Les inRocKs Black XS – le lundi à l’Olympia

Pour le final du festival des inRocKs Black XS, l’Olympia a eu droit à une programmation très féminine. Pour les femmes qui aiment les femmes, les hommes qui aiment les femmes et les femmes qui aiment les hommes qui aiment les femmes qui aiment les femmes… Et les autres aussi. Les inRocKs avaient choisi de clore le festival avec EMA, les Dum Dum Girls, Le Prince Miiaou et Anna Calvi.

EMA

Ce soir, c’est Erika M Anderson qui ouvre le bal. Cette artiste originaire de San Francisco opère sous le nom d’EMA pour livrer un rock mâtiné d’électro, parfois country, parfois grunge. C’est clairement du chick rock inspiré des 90s, mais c’est une réelle puss in boots – un félin bien culotté. Elle plonge rapidement la salle dans une ambiance sombre, avec des paroles répétitives pour souligner l’intensité. Elle essaie d’exprimer la douleur, celle qui pousse à la folie. Pendant que le violon électrique part en vrille, elle multiplie les gestes brusques puis fait lourdement tomber le micro en guise de final. Malgré la performance, on a du mal à croire à la sincérité de la chanteuse – ou est-ce à cause de ce déjà-vu qui tenaille ?

Dum Dum Girls

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Dee Dee et ses girls sont de retour en France. Toutes en jambes, elles assènent leur twee-pop sur fond de batterie punk. Le son laisse à désirer, multipliant les larsens, mais ça pourrait être un effet de style, tant le premier album, I Will Be, se voulait rugueux. Peut-être pour contraster avec les paroles naïves et les mélodies simples ? Les quatre jeunes femmes feraient une belle pub pour des collants, si ce n’était pour leur prestation glaciale. On a beau savoir que leur leader est maladivement timide, on ne se sent pas concerné. Les ballades s’enlisent et les seuls morceaux sur lesquels on a envie de se lâcher sont écourtées… Et aussitôt finies, les chansons s’évaporent, la sur-réverb laissant un vieux goût dans la bouche.

Lire l’interview des Dum Dum Girls

Le Prince Miiaou

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Premier Olympia pour Maud-Elisa, la tension est palpable. Mais dès qu’elle commence à s’acharner sur cette pauvre caisse claire pendant ‘J’ai Deux Yeux‘, l’anxiété fait place aux frissons. Sur ‘Be Silent‘, elle se libère de ces murmures, de ces fantômes qui empêchent de dormir. Défiante, elle frappe son instrument pour les faire fuir, prouver qu’elle n’en a pas peur. Entre deux chansons, elle désamorce la bombe en se confiant au public, elle avait en effet prévu une choré mais s’est dégonflée. Car malgré les thèmes inquiétants, les mélodies n’en sont pas moins entraînantes.

Un réel lien se crée avec le public, qui se sent libre de lui parler, de la rassurer. Pour remercier la foule, Maud-Elisa livre son tout premier morceau composé, ‘Frénésie Horizontale‘ – sur laquelle le violoncelle vient souligner l’obscur rêve qu’elle décrit. Elle désarme par la détresse qu’elle retranscrit, puis fait sourire avec ‘Football Team‘ en chaussant ses lunettes de ski orange.
Elle alterne douceur et brutalité sur ‘Hollow Hero‘, puis, après avoir foutu tout le monde à terre avec son ‘No Compassion Available‘, elle balance des flûtes dans l’assistance pour l’accompagner sur ‘Turn Me Off‘. A défaut de siffler, la foule l’applaudira en rythme. Elle finira sur ‘We Both Wait‘ une berceuse qui confirme sa facette femme-enfant. Le public la remercie chaleureusement pour autant d’honnêteté.

Lire l’Interview du Prince Miiaou

Théodore Paul Et Gabriel

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Devant le rideau rouge, on retrouve quatre très jeunes musiciens. Trois adolescentes et un batteur encore imberbe en costard. Ce groupe de rebelles au look The Kooples arrivera en trois chansons à peine à conquérir le public. D’une voix éraillée, les ballades sont bien menées, on attend d’en savoir un peu plus.

Anna Calvi

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Pour clore cette soirée avec classe, les inRocKs ont choisi Anna Calvi, qu’ils avaient révélé lors de la dernière édition du festival. Sur album comme sur scène, la Britannique impressionne. Seule avec sa guitare, droite et impassible, Anna débute son set par un solo ‘Rider To The Sea‘ – mettant en valeur sa technique unique. Car en bonne autodidacte, Anna Calvi n’a jamais cherché à recopier.

Tout dans son jeu intrigue, fascine. Habillée tout de rouge, les cheveux tirés en arrière, sa rigueur se rapproche plus du toréador que de la danseuse de flamenco. Elle implore qu’on l’enlace sur ‘No More Words‘, puis se ravise sur ‘BlackOut‘. C’est elle qui contrôle sur ‘I’ll Be Your Man‘, puis elle se laisse aller à rêver sur ‘Suzanne and I‘. Elle séduit en parlant de désire, de passion, de feu dévorant mais impose cette distance… telle une sirène qui ensorcelle mais qu’on atteindra jamais.

Ce combat à mort, qui est livré sous nos yeux, est pourtant pour la plus noble des causes. On le comprend enfin sur ‘Love Won’t Be Leaving‘. Anna Calvi se bat pour l’amour : si jamais elle devait descendre aux enfers chercher son âme sœur, jamais elle ne se retournera, elle ne se laissera pas tenter tant elle est décidée.

Anna Calvi finira son concert en faisant trembler les murs de sa voix sur ‘Jezabel‘. Cet hommage à Edith Piaf est parfait pour remercier la France du soutien qu’il lui a apporté tout au long de cette année. Et malgré les ovations de la foule, Anna quittera humblement la scène. Quelle classe !

Lire l’Interview d’Anna Calvi


Remerciements : Christophe (Domino)

Catégorie : A la une, Concerts
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