The Jon Spencer Blues Explosion à la Gaîté Lyrique

On s’habitue petit à petit à voir du rock’n roll à la Gaité Lyrique. Finalement, cette salle cubique, moderne et presque froide s’associe à tous les styles, ne serait-ce que pour ses qualités acoustiques. Ca tombe bien, ce soir ça va sonner. Les New-Yorkais de The Jon Spencer Blues Explosion viennent nous faire humer un brin de leur dernier album ‘Freedom Tower (No Wave Dance Party 2015)‘. Et ça sent la déclaration d’amour à leur ville. Avec Gemma Ray en première partie pour ouvrir le bal.

Gemma Ray


Regard de braise, style fifties tendance riot-girl, guitare jazz customisée, couteau de boucher coincé dans le vibrato… L’anglaise Gemma Ray en jette. Elle assure une première partie classieuse entre rock, blues et folk, avec reverb à ressort et vibrato à gogo. Seulement accompagnée d’un batteur, elle défend délicatement des chansons qui nous envoient au fin fond des sixties : Nancy Sinatra ou Dusty Springfield ne sont pas loin. Mais Quentin Tarantino non plus, surtout lorsqu’elle frotte enfin sa lame contre ses cordes. On a passé un bon moment, mais on aurait aimé qu’elle envoie davantage de bois.

The Jon Spencer Blues Explosion


Derrière le groupe, l’écran géant annonce la couleur : La star du show de ce soir n’est pas le trio The Jon Spencer Blues Explosion mais bien New-York City. Le leader Jon Spencer sature déjà son micro et assène ses riffs au beau milieu de vidéos rendant hommage à un NYC arty et rock’n roll : ses New-York Dolls, son De Niro, son Warhol, son Basquiat, sa skyline, son feu CBGB… Mais la visite guidée n’est pas que nostalgique : elle passe aussi par la nouvelle Freedom Tower, bien mise en avant, notamment sur la veste en jean de Jon Spencer en personne.

Freedom Tower‘ c’est aussi le nom du dernier album, dont quasiment tous les titres seront joués ce soir. Mention spéciale à ‘Funeral‘, ‘Do the get down‘ ou ‘Wax Dummy‘ pour leurs gimmicks de guitare cradingues qui s’incrustent dans le crâne.

Le blues-rock énervé du JSBX fait comme toujours quelques entorses au règlement : le chant de Jon Spencer tutoie le rap, tandis que la batterie tend parfois vers le big-beat. Hurlant régulièrement ‘Freedom Tower‘ ou simplement ‘New-York City’, il s’énerve sur son theremin, se tord dans tous les sens autour de sa guitare et laisse parfois le batteur Russell Simins s’égosiller à sa place.

Lors du rappel, Jon Spencer se sert de sa veste pour essuyer sa sueur dégoulinante. Le JSBX a fourni une grosse prestation sans temps mort, bien sale et sauvage, ce qui était moyennement le cas du public, plutôt éteint par rapport aux efforts du groupe. Mine de rien, le spectacle était également au fond de la scène, sur le magnifique écran de la Gaité Lyrique présentant épileptiquement des visuels hyper léchés sous forme d’ode à la Big Apple. Quelque part, on se serait presque cru au ciné à mater un vieux Scorsese, avec une bande-son d’enfer.

Réclame

Freedom Tower – No Wave Dance Party 2015, le dixième album de The Jon Spencer Blues Explosion (environ), est paru chez Differ-Ant.
Lire le live report de The Jon Spencer Blues Explosion au This Is Not A Love Song Festival
Leur tournée européenne a été annulée peu après ce concert. Pour l’instant, le trio est rentré à NYC, pour raison de santé.


Remerciements : Michel [Fargo Mafia]

Catégorie : A la une, Concerts
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