qu’on est intéressés ou parce qu’on ne peut détacher ses yeux, comme hypnotisés par la seule source de lumière ?

On est bousculé, chahuté, Breton nous pousse à l’introspection, le son irradie puis se perd, pour revenir encore plus fracassant… Ces fous de surréalisme cherchent à faire passer un message, mais la seule réponse du public sera des glapissements des filles dès que le chanteur s’adresse à la salle. On s’impatiente, on n’est pas venu pour regarder la télé, on est venus pour danser… Le groupe obtempère en livrant ‘Jostle’ et le délire semble s’emparer de la foule. Roman Rappak s’applique enfin à jouer son rôle de leader et motive la foule pour enchaîner sur l’énergique ‘Ordnance Survey’ suivie du saccadé ‘Foam’.

Le final sera très prenant : avec ‘December’, Breton ouvre une multitude de tiroirs, nous fait chuter, basculer d’émotion en sensation, le groupe nous surprend, ne répond pas à la demande oppressive d’explosion, mêle subrepticement symphonie et simplicité, mélange brutalement chaleur et opacité pour finir, le souffle coupé, sur quelques notes seules, comme échappées d’un asile. En réponse, le rappel sera brusque et frustrant sur ‘Episodes’. Ce set était trop court mais a tout de même violemment démonté un nombre incalculable de portes…

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Réclame

Other People’s Problems, le premier album de Breton est sorti chez FatCat Records.

Breton sera en concert au Pitchfork festival le 3 novembre et au festival Les Aventuriers le 14 décembre.

Sarah W Papsun sera en concert aux Trans Musicales de Rennes le 7 décembre.

Lire l’interview de Roman Rappak de Breton

Lie l’interview des Sarah W Papsun

 


Remerciements : Melissa !

Catégorie : A la une, Concerts
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