eels et Le Prince Miiaou pour le festival Days Off

Pour la dernière soirée du festival Days Off, mais aussi le dernier concert de musique actuelle à la Salle Pleyel – avant le déménagement pour la nouvelle Philarmonie-, la Cité de la Musique a choisi d’inviter eels. Avec The Cautionary Tales of Mark Oliver Everett, le groupe vient démentir le Wonderful, Glorious paru l’année dernière. Comme si ces nouveaux récits dévoilaient le Mr Hyde de Mr E… En première partie, un artiste tout aussi personnel venait livrer un nouvel album : Le Prince Miiaou.

Le Prince Miiaou

Difficile de faire du rock dans une salle assise, mais Maud-Elisa Mandeau paraît toujours aussi à l’aise, peu importe la configuration qui se présente à elle. Au fil des albums, Le Prince Miiaou a revêtu différentes pelures, et après un Fill The Blank With Your Own Emptiness parfois un peu indulgent, c’est la tête fièrement dressée que cette jeune artiste présente son Where Is The Queen. Un album intransigeant, qui s’écrit d’une rage digne, qui partage ses angoisses sans chercher à attirer l’attention, mais qui force le respect… voire coupe un peu le souffle.
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eels



Années après années, albums après albums, Mr. E aura toujours réussi à surprendre son petit monde. Après une tournée où le jogging et les guitares crissantes étaient de rigueur, eels débarque en costard à carreaux dans un conte de Noël. Piano droit, xylophone, Glockenspiel et contrebasse tapisse une introduction sur ‘Where I’m At’, déchirée par la voix grave de Mark Oliver Everett.

La foule, rompue aux facéties de Mr. E, guette Knuckles… mais le batteur attend patiemment derrière ses percussions. Non, les comptines n’exploseront pas ce soir. The Cautionary Tales of Mark Oliver Everett ne mentaient pas : la soirée s’annonce chargée d’angoisses et parsemée d’humour grinçant. Après un album débordant d’énergie positive, Mr. E compense avec de lourdes confidences. Son chant déraille légèrement, on le voit même essuyer une larme après ‘A Line In The Dirt’ portée par mélodica et trompettes.

Mais Mr. E n’est pas du genre à s’imposer, et le plaisir de partager l’emporte rapidement : le groupe se lance dans une compilation qui revisite la longue discographie. Et contrairement à ses pirouettes de concert habituelles, les arrangements sont proches des originales. Pour la première fois, la foule reconnaît la fameuse ‘My Beloved Monster’ dès les premières notes et peut enfin reprendre ‘I Like Birds’ en chœur.

Alors que Mr. E se sent fléchir sur ‘Gentlemen’s Choice’ et ‘Mistakes of My Youth’, qui, remplies d’auto-dénigrement, contemplent le suicide, le compositeur relève la tête et annonce plein d’espoir : « Anything is possible. Even a loser like me can play in a nice place like this ». Pour remercier son public de lui être fidèle depuis bientôt 20 ans, il décide de descendre pour faire des câlins à la foule.

En soutien, par respect, ou par envie de participer à un élan émouvant, le parterre se lève, les fans se rapprochent timidement de la scène, les couples commencent à danser. Et pour clore l’enchaînement de rappels, Mr. E. choisit par humilité de finir sur des reprises de Elvis Presley et Nilsson. Un concert plein d’émotion, qui rappelle sa tournée Blinking Light & Other Revelations, résolument la plus personnelle de toutes. Encore un concert de eels dont on ne sort pas indemne.
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Remerciements : Hamid (Cité de la Musique)

Catégorie : A la une, Concerts
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