baden baden

“Faisant la nique à tous les groupes en The, baden baden a ce petit côté germanique en avance et décalé face à une meute de baby rockeurs parigots. Ça ne ressemble pas à grand-chose de déjà fait ou de déjà vu. On a pourtant bien essayé de leur faire enfiler les samples de Massive Attack, les décollements de plèvre électriques façon Jonny Greenwood ou encore la mélancolie de leurs cousins Mogwai. Mais non, les cordes tyrannisent dignement le clavier qui lui fourmille d’effets synthétiques et colorés, la voix égraine des paroles savamment composées, et on a tendance à se faire assommer par le rythme des caisses claires. baden baden ça vous enveloppe et ça vous réchauffe, un peu comme un kebab, en moins gras.”
Abigaïl Aïnouz, 2009

baden baden

Revenons sur la formation du groupe. Julien, le guitariste, explique que les debuts se font formés autour d’Eric. « On s’est rencontrés autour d’un copain de Lille, Jérôme, qui joue dans Roken is Dodelijk [qu’on a vus au Nouveau Casino, interview à venir, ndlr]. Je jouais de la guitare dans ma chambre, et Eric faisait beaucoup de démos, donc il avait déjà un univers à lui. Et au bout d’un moment il a cherché à monter un groupe. Au fil des connections, tout le monde s’est réuni. » Eric, le chanteur, précise : « Le côté affinités a primé avant de vouloir faire de la musique. »
Guillaume, le bassiste, raconte : « Au début pour accompagner Eric dans les bars, c’était ses chansons, mais très rapidement, ça nous intéressait plus de construire un groupe, où tout le monde apporte sa pierre. »

baden baden – Anyone

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Le projet a vraiment pris sa forme actuelle quand Gabriel est arrivé à la batterie. Il a été temps de trouver un nom.
Guillaume : “Y’a aucune logique, c’est juste qu’on cherchait un truc qui sonnait bien, on a confronté nos idées, et puis on s’est arrêté sur baden baden…”
Julien : “c’est Guillaume qui a trouvé le nom un après midi…”
Eric : “et après on a trouvé plein de bonnes raisons…”
Julien : “ce qui plaisait à Eric…”
Eric : “c’est que mon père a grandit à baden baden… Je connais la ville qu’à travers ce qu’il m’en a raconté – il en a que des souvenirs d’enfance, toujours très émus. Donc j’en ai une image très fantasmée…”
Guillaume : “On aime aussi l’idée du brouillage de pistes géographique aussi…. Qu’on sache pas forcément identifier la nature du projet.”
Eric : “Mais j’aime bien faire les choses un peu instinctivement, comme la musique, sans trop réfléchir.”

L’artwork a quant à lui été le résultat d’une longue réflexion.
Eric : “C’est tiré de photos qu’on a fait une nuit dans une foret. Et c’est un assemblage de plusieurs photos d’arbres. C’est ce qui donne ce côté lumineux.”
Guillaume : “On était partis sur cette ambiance de nuit, on, avait beaucoup de photos d’arbre et ça donnait un ton assez nature et nocturne.”
Eric : “Après on s’est beaucoup posé la question d’apparaître ou pas. Et finalement, on a été séduit par l’idée d’avoir une pochette assez abstraite. Mais j’ai pas analysé intellectuellement ce que ça pouvait évoquer… en fait j’aime bien l’idée qu’on puisse y voir plein de choses.”
Gabriel : Chacun l’interprète comme il le sent aussi. Ca peut-être un feu d’artifice, un arbre en fleur, des taches de lumières… c’est assez impressionniste comme effet.
Eric : ensuite on peut analyser psychologiquement ton profil suivant ce que tu vois
Comme un test de Rorschach en somme.

Pour les puristes, cet EP, 78, est le deuxième que le groupe produit. Eric admet que la question fait débat. « En 2008, c’était plus une démo. Des CD vierges qu’on achetait à la fnac, des pochettes qu’on faisait nous même, des démos bricolées, tous les morceaux en home studio et tout ça. L’intérêt de faire cet EP c’est pour officialiser baden baden. Dessus on retrouve de vieux morceaux comme ‘The Book‘ ou ‘Last Song‘, qui datent d’il y a deux ans. Du coup, ca permet de les officialiser pour pouvoir partir sur l’album avec plus de nouvelles choses. C’est souvent comme ça en musique, se détacher pour pouvoir passer à autre chose. »

Certes, ils ne font pas la même chose qu’il y a deux ans, mais les textes restent tourmentés. Guillaume n’est pas de cet avis : « Ca transpire de mélancolie mais pas de mal de vivre… » Eric, le principal intéressé, s’explique : « C’est toujours entre la mélancolie et l’espoir, c’est jamais complètement noir. Je reste malgré tout quelqu’un, au niveau des textes je parle, d’optimiste et j’aime pas le pathos pour pathos, j’aime bien que ça reste positif dans tous les cas. Et après dans les paroles j’aime bien souvent les double sens, du coup on peut l’interpréter d’une façon plus ou moins tragique. Mais dans ma vie ça va bien, merci ! »

Depuis leurs débuts, ils incorporent de plus en plus de morceaux dans la langue de Molière…
Eric : “On avait tous le gout pour les deux langues. Et avant le groupe, j’écrivais aussi bien en anglais qu’en français. Mais quand on a commencé le groupe, il a fallu faire un choix sur le style parce que suivant que j’écrivais en français ou en, anglais, ça sonnait assez différemment. Donc au début, pour plus de cohérence, on est partis sur l’anglais. Et petit à petit on a réintroduit du français, tout en gardant une cohérence dans l’ensemble. Du moins j’espère.”
Gabriel : “Le mariage avec la mélodie se fait naturellement, on ne force jamais. Y’a jamais de contrainte sur le choix de la langue.”

baden baden – Alice

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Après deux ans à sillonner les salles de concert, à tester les concours et autres tremplins, ils continuent leur bonhomme de chemin avec pour l’instant, un album en ligne de mire.
Guillaume : “En attendant, on continue à faire des concerts et on y prend de plus en plus de plaisir. On se redécouvre un peu dans la façon dont on interprète notre musique.”
Eric : “Mais on part pas en faisant le compte de ce qu’on investit, ou à se mettre la pression pour que ça marche. C’est déjà super tout ce qui nous arrive.”
Julien : “Pour moi tant qu’il y aura de la passion sur le projet, je continuerai…”
Guillaume : “Se faire plaisir et toujours s’étonner à faire des morceaux sympas, et garder une bonne fraîcheur sur les sets de concerts. L’idée c’est vraiment de se faire plaisir, pour les autres bien entendu, mais vraiment… d’aimer ce qu’on fait.”

Réclame

L’EP 78 est déjà disponible
baden baden sera en concert samedi 11 décembre à la Flèche d’Or


Remerciements : Lara (Ivox)

Catégorie : Entretiens
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