Pitchfork Music festival 2014 : deuxième jour

Deuxième jour du festival Pitchfork. C’est Halloween, et pourtant, l’ambiance sous la Grande halle de la Villette n’est pas vraiment à la fête. Malgré une programmation une peu molle, voire en demi-teinte, Le Transistor a été content de revivre le punk des Perfect Pussy, de découvrir l’étrange D.D Dumbo, d’assister à la messe de Son Lux, de comprendre enfin Future Islands, et de se laisser bercer par Belle & Sebastian.

Perfect Pussy

Le seul concert percutant de la soirée sera le punk dérangé de Perfect Pussy que l’on avait déjà croisé à La Route du Rock. Les guitares sont tendues, les explosions se font désirer, et la fausse petite poupée fait la moue. Dans sa jolie robe rouge, Meredith Graves ne laisse en rien présager que sa voix fera bien plus de ravages auditifs que la batterie. Attention, aucune attitude ici, aucune pose avec cette envie de coller à une mode comme nombre de groupes, ici ce sont les tripes qui parlent. Mais pensez aux bouchons d’oreille !
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D.D Dumbo

Seul au milieu de l’immense plateau, l’Australien se présente armé de sa douze cordes, de ses boucles et d’un mini kit de percussion. Avec ce bazar, il construit de jolis paysages, et parvient même à faire danser, grâce à son approche poétique de la rythmique. Alors qu’on se laisse doucement séduire par ses compositions inspirées de son pays natal, le voilà qui vire vers des compositions plus funky, avant de manifestement mettre le cap sur l’Afrique de l’Ouest. Sa voix aussi connaît un bon nombre de mutations pour un si court set… Et à force de voyager de cette manière, on en chope un peu le mal de mer.
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Son Lux

Dès que le groupe entre en scène, il impose le silence avec ‘Easy’. Ils n’ont beau être que trois sur scène, ils n’ont aucun mal à maintenir l’attention, que ce soit à l’aide des lumières aveuglantes ou du son qui vient rapidement casser l’ambiance sentencieuse pour tabasser le public.
La voix très aiguë intrigue, jusqu’à ce que Ryan Lott décide de s’arracher les cordes vocales pour donner un peu plus d’intensité au set déjà bien lourd. Pourquoi ce besoin de surcharger à ce point ses compositions ? Le côté religieux déteint petit à petit, laissant la place à un brouillon bien bruyant : sous les effets en surnombre, il n’y a pas vraiment de fond. Et finalement le set ne décolle pas malgré tous les efforts.
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Future Islands

Pour le coup, Future Islands est un bel exemple de groupes qui ne rendent pas vraiment en album, donnant la forte impression de se répéter d’un titre à l’autre, et qui ont tout à gagner à être vus en live. Déjà, c’est le seul qui aura pensé à se déguiser pour Halloween, avec chapeau pointu, maquillage de cadavre et tout le toutim. Ensuite, quand les morceaux paraissent plats à la production, Future Islands arrive en un tour de main à faire danser le public, alors que Son Lux était obligé de supplier la foule.
De fait, Samuel T. Herring a un surprenant sens de la scène, avec des mouvements de bassins à rendre Elvis jaloux. Et charisme mis à part, sur le plateau, on dirait que c’est la batterie qui s’agrippe au synthé pour pouvoir maintenir le rythme tellement la cadence est soutenue. Mais bon, il faut bien l’admettre, c’est bel et bien l’intensité du chanteur, sautant de bout en bout, sur laquelle repose tout le concert.
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Belle and Sebastian

Après le chant à la fois strident et guimauve de Chvrches, Le Transistor n’est pas mécontent de retrouver la pop sixties de Belle & Sebastian. Les quinze musiciens (presque sans exagération) ouvrent le set avec ‘You’re Just a Baby’, qui sent un peu la naphtaline – après tout, ce morceau remonte à Tigermilk, paru en 1996. Heureusement, le groupe enchaîne avec sa pop à rebondissements sur ‘Funny Little Frog’ qui respire l’admiration pour Brian Wilson. De là, le groupe s’amuse en freestyle sur le solo blues de ‘Sukie in the Graveyard’, et laisse échapper de jolies dissonances sur ‘The Fox in the Snow’, mais ne s’impose pas : le public est plus préoccupé par la file d’attente dans le métro pour le pass navigo de novembre que par leur performance.
Pourtant, leur concert respire l’insouciance avec ‘I Didn’t See It Coming’, et la foule se met même à danser légèrement sur ‘The Party Line’. Alors pour motiver les troupes, Stuart Murdoch descend dans la fosse, et fait monter les gens déguisés pour ‘Sleep The Clock Around’. Après une belle séance de câlins, Belle & Sebastian revient même pour un rappel, mais ce ne sera malheureusement pas pour jouer ‘I Want The World To Stop’…
YouTube Preview Image Lire le live report de Belle and Sebastian au Grand Rex


Remerciements : Pauline La Cadence et Melissa !

Catégorie : A la une, Concerts
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2 réactions »

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  • Gagne ton pass journée pour Rock en Seine - Le Transistor | Le Transistor :

    […] Mais le concert que Le Transistor attend le plus ce soir-là, c’est FFS (Franz Ferdinand & Sparks), d’ailleurs vous pouvez lire leur interview ici ! Si t’es persuadé que les Collaborations ne marchent pas, tu peux aller à jeter un œil aux jeunes Catfish & The Bottlemen. Puis pendant que The Offspring (vus au Zénith) va nous filer un bon coup de vieux, Miossec (vu au festival Beauregard) va nous émouvoir, comme toujours. Si tu préfères Ty Segall (vu à la Cigale) à Fauve (interview), va voir Wand à la Scène Pression Live. Enfin, pendant le clou de la soirée alias Kasabian (vus au Bataclan), tu auras le choix entre danser sur Boys Noize & Mr Oizo – ici sous le nom de Handbraekes, ou la messe (blanche cette fois-ci) de Son Lux (vu à Pitchfork). […]

Et toi t'en penses quoi ?

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