Entretien avec Lysistrata

Il a suffi d’un morceau pour que Lysistrata nous foute une belle claque. C’était au Café de la Danse, lors de la remise du Prix Ricard S.A. Live. Mais Le Transistor n’est pas le seul à être tombé dans leur post-math-noise car ce jeune groupe de Saintes s’est retrouvé à jouer dans deux salles parisiennes en l’espace d’une semaine. C’est clair qu’ils iront loin, surtout avec l’accompagnement du prix qu’ils viennent de remporter. Les trois garçons nous racontent comment ils en sont arrivés là.

Lysistrata

Enfin, uniquement deux, parce que le Théo est trop absorbé par la lecture d’un livre. « C’est un bréviaire, c’est juste que je trouvais le bouquin super beau. J’ai eu envie de le lire, à l’intérieur il y a des définitions. Ca m’a l’air super. »

Lysistrata vient tout juste de remporter le prix Ricard S.A. Live.
Max : Ce qui est bien c’est que l’accompagnement s’adapte aux besoins et aux envies du groupe. Pour l’instant on a surtout parlé de l’EP, et ils nous ont aussi fait des propositions. Parce que t’adoptes pas la même stratégie suivant le style. Ils cherchent pas à te mettre dans un format pré établi, genre rock ou electro c’est pareil…
Ben : Je pense que notre style est assez particulier, d’ailleurs j’avoue on s’attendait pas trop à gagner. A la base si on s’est inscrit au Ricard, c’était pour faire une session. »

Si leur math-post rock a démarré en instrumental, Lysistrata n’est pas réfractaire au chant.
Ben : Des textes, il y en aura de plus en plus avec le temps… C’est vrai qu’au début quand les gens nous disaient de rajouter du chant on se braquait un peu. Puis on en a mis, et puis on s’est rendu compte que c’était pas mal que les gens puissent chanter, ça te rajoute un lien avec le public. Et progressivement, on aime ça… raconter une histoire.
Max : Sur la plupart des morceaux, les textes sont assez légers, mais pour les morceaux qui nous portent le plus, le discours est assez violent quand même : c’est assez sombre comme ambiance.
Ben : Mais c’est pas forcément chanté : c’est beaucoup de chanté-parlé en rimes, ou justes des textes comme ça, qu’on lit par-dessus de la musique. En fait, c’est venu naturellement, on fait une mélodie, avec des couplets et des refrains qui reviennent, du coup on se dit qu’il manque un truc, puisque c’est des parties qui se répètent.
Max : Pour nous, ça fonctionne. En répèt, direct ça sort, du coup on colle des paroles puisque tout le monde a envie de chanter. On s’est jamais dit qu’on était un groupe d’instru, ou qu’il faut absolument caler du chant. On se fixe rien en fait. »

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Lysistrata s’est formé, comme pas mal de groupes en somme, sur les bancs du lycée.
Max : Au début, on faisait juste des scènes régionales par-ci par-là. Puis la programmatrice d’un bar associatif, l’Ogre rouge, nous a pris sous son aile. C’est grâce à elle qu’on a joué pour la première fois en dehors du département.
Ben : Ensuite, on est rentrés chez Jerkov en booking, et là on est passés direct à autre chose. Avec Théo on était encore en fac, mais c’est là qu’on s’est dit qu’on pouvait faire un truc intéressant, qu’il fallait se lancer.
Max : C’est tout ce qu’on attendait ! Parce que oui, quand t’as la fac à coté, c’est pas possible de gérer les concerts mais c’est pareil pour composer, c’est compliqué de dégager du temps. »
Depuis peu, les musiciens de Lysistrata ont arrêté leurs études pour se consacrer à la tournée.
Max : On a un peu pris un risque de faire que des dates et en fait c’est trop bien. Parce qu’on fait vraiment que ça du coup. On est tout le temps en train de créer de la musique et de partager ça avec des gens
Ben : On est tout le temps soit en train de faire des concerts, soit en train de répéter. Et puis on rencontre plein de monde !
Max : Tout tourne autour du groupe en ce moment donc c’est cool. On est tout le temps en train de penser à nos clips ou à nos compos… »

Tout comme I Am Stramgram, Lysistrata remporte le prix Ricard S.A. Live et se retrouve sélectionné la même année aux Inouïs du Printemps de Bourges.
Ben : Dans les finalistes du prix Ricard S.A. Live, il y avait aussi nos copains d’Equipe de Foot, c’est un super groupe de Bordeaux. Et on a réalisé qu’on avait fait notre tout premier concert avec Mike, le chanteur. A l’époque, il jouait dans un groupe qui s’appelait Frankenstein Sexy Freak, et il se trouve qu’on avait assuré leur première partie !
Max : C’était il y a quatre ans au Barathon de Saintes. Mais on connaissait pas les groupes de Bordeaux. C’était notre tout premier concert, moitié compo et moitié boeuf, ça ressemblait à rien. Et le plus drôle c’est que juste avant de jouer au Café de la Danse, on est retombés sur Mike !
Ben : Parce que c’est le batteur d’I Am Stramgram. On a fait notre premier concert avec lui, et on se retrouve encore à assurer sa première partie aujourd’hui. En plus, on a gagné le même tremplin ! »

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Avant de se quitter, la discussion tourne autour de leur enfance à Saintes.
Ben : C’était calme, mais c’était bien.
Max : Avant, c’était vachement cool, il y avait pas mal d’assos qui se bougeaient pour faire des concerts, pour faire découvrir des trucs, avec le Barathon… et maintenant y a plus rien. Toutes les assos sont mortes à part la Coconut, qui fait un festival par an, alors qu’avant la ville vivait tout au long de l’année.
Ben : Le Coconut c’est super cool, c’est seulement pendant 3 jours en septembre.
Max : Il n’y a aucun bar concert, ce qui est dommage pour une ville de 30 000 habitants. Tout est en train de crever. Il y a bien des caissons de répète mis à dispo mais y a pas tant de groupes qui viennent.
Ben : Parce que sans concert, ça donne pas envie de faire des groupes, c’est un cercle vicieux.
Max : Depuis que ça a changé de côté aux élections, tout a fermé et c’est trop triste. Avant c’était bien, il y avait pas mal de trucs, et c’est ça qui m’a donné envie de faire du son.
Ben : L’Ogre Rouge a fermé il y a deux semaines. La prog était dingue : tous les groupes qui montaient de la scène française on les a vus là-bas.
Max : Du coup, on a joué là-bas pour la fermeture. La programmatrice Blandine prévu de réouvrir un lieu dans deux ans, mais entretemps les gens ont le temps de se faire chier. Voilà. Va falloir créer une asso pour faire des concerts à Saintes.
Ben : On va l’appeller Réveillez-vous ! »

Réclame

Lysistrata sera en concert aux Inouïs du Printemps de Bourges, et à l’EMB Sannois le 28 avril.
Vous pouvez écouter leur album Bicycle Holiday sur leur Bandcamp.


Remerciements : Marika [ZakZik]

Catégorie : A la une, Entretiens
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