Entretien avec We Are Match

Pour Le Transistor, le coup de foudre sur We Are Match est arrivé lors d’une soirée : installés dans une chambre, les garçons se sont emparés de guitares et ont commencé des harmonies. Depuis cette improvisation réussie, les lauréats des inRocKs Lab 2014 en ont fait du chemin avec notamment la sortie d’un EP, Relizane. Et c’est au Printemps de Bourges qu’on les a formellement rencontrés pour qu’ils racontent la préparation du premier album…

We Are Match

We Are Match jouent dans moins d’une heure sur la scène du 22 pour les Inouïs et sont un peu nerveux : « On devient fous à force de travailler sur l’album, donc on est juste trop contents de jouer.
Simon : En plus, c’est à Bourges que j’ai vu le premier concert qui m’a donné envie de faire de la musique : c’était Matt Elliott. »

We Are Match c’est un groupe de potes avec à la base comme seul objectif de s’amuser. « On voulait simplement jouer ensemble, c’était ça le principe à la base. Ensuite on s’est dit qu’il fallait qu’on enregistre des choses pour pouvoir démarcher des salles.
Aurélien : Et puis si on veut jouer sur une grande scène, il faut aussi que t’aies un album qui soit bien travaillé. Et c’est pas en restant dans ta ferme à jouer avec les copains que ça va se réaliser.
Paco : Et quand on a commencé à composer ensemble, on s’est rendu compte qu’on avait vraiment des trucs à dire en fait. Match c’est une musique qu’on aimerait entendre plus souvent, et du coup on s’est dit qu’il fallait absolument qu’on arrive à créer ce truc qu’on a dans la tête. Les musiciens, on a tous un peu un groupe de rêve, et nous c’était l’éclectisme qu’on cherchait. Et du coup on s’est dit qu’on allait essayer de le faire. »
Comme chacun a son style de musique de prédilection, le mélange est assez difficile à catégoriser… même pour eux.
Paco : Chaque morceau a une histoire particulière et à chaque fois ça naît de quelque chose.
Gwen : Mais je crois qu’à chaque fois, ça naît d’une osmose entre nous.
Simon : C’est comme ça qu’on réussit mieux le morceau, quand tout le monde est à fond dedans. Que tout le monde a envie de la même chose finalement.
Paco : Ce qui nous fait plaisir en ce moment, c’est que, avant chacun avait une vision un peu différente, et maintenant quand on commence un morceau, on a l’impression qu’on est tous sur la même longueur d’onde. On sait tous ce qu’on va faire de ce morceau-là, c’est trop bien !
Gwen : C’est rigolo parce que c’est des morceaux un peu compliqués qu’on finit en premier. »

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Depuis plusieurs mois, ils sont installés dans une maison pour concocter leur premier album.
Aurélien : On devient un peu fou à force de vivre et travailler ensemble, mais on s’aime bien en fait.
Paco : On est très pointus. Beaucoup plus que ce qu’on avait fait sur l’EP, on veut essayer d’arriver au son qu’on a en tête. Du coup, on a travaillé sur plein de choses, on a appris beaucoup, mais on est encore pointilleux sur des détails. Et au moment de l’enregistrement, on se rend compte qu’il y a des arrangements qui fonctionnent pas, donc on doit réfléchir à d’autres solutions.
Gwen : En fait, quand tu rends une copie, d’abord tu fais ton plan puis tu fais un brouillon avant de rédiger au propre. Là on est en train de rédiger au propre et on se rend compte que y a deux-trois trucs dans notre brouillon qui étaient pas parfaits donc on est en train de les corriger. Mais sinon on est en train de rendre notre copie. »
L’important pour eux, c’est que tout le monde soit d’accord sur les compositions.
Paco : Quand il y en a un qui aime pas, on commence par argumenter.
Aurélien : On a remarqué que la musique ça se parlait aussi. Il suffit pas de jouer, il y a plein de moments sur lesquels tu peux poser des mots.
Simon : On essaie de se comprendre en fait. C’est comme ça qu’on arrive à quelque chose qu’on aime maintenant. C’est ça qui fait évoluer cette musique. »

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Si à la base, We Are Match compose pour le live, le groupe s’est pris au jeu de la création en studio.
Paco : Les maquettes on les a faites chez nous parce qu’il y a plein de trucs électroniques qu’on peut faire dans notre maison.
Gwen : Ce qui fait qu’on a appris un peu à enregistrer chez nous…
Paco : Par exemple, sur les guitares électroniques, on a un son qu’on arrive pas à produire. On a essayé en studio mais c’est pas la même chose. On préfère le son hyper sec, qu’on a sur le petit ampli de merde chez nous en fait.
Simon : Cela dit, on aime beaucoup l’énergie qui se dégage des studios. Mais chez nous, il y a souvent des erreurs et les accidents et c’est un peu ce qui nous crée nos chansons en fait.
Le groupe alterne donc entre des sessions au studio et leur maison.
Simon : Au Hameau, on est comme à la maison : on dort sur place, on reste plusieurs jours d’affilée. C’est comme chez nous, sauf que c’est cadré et qu’il y a une autre énergie qui se dégage.
Aurélien : Ce qui est cool c’est que Julien Trimoreau, notre ingé son, il a plein d’idées trop stylées.
Paco : On veut pas d’un disque parfaitement produit, on voudrait quelque chose qui nous représente vraiment à l’instant T. Du coup, l’ingé son fout des micros dans les cages d’escaliers pour pouvoir capter des ambiances, et qu’à la fin l’album ait une âme… du moins on espère !
Aurélien : On avait enregistré des batteries de studio classique, et on a fini par toutes les réenregistrer là-bas. Parce qu’il y avait un son qui était tellement personnel et hyper fin. Et c’est trop bien, ça change vraiment tout !
Paco : Ce qui est marrant c’est que dans la pièce où Jim fait de la batterie, il y a un piano. Et l’ingé son a laissé la pédale sustain, ce qui fait que quand Jim finit de jouer de la batterie, toutes les cordes du piano se mettent à vibrer, ça fait un son de dingue ! »

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Malgré ces subtilités de son, We Are Match veut garder l’album très simple.
Paco : On essaye que la base de l’album soit hyper accessible, et les détails c’est pour les gens comme nous : ceux qui prennent le temps d’écouter au casque, pour qu’ils essaient de capter toutes les petites finesses.
Aurélien : T’as l’impression que c’est hyper simple en surface, et plus tu l’écoutes, plus tu découvres des petits trucs qu’on a cachés.
Paco : C’est ce que nous on a adoré en grandissant avec des albums : de pouvoir redécouvrir au fur et à mesure des écoutes. On essaie de rester dans cette lignée, parce que c’est pour ces raisons qu’on s’est mis à faire de la musique.
Gwen : C’est ce qui s’est passé sur l’EP : on a tous mis notre patte, et maintenant quand on écoute les chansons, on reconnaît chaque détail, et comment c’est arrivé. C’est vachement important que tout le monde soit sur l’album, c’est par les détails qu’il se différencie.
Paco : A la fin, on a envie que l’album sonne comme si on l’avait enregistré en un aprèm, sans trop se prendre la tête alors qu’il y a eu pas mal de réflexions. Mais c’est de la bonne réflexion : c’est apprendre à garder ce qui est vraiment essentiel dans notre musique. »

Réclame

We Are Match seront en concert le 10 septembre avec Liam Finn à la Plage Glazart
Lire l’interview de Liam Finn
Lire le live report de We Are Match au Nouveau Casino


Remerciements : Quentin Dubass :)

Catégorie : A la une, Entretiens
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