Entretien avec I Am Stramgram

En début d’année, Ricard SA Live Music annonçait le lauréat de cette septième édition : I Am Stramgram. Rapidement, le Bordelais Vincent Jouffroy, membre du collectif du Fennec, se retrouve programmé un peu partout. Si sur galette sa pop-folk semble un peu fade, elle sonne somme toute rêveuse. Mais c’est en live qu’il se révèle passionnant : aux Inouïs du Printemps de Bourges , Le Transistor est resté coi devant tant de magie. Au Fnac Live, nous avons rencontré cet érudit si infantile (ou le contraire) pour tenter de percer ce mystère.

I Am Stramgram

Pour l’interview comme sur la scène, Véloci-batteur se joint à la conversation. « Mais je suis pas réellement un dinosaure : sous ce masque, il y a un humain avec un coeur qui bat. »

En fait, Véloci-batteur est le compagnon de scène de Vincent sur le projet I Am Stramgram. « On se connaît depuis dix ans. On devait chacun avoir huit ou neuf groupes à l’époque : My anT, qui existe toujours, Girafes, NoCode… Mais c’est normal, c’est un bon batteur aussi, et qui sait chanter. Après, si on a plusieurs groupes c’est parce que c’est plaisant aussi, on fait pas ça par concours de bites. C’est cool de jouer avec plein de gens ! » I Am Stramgram fait partie d’un collectif d’artistes de la région bordelaise : le Fennec. « En fait c’est un peu toujours les mêmes musiciens qui reviennent au sein de ces groupes. C’est hyper enrichissant, ça permet de travailler les compos les uns des autres, d’occuper différents postes : à la batterie, à la guitare à la basse. On joue ensemble ou on se remplace au besoin… Il y a un côté très consanguin et copain ! »

Au milieu de tous ces groupes, Vincent Jouffroy a eu envie d’un projet seul. «Quand on est en groupe, on discute beaucoup. On a des groupes qui sont pour certains extrêmement démocratiques, où chacun fait des concessions. Ca passe vachement par la négociation. Alors que seul, je peux essayer d’aller au bout de mes idées. Et puis le côté un peu performance, c’est un truc que j’aime bien. » I Am Stramgram a été pour lui une manière de se tester. « Toutes les idées ne sont pas bonnes, mais après tu te confrontes au regard extérieur, je demande très souvent aux copains. Si un morceau est pas bon, on passe à autre chose, mais j’aime bien le côté jusque-boutiste, voir ce que ça donne et pouvoir être têtu dans la démarche. »

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De ce collectif, I Am Stramgram s’est démarqué pour décoller grâce au tremplin Ricard SA Live Music. « En fait, Véloci-batteur n’est arrivé que récemment sur le live. Je bossais pas mal en solo, sur des morceaux genre face B ou des trucs qui fonctionnaient pas en groupe pour diverses raisons. Et la mayo a pris parce qu’on a été accompagnés par des salles locales. » Depuis, le projet a pris une belle ampleur, et a beaucoup tourné. « Il y a encore beaucoup de dates à venir et puis d’autres enregistrements. Le rythme est pas facile parce qu’il y a de plus en plus de deadlines, chose à laquelle on était moins confrontés avant. Par exemple, on repart en studio bientôt, et les morceaux sont encore en rodage, on est en train de se questionner sur la direction à prendre, donc parfois les délais sont un peu courts pour être sûrs de nous. Mais bon, c’est des dilemmes de riches. »

Vincent se défend d’avoir baptisé son projet par amour du jeu de mot. « Ca dépend des morceaux, toutes les paroles ne sont pas liées à l’enfance. Sur Patchworkitsch Triptyque, il y avait ce sentiment qui se dégageait. C’était des thèmes de fuite et de rapport à l’enfance, de nostalgie, de souvenir, beaucoup de souvenirs. Et comme c’était central, j’ai commencé à y réfléchir, c’est à dire que j’ai pas formé les morceaux à partir de cette idée. Mais quand on a fait le site avec les dessins, en relisant les paroles il y a cette direction qui s’en est dégagée. » Pour I Am Stramgram, le collectif du Fennec a participé à l’élaboration d’un superbe site. « Il n’y avait pas une volonté de finalisation professionnelle : les morceaux sont sortis au compte-gouttes, les pages ont été publiées quasiment à un an d’écart parce que tout a été fait avec les copains, donc avec les moyens du bord. Ce site a été fait dans une optique d’essayer de faire de beaux objets, avec les compétences qu’on avait, plutôt que genre il faut que ça casse la gueule. C’était pas du tout la démarche : on voulait juste que ce soit joli et honnête. »

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I Am Stramgram est en équilibre constant entre cynisme et naïveté. « Sur scène, on essaie de recréer une chambre d’enfant, c’est pour ça qu’on a voulu amener un personnage, histoire de construire un peu autour de la thématique, des paroles qui sont en lien avec l’enfance. Effectivement j’ai un espèce d’alter ego sous forme de jouet qui fait écho à l’enfance… Mais très personnellement c’est parce que j’ai toujours adoré les dinosaures. » Vincent ne cherche néanmoins pas à s’enfermer dans une seule conception du projet. « Prenons par exemple La Nouvelle Vague, et il y a peut-être un film qui rentre exactement dans l’écriture de ce dogme et après ça part en couille. Les concerts c’est un peu ça aussi, certes la scénographie est inspirée par le monde de l’enfance, mais tout ne tourne pas autour de cette thématique, donc les entre morceaux c’est moi, un adulte. C’est pas rigide, c’est pas unilatéral, mais c’est un aspect qui sur le premier disque était important c’est pourquoi on l’a mis en avant.»

Malgré un Master de Cinéma, ce n’est pas Vincent qui s’est occupé des vidéos. « En fait, j’ai fait une spécialisation valorisation des archives, avec l’INA. C’est pas très intéressant en fait. J’aime bien l’image mais je crois que je suis nul pour ça. Ces années passées à étudier m’ont peut-être fait prendre conscience que je n’avais pas le talent pour traiter les images. » Mais à côté de son projet principal, il compose de la musique pour des compagnies de théâtre. « Certaines compagnies qui m’ont demandé carrément de faire de la musique sur scène. J’ai travaillé notamment avec un duo de danse contemporaine et le truc qui m’a frappé, c’est qu’ils m’ont fait remarquer que je remplis trop l’espace, avec ma musique. C’est des notions qui nous échappent un peu parfois… J’ai bien aimé ce rapport à l’espace et au son. Ca me permet d’ouvrir d’autres tiroirs, d’avoir d’autres perspectives de réflexion. Ca fait un peu péteux dit comme ça, mais… »

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A noter que sur son premier album, I Am Stramgram revendiquait Born Ruffians en influences. « Ca défonce ce groupe ! Il y a plein de trucs qui m’ont vraiment inspiré : au tout début, on a repris genre le chant en vrac, ou genre les gens qui applaudissent autour du micro, comme dans Red, Yellow and Blue. J’aime bien le côté fou hyper cool de ce disque, c’est que des tubes, avec notamment ‘Little Garçon’ ! J’adore cet album, c’est une référence. » Manifestement, son enthousiasme n’est pas retombé !

Réclame

I Am Stramgram vient de sortir son Patchworkitsch Triptyque en Vinyle
Il y a des chances qu’I Am Stramgram passe pas loin de chez vous
Lire le live report de I Am Stramgram au Inouïs du Printemps de Bourges
Lire l’interview de Born Ruffians


Remerciements : Pauline [La Cadence]

Catégorie : A la une, Entretiens
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