Les Vieilles Charrues 2015 – dimanche

Le public breton est clairement l’un des meilleurs, et il semble vraiment motivé pour aller applaudir les groupes de toutes sortes, sans discrimination. Pour cette journée familiale au festival Les Vieilles Charrues 2015, on a pu applaudir les détonnants Puts Marie, la légende de Woodstock Joan Baez, les délicats The Drums, les magnétiques London Grammar, le retour de Lionel Richie, la sensation Flume et « le nouveau Jean-Sebastien Bach » [sic] : David Guetta.

Puts Marie


Les Suisses avaient marqué une longue pose de six ans, mais leur rock sombre et sauvage recommence à faire parler de lui. Leur prestation est bien foutraque, avec leur chanteur – habillé comme s’il sortait du bureau – complètement habité. Il passe de l’harmonica à la deuxième batterie en montrant sans cesse une espèce de rage intérieure qui ne demande qu’à exploser. A la limite du too much, il ferait presque peur et on appréhende avec crainte chacune de ses réactions. Comme lors du dernier morceau, où il finit avec sa chemise sur la tête. Mais on retient surtout son interprétation de haut vol, comme sur la jolie ballade mélancolique ‘Pornstar‘. Puts Marie était bien l’ovni du jour.

Joan Baez


Etonnamment, les premiers mots de la plus mythique des folkeuses furent ‘Coucou!’. Joan Baez a la patate et n’arrêtera pas de plaisanter, et en français ! Cela dit, elle reste évidemment très posée, sirotant régulièrement une boisson chaude dans son gros mug. De nombreuses reprises émaillent son set, dont forcément plusieurs de Bob Dylan, qu’elle citera souvent : ‘Farewell Angelina‘, ‘Don’t Think Twice It’s Alright‘… Mais aussi du Brassens, ‘L’Auvergnat‘, et même la chanson traditionnelle bretonne ‘Tri Martolod‘, bien connue par les interprétations d’Alan Stivell et de Manau… Et lors de ses deux rappels, elle n’oublie pas les chansons pacifistes comme ‘Imagine‘ de John Lennon et ‘Le Déserteur‘ de Boris Vian. C’était pas fou, mais cool, comme elle.

The Drums



Visuellement, les New-Yorkais en jettent. Leurs tenues et leurs attitudes captent d’entrée l’attention, surtout via leur chanteur hyper maniéré. Après une absence de plusieurs années, ils sont revenus avec un album, Encyclopedia, fin 2014. Leur single aérien ‘I Can’t Pretend‘ débute un live difficile à suivre à cause d’une pluie toujours plus forte. Mais leurs mélodies pop sont toujours entêtantes et sonnent comme des classiques, comme ce ‘Let’s Go Surfing‘ qui fait danser l’audience de la petite scène Grall.
Lire l’interview de The Drums
Lire le live report de The Drums au Trabendo

London Grammar


Les conditions climatiques n’étaient pas les meilleures pour apprécier le live des Anglais, d’autant que le groupe semble un peu en dedans. Mais la chanteuse est assez magnétique, et quand elle part dans ses envolées en voix de tête, accompagnée par ses violonistes, on en oublierait presque qu’il pleut des cordes. Leur reprise du ‘Nightcall‘ du Français Kavinsky fait un carton; et ne parlons même pas de leur tube ‘Wasting My Young Years‘, toujours assez magique.

Lionel Richie

Plus lifté que jamais, le chanteur soul est de retour sur les plus grosses scènes mondiales pour refaire un peu de buzz, et de biz, avant un probable nouvel album en 2016. C’est plutôt drôle d’entendre en live les fameux ‘Say You Say Me‘, ‘Hello‘, ou ‘All Night Long‘. Surtout que ces vieux tubes sont repris par plusieurs dizaines de milliers de spectateurs, ce qui est toujours impressionnant. On aura aussi le droit à un ‘We Are The World‘ accompagné par une chorale locale ! Mais le plus surprenant pendant ce concert, hormis les averses, c’est quand Joan Baez rejoint Lionel Richie sur scène pour effectuer quelques pas de danse.
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Flume

On a été un peu déçu par le set du jeune DJ australien, qui semblait bien seul à 22h sur la deuxième scène. Les morceaux parfois dark et downtempo paraissent plus adaptés à une diffusion en club, ou alors fallait-il le faire jouer un peu plus tôt. Visuellement, il ne se passe pas grand-chose, mais quelques passages à tendance rap nous font sortir de notre léthargie… jusqu’au superbe remix de Disclosure You and Me‘, qui était attendu comme le messie, et qui fut bien entendu joué en final.
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David Guetta


Les deux seuls morceaux qui nous ont un peu fait taper du pied étaient un vieux Daft Punk et ‘Wonderwall‘ d’Oasis. Pour le reste, c’est le néant absolu de la dance music. De plus, l’ambiance n’est pas aussi folle que ce qu’on avait imaginé, malgré les 50 000 spectateurs. En prime, le DJ star prend parfois le micro pour s’adresser à la foule, comme à la fête foraine… Une de ses plus belles citations : “Allez, pour la forme on va se faire une petite ambiance Ibiza styyyyyyyle ! ”

L’organisation a été proche de la perfection, et même le nouveau système Moneiz de paiement sans contact a été plébiscité dans toutes les échoppes. Les Vieilles Charrues confirment donc leur statut de plus gros festival de France. Et l’an prochain, pour fêter les 25 ans, les organisateurs et les Carhaisiens évoquaient toutes sortes de probabilités complètement folles, comme faire venir les Rolling Stones, Paul McCartney, AC/DC, les Daft Punk… On dirait bien qu’à Carhaix, il n’y a aucune limite. Et pourquoi pas Michael Jackson ?


Remerciements : Lucie [Vieilles Charrues]

Catégorie : A la une, Reportages
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