Les inRocKs VW – Tindersticks, Lambchop, Daughter et Mermonte

La troisième soirée du festival des inRocKs Volkswagen se déroulait à la Cigale. Ce soir, le but du programmateur était clairement de nous faire verser notre larme avec les bouleversants Daughter, l’émouvant Lambchop et les classieux Tindersticks. Avec en prime, Mermonte, les gagnants inRocKs Labs.

Mermonte

Mermonte au festival des inRocKs Volkswagen par Olivier Hoffschir

Mermonte au festival des inRocKs Volkswagen par Olivier Hoffschir

Quand les Rennais se déplacent, c’est en bande, puisque sur scène, ils sont pas moins de dix musiciens : au centre, les deux batteries se font face, encerclés par les cinq furieuses guitares, les mélancoliques cordes et le clavier pour une touche de magie. C’est au moins ce qu’il faut pour porter cette pop aux structures complexes, ces expérimentations proches du post-rock, cette douceur fracassante. Tout à fait réjouissant !

Mermonte by Mermonte

On a hâte de les voir aux Trans Musicales et au Café de la Danse avec Efterklang le 13 décembre.

Daughter

Daughter au festival des inRocKs Volkswagen par Olivier Hoffschir

Daughter au festival des inRocKs Volkswagen par Olivier Hoffschir

Dans un français impeccable, Igor Haefeli nous explique que c’est le premier concert de Daughter à Paris. Et vu leur set, c’est le premier d’une longue série.
His Young Heart EP by Daughter

Au début, Daughter fait un peu peur : le guitariste massacre un archet sur sa guitare électrique, et Elena Tonra, le visage mangé par sa frange, commence à se torturer avec une chanson rongée de jalousie. Mais petit à petit, on rend les armes : les boucles enivrantes, portées par les chœurs légers, fascinent telles des flammes sur ‘Candles’. La batterie, en retrait, est prenante mais pas oppressante et le chant est loin d’être larmoyant… Tout juste projeté avec précaution pour ne pas tomber dans le pathos.

“If you’re still bleeding you are lucky cause most of our feelings they are dead” on a entendu ces paroles des milliers de fois, mais jamais autant assumées, jamais avec autant de sincérité. Et à la fin du set, on se dit que c’était bien trop court.

Lambchop

Lambchop au festival des inRocKs Volkswagen par Olivier Hoffschir

Lambchop au festival des inRocKs Volkswagen par Olivier Hoffschir

On attendait le groupe de Nashville avec une boîte de mouchoirs ! Pour le dernier album, Mr. N, Kurt Wagner s’était lancé à un hommage à Vic Chesnutt et on aimait la simplicité avec lequel Lambchop approchait ce thème, sans chercher à alourdir la musique avec le poids du deuil.

Sur scène, le groupe est positionné en arc de cercle, comme si la place au centre était réservée au disparu. Tout doucement, la musique monte et après un léger signe vers le public, Kurt Wagner commence sa mélopée. Méticuleusement, les musiciens se mettent à l’ouvrage, mais leur travail est imperceptible, car il faut réellement tendre l’oreille pour entendre quelque motif que ce soit. Ce qui fait que la salle n’ose bouger, à peine applaudir.

Le set s’anime de quelques titres comme le précieux ‘Gone Tomorrow’, le décalé ‘If Not I’ll Just Die’ et le fameux ‘Mr Met’, mais les mélodies laissent un sentiment de vide. On voit bien Kurt Wagner dévisagé par l’émoi, on croit même voir des larmes couler, mais l’ensemble est bien trop solennel.

Le public écoute, attentif, mais ne s’anime pas, et la pile de feuilles contenant accords et paroles aux pieds du chanteur donnent un côté leçon à ce concert. ‘The New Cobweb Summer’ viendra alléger l’atmosphère sur la fin, mais on replonge dans ce lac sans vague sur ‘Nice Without Mercy’ pour clore hâtivement le set.

Tindersticks

Tindersticks au festival des inRocKs Volkswagen par Olivier Hoffschir

Tindersticks au festival des inRocKs Volkswagen par Olivier Hoffschir

La dernière fois qu’on les avait vus, c’était sous un parapluie, les pieds dans la boue, au festival Beauregard. Et clairement, Tindersticks n’est pas un groupe de plein air : dans une salle, les volutes de son prennent forme, survolent la salle avant de disparaître en fumée. Ici encore, le dernier album, The Something Rain, traite du deuil, mais de manière peut-être plus personnelle : chacun des musiciens y a mis de ses sentiments. Personne ne prend un air affecté, c’est un ressenti commun, qui devient touchant car tout le monde a déjà vécu une perte.

Difficile de rester impassible face à Stuart Staples, son sérieux, sa présence, son implication. Il est tellement concentré, qu’il ne semble pas voir le public, et pourtant n’a jamais été aussi connecté. Les assourdissant vivas viennent bientôt clore l’inextricable ‘This Fire Of Autumn’, ouvrant sur ‘A Night So Still’ qui agit comme un sortilège, avec sa montée de cuivres plus que prenante.

Mais on ne fait pas que se prendre le cœur dans un étau musical, on danse aussi sur fond de blues sensuel avec ‘I Know That Loving’. Et la réverbération dégoulinante de ‘Frozen’ n’empêche pas de surprendre deux énormes larmes rouler sur notre joue. C’est là le secret de Tindersticks : malgré le sax et les cloches de ‘Come Inside’, leur son ne sonne jamais kitsch. Car la pureté de l’intention de leurs morceaux dépasse la forme.

Lire l’interview de Tindersticks à propos de The Something Rain


Remerciements : Abigail (Les inRocKs)

Catégorie : A la une, Reportages
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4 réactions »

  • Primavera Sound ou le parcours du combattant | Le Transistor :

    […] Natives (interview). A partir de minuit, Le Transistor se dirigera vers la scène Vice pour revoir Daughter (qui nous avait fait frémir au festival des inRocKs), qui joue en même temps que James Blake (festival des inRocKs) et les punks de Neurosis (qui […]

  • Rock en Seine 2013 – Jour 1 | Le Transistor :

    […] Ce qui frappe en premier chez Daughter, c’est cette voix. Il en émane comme une force, émouvante sans pour autant paraître fragile… Pourvue d’une délicatesse soutenue par une légère réverbération. Les boucles folk s’en mêlent, soulignant une vulnérabilité, une mise à nue. La foule semble touchée par la sincérité d’Elena Tonra. On l’écoute raconter ses peines, et on observe son chagrin se transformer en poésie mélancolique. Une esthétique à la Laura Marling en plus risqué. Lire le live report de Daughter au festival des inRocKs VW […]

  • Le Transistor | Le Transistor :

    […] B. Le groupe est aussi programmé aux festival Papillons de Nuit et les Vieilles Charrues. Lire le live report de Mermonte au festival des inRocKs VW Lire le live report de Mermonte aux Trans Musicales […]

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