Babyshambles au Zénith

Peter Doherty n’en a jamais fait qu’à sa tête. En 2009, le héros des Libertines tentait l’affaire en solo avec ‘Grace/Wasteland’, (pourtant enregistré avec les Babyshambles). Et depuis quatre ans, c’est seul qu’il bookait les Flèche d’Or et autres Bus Palladium pour des concerts impromptus. Quand soudain, sans prévenir, il déterre son groupe avec un excellent Sequel to the Prequel. Donc même si ce gamin capricieux commence à taper sur le système, on se devait de venir au Zénith ressentir toute l’énergie contenue dans cet album.

img_518042dbd8604.Babyshambles - Image

Après trente minutes d’attente, l’ingé son – qui ressemble à un ancien des Sex Pistols, monte le son, comme pour mettre la pression à l’idole cassée. Peter Doherty fait son apparition en costard débraillé, et bien entendu complètement déchiré. Massacrant ses singles ‘Delivery’ et ‘Nothing Comes To Nothing’ dès le début du concert, on s’attend à tout moment à ce qu’il considère le concert fini et se tire. D’autant plus que le Zénith est loin d’être complet.

Mais comment partir devant une telle ovation du public, mêlant autant de costumes que de baskets. Dans la fosse, on s’en fout des fausses notes, des rythmes pas en place : la foule est prête à tout pour se défouler, slamant même sur les plus lentes comme ‘Farmer’s Daughter’. La mentalité punk transpire de ce set, l’anarchie régnant même sur les accords de guitare.

Peter Doherty titube, tel un Charlie Chaplin, qu’on oscille entre rire et larme. Il n’arrive pas à suivre, complètement à côté de la plaque, et les roadies se transforment en baby-sitter, se retrouvant à rattraper une guitare balancée de l’autre côté de l’immense plateau. S’il semble chanter une autre chanson que le groupe, il a pourtant la lucidité de demander de monter le son de la batterie ou de répondre en français au public qui réclame ‘Fuck Forever’. Il arrive même à reprendre seul à la guitare acoustique ‘What a Waster‘ des Libertines.

C’est à croire qu’il fait le pitre pour se cacher. Ou alors parce qu’il sait pertinemment que ce personnage déglingué est nécessaire : personne ne ferait attention à ses projets si ce n’était pour le fou qui balance des seringues de sang sur les caméras. En somme, ce très bon Sequel to the Prequel a dû être torché en une nuit, le songwriter a même dû s’ennuyer à le composer…

Ce n’est qu’un prétexte pour retrouver la chaleur des projecteurs. Certes, Peter Doherty affirme qu’il ne voit plus aucune utilité aux concerts puisqu’il a désormais trouvé l’amour. Sauf qu’en dehors des jeunes filles qui se donnent à lui, l’enfant terrible a besoin de cette adulation de la foule. S’il angoisse à l’idée de monter sur scène, il fait partie de ceux qu’on a du mal à déloger une fois le show fini.

Ce génie du rock est fatiguant, car son manque de confiance en lui le pousse à se démonter avant chaque concert, et à inlassablement détruire ses compositions sur scène. Et c’est douloureux de regarder ce gâchis opérer sous nos yeux.

YouTube Preview Image

Réclame

Sequel to the Prequel, le troisième album des Babyshambles, est paru chez Parlophone (ex-EMI).
Babyshambles seront en concert le 22 octobre pour le festival Pression Live !


Remerciements : Gérald Le Magnifique

Catégorie : A la une, Concerts
Artiste(s) : ,
Salle(s) :
Production(s) :
Ville(s) :

4 réactions »

  • Gagne tes places pour le Festival Pression Live | Le Transistor :

    […] Les Babyshambles, on les a vus la semaine dernière. Et vu comment le Zénith était pas rempli, on se dit que t’y etais pas, alors que Peter Doherty, oui. Certes, il était déchiré mais surtout bien imbibé de l’esprit punk. Et comme Sequel to the Prequel est un sacré bon album, on te donne une deuxième chance de le découvrir en live. Les Naive New Beaters est réellement un groupe à voir en live. Peu importe ton humeur de la journée, tu te retrouves instantanément à bouger ton bassin. En grands adeptes de La Onda, on est allés jusqu’à Barcelone pour les voir ! En plus, en guest star y a Mickey… La Femme, c’est bien simple : on est fan. Et on a remarqué à Rock en Seine qu’on était loin d’être les seuls ! On n’avait jamais vu la cascade aussi blindée : ils ont même pu surfer la foule avec une vraie planche ! A refaire donc ! Alexis and the Brainbow, on ne connaît pas encore mais justement on a bien envie d’aller voir ce que ça donne. On en a entendu du bien… et en plus ils ont gagné le prix Talents du Live 2013. […]

  • Gagne des pass weekend pour le festival Chorus ! - Le Transistor | Le Transistor :

    […] (Rock en Seine 2011), les jeunes Kid Wise (sélectionnés par les Inouïs du Printemps de Bourges), Peter Doherty et ses Babyshambles (au Zénith), Sarah W Papsun et leur Peplum (interview), et le trio fracassant Nasser. Et si vous arrivez à […]

  • The Libertines au Zénith - Le Transistor | Le Transistor :

    […] Doherty se soit pointé à 21h25, soit 10 minutes à peine avant de monter sur scène. Et surprise, un an presque jour pour jour après l’avoir vu tituber sur cette même scène avec les Babyshamble…, il tient debout ! Malgré tous les efforts pour discerner des musiciens cachés ou un possible […]

  • Carl Barat and The Jackals à la Maroquinerie - Le Transistor | Le Transistor :

    […] Let it Reign, le premier album de Carl Barât & the Jackals, est paru chez Cooking Vinyl. Lire le live report de The Libertines au Zénith Lire le live report des Babyshambles au Zénith […]

Et toi t'en penses quoi ?

Plugin from the creators of iPhone :: More at Plulz Wordpress Plugins