Rock en Seine 2017 – Sleaford Mods, Frustration, DBFC

Deuxième jour à Rock en Seine et le soleil est cette fois-ci au rendez-vous ! C’est la météo parfaite pour danser au son fusion afro-disco d’Ibibio Sound Machine, pour se délasser sur les envolées de DBFC, pour se lâcher avec Lysistrata, pour découvrir Bryan’s Magic Tears, pour répondre aux injonctions de Frustration et enfin se faire hypnotiser par Sleaford Mods.

Ibibio Sound Machine

Ce groupe londonien est des plus métissé : une chanteuse nigériane chante en ibibio (dialecte de son pays natal) sur des sonorités electro-funk et des percussions brésiliennes. Dans une tenue des plus colorées, Eno Williams se démène pour faire danser la foule, la faire chanter avec elle.

Certes il n’y a pas encore beaucoup de monde devant la grande scène, mais qu’à cela ne tienne, elle descend pour les motiver. Et pour les impliquer, elle explique le sujet de ses chansons, comme ‘Give Me A Reason Why’ qui a été écrite pour les filles enlevées par Boko Haram. Le set va crescendo, et Eno Williams sautille aux quatre coins de la scène, a tel point que le public renonce à tenter de la suivre. Elle remercie alors toute essoufflée, car Ibibio Sound Machine a tout donné.

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DBFC

DBFC c’est un duo franco-britannique formé par Bertrand Lacombe (aka le DJ bordelais Dombrance), et David Shaw, un Mancunien. Le résultat, c’est un premier EP, Leave My Room en 2014, suivi d’un album, Jenks, paru au printemps. Et si l’impression était une electro-pop aux influences 90s, sur scène on se retrouve face à un rock-electro bien prenant.

Les montées sont bien maîtrisées, tandis que le batteur, monté sur ressort, emporte les morceaux. On avait peur d’un groupe à la mode, mais on se retrouve face à des musiciens qui ne rougissent pas de leurs influences cold. Ni de leur petite choré décomplexée sur l’hypnotisant ‘Automonic’.

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Lysistrata

Sans préambule, le trio Lysistrata n’hésite pas à passer en mode scream, tandis que la batterie s’impose brutalement. Une fois les présentations faites, le groupe dérive vers des rythmiques toujours aussi expérimentales mais plus math. Au fur et à mesure du set, Lysistrata ose s’aventurer sur des terres plus pop pour séduire plus que pour surprendre.

Le jeune groupe n’a pas peur de partir dans tous les sens, et de prendre le public à revers, de s’énerver puis de repartir en post-rock épique. Certes, la foule ne sait pas où donner de la tête mais au moins tout le monde se souviendra de cette performance.

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Bryan’s Magic Tears

Découverts par inadvertance à Villette Sonique, les Bryan’s Magic Tears présentaient leur premier album, Son of Witch, sous la tente de la région Ile-de-France, pendant que les redoutables Kills subjuguaient l’audience de la Grande Scène.

Ces Parisiens offrent une parenthèse plus douce sur fond de garage : de la pop aux lignes mélodiques enjôleuses, qui contrastent bien avec la batterie plus brutale. Un coup, Bryan’s Magic Tear se la joue rêveur, et les couples s’emballent, un coup ils se font séduisants, avec des choeurs qu’on a rapidement envie de reprendre avec eux. A suivre !

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Frustration

La nuit est bien là, la foule est captivée par les lumières rouge provenant de la scène de l’industrie. En quelques morceaux à peine, la foule est déjà en transe sur ‘No Trouble’. Le chanteur, Fabrice Gilbert, est toujours en mouvement, mais affiche un air austère, qu’il brise par des chorégraphies tout à fait étonnantes de par leur légèreté. Les slams tardent peut-être à poindre, mais le mosh pit se crée, tranquillement, pendant que le chanteur bouffe son micro puis repart dans ce qui pourrait être une imitation de Ian Curtis.

Les choeurs sombres montent sur des synthés sciants, le bassiste se fait plus féroce, puis les guitaristes commencent à se haranguer les uns les autres pour un profond ‘Excess’. L’ambiance se fait bientôt moite sur les synthés de plus en plus entêtants – jusqu’à la pause syndicale, à coup de lampée de jackda et de clopes. Pour repartir de plus belle sur ‘Assassination’, ce qui permet à Fred Campo aux synthés de s’offrir un slam sur ‘Too Many Questions’. Et pour clore son set, Frustration appelle à aller voir les Sleaford Mods, leurs “cousins britanniques” !

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Sleaford Mods

Sur scène, ils ne sont toujours que deux : Fearn à l’ordinateur (posé sur des caisses de Kro) et Jason Williamson au chant, qui joue de plus en plus avec le public. Quand il fait un coucou coquin à la fosse, tout le monde hurle, prêt à reprendre tous les “Fucking”, répétés sur un rythme digne du syndrome de Tourette.

A première vue, le chanteur a l’air d’un autiste, et son acolyte a la dégaine d’un chômeur professionnel, mais ceux qui ont vu le documentaire de 2012 ‘Invisible Britain’ diffusé récemment sur Arte, savent que c’est un groupe des plus engagés. Le fait est que ce soir, le public chante avec eux, reprend ‘BHS’, le suit dans ce qui ressemble à des imitations d’animaux (ou bruits de pets) et surtout danse sur ‘Tweet Tweet Tweet’. Une performance toujours autant hallucinante et saisissante.

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Remerciements : Marion [Ephelide]

Catégorie : A la une, Reportages
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