Entretien avec Sarah W. Papsun

Sarah W. Papsun, ça faisait un petit moment qu’on voyait passer des choses à leur sujet. A l’écoute de Drugstore Montmartre, on en était même venu à penser qu’ils étaient belges, tellement ils étaient bons et différents dans leur son. Et alors qu’on se préparait à aller les voir au Showcase, on les découvre en sélection du FAIR !

Sarah W. Papsun

Pour Sarah W. Papsun, l’histoire a commencé il y a plus de quinze ans. « Trois d’entre nous, on était au collège ensemble à Reims, et on avait un groupe avec quelques compos, mais plutôt des reprises genre Led Zep, Radiohead, Pearl Jam, Nirvana… On a joué comme ça jusque 18 ans, et après on s’est interrompus pendant 10 ans, pour vivre chacun nos vies. » Dix ans plus tard, ils se retrouvent tous sur Paris. « Pourtant, il y avait eu des parenthèses… Notre batteur notamment avait vécu à Oxford avec notre manager. C’est là, lors de weekend, qu’on a commencé à aller écouter de la musique. Et on a rencontré une bande de jeunes musiciens hyper prometteurs, un groupe de math-rock – c’est vraiment de la musique savante, à la fois hyper cérébral et hyper physique. On a été scotchés par ce qu’ils faisaient en fait. Ca s’appelait The Edmund Fitzgerald – puis c’est devenu les Foals. »

Sarah W. Papsun

Sarah W. Papsun

De retour en France, ils ont recommencé à jouer en s’inspirant de cette découverte musicale. « A la fois y’avait cette structure hyper complexe et des refrains pop. D’ailleurs pour nous, le gros travail au début ça a été aussi de nous dégager de Foals pour nous affiner et affirmer notre identité. » Au départ, ce projet était un hobby, mais rapidement, les étapes validées ont été encourageantes. « On a gagné ce Fallenfest qui nous a permis de jouer au Trabendo et à la Cigale alors qu’on était à peine prêt pour le faire. Finalement ça nous a bien boostés, on s’est dit que notre projet était pas forcément inintéressant. Après on a trouvé un tourneur, sorti un premier EP et on a été repérés par le CQFD des Inrocks qui nous a beaucoup aidés aussi. Et voilà ça se poursuit. »

L’étape suivante, c’est cette sélection par le FAIR. « Quand on a rencontré l’équipe du FAIR, c’est vrai que ça donne un engouement, tu te sens soutenu. Derrière y’a l’aspect technique qui permet du coup de se développer, avec de l’accompagnement : on va notamment travailler les chœurs avec un coach vocal, ça va nous permettre de faire de la résidence, de bosser un peu le live… » La sélection du FAIR leur permet aussi de développer le projet au niveau médiatique. « T’as plein de personnes, quand t’es selectionné FAIR, qui faisaient pas forcément attention à ce que tu fais avant, et qui d’un seul coup réagissent. »

Mais pour Guillaume, le batteur, cette sélection du FAIR aide aussi à faire des choix personnels. « C’est comme quand t’as un poulet fermier qui a le label rouge, le mec il est content. Nous on est une sorte de poulet, on est des poussins et puis ça nous permet de nous faire grandir… » Plus sérieusement… « Faut pas oublier que Sarah Papsun c’est six personnes qui ont des boulots à côté, on est pas du tout des professionnels de la musique, et donc c’est une validation supplémentaire qui permet de te dire : ‘je prends le risque personnel à 30 ans de dire, finalement la vie n’est pas un combat mais une passion’ – voilà Mass Hysteria, je l’ai placé. »

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Sarah W. Papsun viennent de sortir leur deuxième EP, Drugstore Montmartre, et travaillent désormais sur leur premier album. « On est vraiment passé en phase de composition, création, évolution, évaluation. Mais finalement, la vraie difficulté du truc, c’est que ça prend un temps incroyable, improbable, et que tu sais jamais si ce que tu as créé va être bon. Contrairement à un concert où tu te confrontes à un public, sur un album tu prends des risques. » Le premier obstacle pour le groupe, c’est la gestion du temps. « On a je ne sais pas combien de pistes et y’en a qui vont aboutir, d’autres qu’on va éliminer… Puis on traverse à la fois des phases de doute, et à la fois des phases de super excitation. Sachant que dans notre cas y’a aussi la réalité du quotidien qui nous rattrape. Avec nos tafs et nos vies. C’est effectivement une espèce de puzzle géant, de Rubik’s cube géant. Mais on s’y adapte et ça devient on l’espère une force. »

Pour faire avancer le groupe, tout demande énormément d’organisation, minutieusement étudiée pour ne pas perdre de temps. « En fait, on canalise le spontané… Le tout c’est de gardes les choses instinctives, nécessaires à la composition, tout en optimisant la construction. Le principe, c’est qu’on est jamais d’accord. » Et comme le groupe compte six membres, ça signifie beaucoup de débats. « Déjà, on est six mais on compose à six ! C’est hyper intéressant mais tout demande négociation, compromis, dialogue. Cela dit, y’a un truc hyper rassurant, c’est quand il y a une étincelle, on est six à être d’accord. »

Au sein de Sarah W. Papsun, on parle d’intelligence collective. « Certains vont douter, d’autres vont être enthousiastes et puis c’est effectivement une majorité qui fait que c’est le collectif qui va l’emporter sur l’individualité. » Les idées s’échangent de manière fluide. « Quelque soit celui qui a eu l’idée de départ, y’a toujours un moment où elle échappe un peu à ce que celui qui a eu l’idée avait en tête. On s’auto-influence beaucoup, ce qui explique qu’on se parle vachement et tout le temps, on se critique sur ce que chacun fait, on se remet en cause… on se donne des conseils, et à la fin effectivement, tout appartient à tout le monde. »

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Et pour ceux qui se demandent d’où vient leur nom, c’est celui d’une ancienne correspondante américaine. « En exclusivité, elle sera là au MaMA, la vraie Sarah ! c’est la première fois qu’elle nous verra en live. C’est une première mondiale ! Et du coup, pour certains, c’est la première fois qu’on va la rencontrer… Non seulement la vraie Sarah W. Papsun sera là, mais en plus, on joue à la Galerie W. c’est quand même un évènement complètement fortuit… et anecdotique. C’est l’alignement des étoiles… C’est un scoop ! Autre scoop, on va faire une reprise des Stuck In The Sound. »

Sarah W. Papsun ont tenu à rajouter, mais ils étaient pas obligés… « Notre atout : la vieillesse ! On est pas matures, on est sur le déclin… y’en a un qui est chauve et deux qui sont impuissants ! »

Réclame

Le deuxième EP de Sarah W. Papsun, Drugstore Montmartre, est disponible, même en Vinyle, chez Rabeat’s Cage.
Sarah W. Papsun seront en concert pour le festival du MaMA le 22 octobre à la Galerie W., 44 rue Lepic – 75018, à 19h !


Remerciements : Lara et Jérémy

Catégorie : A la une, Entretiens
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4 réactions »

  • Sarah W_ Papsun, par Le Transistor | Le Fair :

    […] Très joli entretien avec Sarah W_ Papsun, par Agnès Bayou du Transistor (entre autres) dans lequel le groupe parle notamment de sa sélection au Fair 2012 : à lire ici ! […]

  • Concours pour Endless Boogie, Mars Red Sky, The Crookes et Axel & the Famers le 27 novembre | Le Transistor :

    […] Lundi, comme annoncé plus haut, c’est Patti Smith. Pour 2 soirs. À l’Olympia. A ne pas louper. Sauf qu’il y a Portugal. The Man (interview), le groupe à voir à la Boule Noire avant qu’il n’explose ! Pendant ce temps-là, combat des titants : Motorhead au Zénith vs. Dick Rivers au Casino de Paris ! Au Trianon, laissez-vous gagner par la Suède avec Jay-Jay Johanson. Au Point FMR, un joli duo de Baltimore : Wye Oak, avec Mai en première partie. Au Nouveau Casino, soirée hipster avec The Antlers, mais surtout Dry The River (au festival des Inrocks Black XS) en première partie ! A la Maroquinerie, jazzez-vous ? Le concert de Tigran Hamasyan au Café de la Danse était un tel succès, qu’il remet ça ! A la Machine, Gilles Peterson explore la musique cubaine avec le Havana Cultura Band. Au Divan du Monde, le guitariste de Belle & Sebastian, Stevie Jackson fait étalage de ses prouesses. Et à la Loge, soirée Klaxon toujours avec Anouk Aïata et Léa Bulle. Sinon, côté Gibus Calling, c’est Carte Blanche à la Cooperative de Mai de Clermont-Ferrand avec Hill Valley, The Crac Booms et Boris Shot Kevitz. A l’Inter, Soirée She’s Lost Control qu’on aime car on retrouve Air Bag One (écoute de Summer Killed Me), The Nodz (à la Flèche), et un DJ Set de Sarah W. Papsun (interview). […]

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  • Sarah W Papsun à la Boule Noire | Le Transistor :

    […] le premier album de Sarah W Papsun, est paru chez Diskolandia. Lire l’interview des Sarah W Papsun Lire l’interview d’Aufgang Lire l’interview de Piers Faccini Lire […]

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