The Color Bars Experience et Black Yaya au Printemps de Bourges

Pour Bourges, c’est le dernier jour de festival, mais pour Le Transistor, c’est le premier jour du Printemps de Bourges ! On a fait l’aller-retour pour une seule date, mais pas des moindres, puisqu’il s’agissait de voir The Color Bars Experience, l’hommage rendu par Jason Lytle de Grandaddy à Elliott Smith en compagnie Troy Von Balthazar de Chokebore et Ken Stringfellow de The Posies. En première partie, Black Yaya de Herman Dune présentait son premier album solo.

Black Yaya

Le noir se fait, un bruit de cymbalettes de tambourin se fait entendre à chaque pas… quelqu’un arrive. Dans la pénombre, celui qu’on connaissait sous le nom de David Ivar Herman Dune s’accorde, puis allume une petite lampe tempête – qui révèle un autel chargé d’icônes au profil de sa nouvelle identité. S’il a réalisé son album seul à enregistrer chacun des instruments, Black Yaya est sur scène accompagné d’un bassiste, Vincent Mougel.

Entre deux morceaux, le chanteur marmonne quelque chose en anglais, puis bascule dans des compositions très personnelles, sans pour autant verser dans le sentimentalisme. Au contraire, toutes les références aux crimes, aux armes, et autres sont de mises. On est dans l’ambiance western, avec harmonica bien entendu ! et les éperons en guise de batterie. Il manque plus que le poncho de Clint Eastwood pour compléter le portrait.

Les morceaux sont tout en tension, que la voix inimitable de Black Yaya vient adoucir. On aimerait reprendre les refrains avec lui, mais l’Auditorium n’y invite pas vraiment. Cet accueil un peu froid ne l’empêchera pourtant pas de livrer un hommage à idole, Lou Reed, et de révéler que l’un de ses tous premiers concerts était en première partie d’Elliott Smith, justement…
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Lire l’interview de Black Yaya

The Color Bars Expérience

Sur une intro au piano, les musiciens classiques et contemporains s’installent. Dans un silence gêné, Ken Stringfellow vient reprendre ‘Son of Sam’ qui ouvre Figure 8, paru il y a quinze ans. Les violons passent très bien, ses grands gestes d’éloquence un peu moins, mais difficile d’ouvrir un tel concert hommage. Peu assuré, il cherche les paroles des yeux sur son pupitre, néanmoins on perd de la fragilité d’Elliott Smith au passage.

Après un humble ‘Wouldn’t Mama Be Proud’, c’est au tour de Troy Von Balthazar, très digne, de faire son entrée sur scène. Les échanges sont silencieux, révérencieux, rajoutant à l’ambiance un peu lourde de l’évènement. Le chanteur de Chokebore a du mal à atteindre le ‘Somebody That I Used to Know’, et opte pour le chuchotement, la gorge serrée, mais réussit à emporter l’Auditorium sur ‘Everything Reminds Me of Her’.

Vient enfin le tour de Jason Lytle, avec sa sensibilité cachée derrière son bonnet et sa chemise de bûcheron. Il peine énormément sur le tourmenté ‘Everything Means Nothing To Me’, qui sera contrebalancé par le ukulele de ‘Color Bars’, pour que le chanteur de Grandaddy commence enfin à se détendre. L’audience arrive elle aussi à se laisser bercer par le ‘In The Lost And Found’ chanté par Ken Stringfellow, ou ‘Happiness (The Gondola Man)’ de Troy Von Balthazar, discrètement rejoint par Jason Lytle.

La flute traversière et le basson emportent ‘Junk Bond Trader’, tout le monde est désormais prêt pour ‘Can’t Make A Sound’ interprété en trio pour le final. Après des débuts tendus, le concert s’est bien passé, on peut passer au rappel, avec l’incontournable ‘Between The Bars’, qu’on n’osait espérer ! Les larmes d’émotions commencent à fuser dans la salle, mais c’est à ce moment que Jason Lytle craque… Son visage se fend sous la douleur du souvenir, et il se voit forcé de quitter la scène.

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Pour son acolyte – notamment sur la dernière tournée-, même si ce n’était pas la première fois qu’il interprétait ce morceau si emblématique, il était manifestement encore trop tôt pour se replonger dans la discographie du regretté songwriter de talent. Néanmoins, les nombreux fans lui sont reconnaissants pour la générosité dont il a fait preuve.

Réclame

Lire l’interview de Troy Von Balthazar au sujet de The Color Bars Experience
Lire le compte rendu de Grandaddy à Rock en Seine
Pour participer à l’édition du vinyle c’est sur Microcultures que ça se passe.


Remerciements : Delphine Caurette

Catégorie : A la une, Concerts
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