Roken is Dodelijk

Le Transistor vous a déjà parlé de Roken Is Dodelijk, ces Lillois qui font rimer musique avec magique. Tout d’abord pour poser le ton, leur nom signifie “Fumer tue” en néerlandais. Mais loin d’eux l’idée de promouvoir une vie saine, ils jouent plutôt sur le sens “Roken : c’est mortel !” genre c’est trop bien, quoi ! Oui les Roken (pour les intimes) aiment bien rire. Un astérisque vous indiquera les moments où vous avez le droit de rire (voire même c’est recommandé pour flatter l’égo des artistes).

Roken Is Dodelijk

Roken, comme ils aiment à le dire eux-même, “c’est un super groupe promis à un brillant avenir et à un passé encore plus mémorable. » Après un premier EP, R.I.P, sorti en 2007, un nouvel EP, The Terrible Things, vient de paraître. « On a été contactés par Fnac Indétendances, ils voulaient mettre un coup de projecteur sur nous mais on voulait pas sortir l’album tout de suite, parce qu’on se dit qu’il vaut mieux attendre cinq ans.[*] Du coup, on a mis deux chansons de l’album et on a construit un EP autour. L’album est fini à 95%… Il est prévu pour février d’il y a un an, donc c’est en phase de négociation de sortie.[*] Le titre prévu c’est All These Songs are Wrong, genre on vous a dit que Roken c’était cool mais en fait… [*]

Et pourtant, Roken c’est cool, voire même hype : ils ont été aux Transmusicales de Rennes, au Printemps de Bourges, acclamés par les Inrocks, chouchoutés par la Blogo… et pourtant leur projet reste confidentiel. « On a pas encore de partenaire disque pour l’instant, ça joue. Pour l’instant on a pas eu de deal assez intéressants… La proposition de 30 millions de dollars, ça va quoi, on est pas des clochards non plus. On s’est pas fait chier pendant cinq ans pour 30 millions ![*]” Fonzie essaie quand même d’analyser. « Après c’est vrai qu’on a des formats de chanson un peu étranges, le refrain est pas forcément tout de suite au bout de trente secondes… Mais quand on répète pas un refrain, ça donne envie de réécouter le CD. On a choisi l’ordre, pour donner envie de rappuyer sur le bouton. C’est pour ça qu’on fait des trucs très courts… c’est pareil avec les meufs ![*] Comme Flight of the Conchords : deux minutes au paradis… c’est mieux qu’une minute au paradis ![*]”

Pour Fonzie, le chanteur, la définition de la pop, « c’est jouer avec des ambiances mélodiques… On joue beaucoup sur l’imaginaire : pas donner toutes les pistes, qu’il y ait un peu de magie. Dans les morceaux, on laisse certains défauts, comme ça on peut écouter deux fois la même chose mais ton oreille va pas se faire chier… Si c’est lisse naturellement, c’est pas un souci ; mais par exemple à la fin d’un morceau on entend radio classique. Quand je travaille chez moi, j’écoute radio classique, et je l’avais laissé pendant la prise de chant. C’est un truc que tu captes pas forcément la première fois, mais ça fait une sorte de quasi illusion auditive. » Ils jouent avec la complexité de leurs morceaux pour rajouter une dimension à leur musique « Même sur les très simples, genre ‘The After’, on a l’impression qu’il y a que guitare/voix mais si tu totalise le nombre de pistes, y’en a une trentaine… certaines sont coupées, on a aussi laissé des petits bouts à la limite de l’audible parce que ça créée des évènements quasi imperceptibles qui rentrent dans le son, un peu dans l’impalpable finalement, parce que c’est pas un arrangement évident. »

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Au sein du groupe, ils ont chacun des projets parallèles. Lena et Jay jouent avec Brisa Roché ; Lena a son projet solo, Lena Deluxe ; Jay a un « labo de musique » Jay In Space, dans lequel Fonzie est impliqué, alors que lui-même a formé Fame Is But A Fruit Tree So Very Unsound avec Eric de baden baden … La liste n’est pas exhaustive. « Chacun a un projet à lui parce que c’est sain de pouvoir s’exprimer dans un projet à soi et de pas être frustré que telle ou telle idée ne sorte pas. Au sein du groupe, ça dépend comment chacun a envie de s’exprimer. Pour la sortie de l’album, on va plus se focaliser sur Roken et mettre, quand c’est possible, les autres projets sont en stand by. Là ça va parce que Brisa Roché vient d’avoir un bébé. Mais ça fait plus d’un an qu’on attend la sortie de l’album, donc c’est pas forcément facile pour tout le monde, comme Lena, qui a eu des opportunités qu’elle se devait de saisir.” [Lena Deluxe était aux Transmusicales cette année et prépare son album solo].
Pour Fonzie, les projets parallèles permettent aussi de rencontrer d’autres personnes, d’adopter d’autres méthodes de composition. « La création ça vient avec l’occasion. Avec Eric de baden baden, c’est venu naturellement. Il avait plein de stocks de chansons, et il avait envie de mixer avec une autre voix que la sienne. Dans cette collaboration, il faisait toute la prod et moi toute l’écriture de la ligne de chant. C’est un autre mode de fonctionnement qui est très agréable pour moi. Ca va vite et ça ouvre d’autres portes… A côté de ça, j’ai des titres en Français. C’est encore un autre projet. Je l’ai appelé prison. Parce que si je les joue en public, je vais en prison. »[*]

Après le concept de The Terrible Things, qui était un EP du matin, ils préparent un nouvel EP pour s’endormir. « On va décliner les EP, un pour la cuisine, un pour le jogging et un pour prendre de la drogue aussi…[*] On a beaucoup de chansons, ensuite l’intérêt c’est de trouver des manières pour les auditeurs de les recevoir. On écoute toujours les chansons dans un contexte, sauf quand c’est une playlist à dix mille groupes. Au final, c’est quand même des choses pour les oreilles des gens. La scène, c’est pour rencontrer des gens dans une occasion particulière, mais quand on fait un disque, on est pas là : les gens vont dans leur vie avec la musique. C’est intéressant de se demander quand ils nous écoutent. » Mais ils peuvent pas rester sérieux deux minutes. « On fait des CD pour se réveiller et des concerts pour se battre. [*] Y’a toujours un ou deux pogos au moins, d’où une sécu assez blindée… Au départ c’était pour éviter que les filles se jettent sur le groupe… [*] et puis pour éviter que Alex se jette sur les nanas aussi… [*] Mais c’est pour ça que c’est dur de nous faire tourner, c’est pas pour des questions de logistiques parce qu’on est six, c’est parce qu’il faut payer la sécu. [*]»

Et le mot de la fin ?
A table ! [*]

Reclame


The Terrible Things est déjà disponible – en attendant All These Songs Are Wrong !
La prochaine date de programmée est le 27 janvier à la Conditon Publique à Roubaix avec baden baden.

A vous donc de faire passer le mot pour les avoir près de chez vous 😉


Remerciements : Jérémy Spellanzon

Catégorie : Entretiens
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