Bilbao BBK Live – premier volet

Pour changer un peu d’air, pour trouver le soleil, pour la programmation alléchante, Le Transistor est parti en Espagne pour le Bilbao BBK Live. Un festival dans le pays de la fête ! En vrac, y’avait : Radiohead, The Cure, Bloc Party, Band of Skulls, Noah & the Whale, les Mumfords & Sons, The Maccabees… et bien d’autres !

Band of Skulls

Le premier jour, on s’est un peu loupé. En fait, on avait pas prévu qu’il y aurait autant de queue pour les navettes, du coup on a loupé Band of Skulls, c’est dommage parce qu’on sait ce qu’ils rendent en live, et on aurait bien aimé les revoir.

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Lire l’interview des Band of Skull

The Maccabees

Pas grave, on a enchaîné sur The Maccabees. Là l’ambiance était un peu bizarre, parce qu’autant en France, les artistes anglo-saxons nous reprocheraient limite d’être trop calmes, autant en Espagne, personne ne se gêne pour papoter bien fort, comme si le groupe était juste un DJ en fond sonore. D’un autre côté, le groupe a pas réellement cherché à s’imposer. Le public sautille de temps à autre, on se laisse un peu prendre par ‘No Kind Words’, puis on a l’impression que le concert va décoller sur ‘Go’… mais les effets de lumière – alors qu’il fait encore jour – sur ‘William Powers’ tombent à plat.

Certes, on est encore en échauffement de festival mais la foule applaudit presque poliment. Il faut attendre ‘Can You Give It’ pour que le public commence à se bouger et se mette à balancer de la bière (une expression de joie apparemment). Ce tournant ne veut pas dire qu’ensuite on s’est éclaté, mais au moins, le public était un peu plus attentif.

The Cure

Trois heures de The Cure, ça peut être long. Mais quand en plus ils ont du retard, et qu’on attend qu’une chose : c’est qu’ils finissent pour pouvoir enchaîner sur Bloc Party… Par contre faut reconnaître qu’ils ont la classe : après 30 minutes d’attente, non seulement Robert Smith est venu en personne expliquer la raison (et en espagnol), mais en plus, il s’est fendu de jouer trois morceaux en unplugged pour faire patienter le public. Heureusement que le problème technique (un clavier défectueux) a été réparé parce que ‘Boys Don’t Cry’ en acoustique, c’est pas trop ça.

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Bloc Party

Oui on est crevé à cause du trajet pour venir jusqu’en Pays Basque (ça plus les litrons de San Miguel qui se déversent dans nos verres) mais on ne pouvait pas louper Bloc Party. A peine la dernière note du rappel de The Cure jouée que la deuxième scène explose : on se rue vers la lumière pour se faire inonder de leur électricité.

Le groupe slalome entre nouvelles chansons et répertoire établi, mais c’est quand Silent Alarm se fait sentir que la foule sombre dans l’hystérie. La déchirante ‘Positive Tension’ est alors enchaînée par ‘Real Talk’, une nouvelle chanson. On chute de haut avec ‘Song for Clay (Disappear Here)’, rattrapés de justesse par les souvenirs liés à ‘Banquet’… Dans ce grand huit émotionnel, ‘Octopus’ sera imprimé dans nos tympans pour toujours. On a hâte d’écouter Four !

Here We Are’, ‘One More Chance’, ‘Modern Love’… Kele ne nous épargne pas. On se soulève alors, les pieds endoloris par la violence de la fosse, mais c’est le poing levé qu’on aborde ‘Ares’. On fait la paix sur ‘Flux’ et on se sépare, le sourire aux lèvres sur ‘Helicopter’. On se retrouve sur le pavé à compter nos blessures de guerre, rompu mais heureux. Ca valait le coup d’attendre… Et on a nos bleus pour prouver qu’on y était !

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Noah & The Whale

On avait été très surpris par le dernier album Last Night On Earth l’année dernière. Bien moins subtil que The First Day Of Spring, un tournant pop presque choquant. Aussi quand on a l’occasion de voir sur scène le mélange de la légèreté des premier albums avec les grosses ficelles du dernier, on ne va pas se priver. Ainsi, ‘Give A Little Love’ est très mignon, avec une jolie improvisation de violon, puis ‘Rocks and Daggers’ part en gigue et la folk se réapproprie son sens premier…

Puis débarque ‘Waiting For My Chance To Come’ avec ses gros sabots. En même temps, on a beau être réfractaire à la pop évidente, ça ne nous a pas empêché d’être conquis par cet album. Au contraire, on a repéré tous les pièges, ils arrivent tout de même à nous faire tomber dans le panneau : on ne peut donc que saluer nos adversaires bien bas.

Donc on se laisse porter par la jolie ballade ‘Old Joy’, qui laisse un vieux goût de chanson pour midinette, surtout quand on jette un coup d’œil à Charlie Fink. Et finalement on cède sur ‘Tonight’s The Kind Of Night’, même si quand le chanteur monte sur les retours on a l’impression de voir un représentant en machine à laver nous faire son speech. On revient à des anciennes mélodies plus gentillettes, avec ‘5 Year Time’, et on finit sur ‘L.I.F.E.G.O.E.S.O.N’ repris en chœur par le public – avec le côté feel good qui rappelle I’m From Barcelona (interview). Oh et puis pourquoi se priver ?

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Mumford & Sons

Sur la grande scène, Mumford & Sons semble avoir réussi en un album ce que les Noah & the Whale peinent à accomplir en trois albums. Ou alors c’est parce qu’ils prennent plus de place avec tous leurs instruments ? Alors oui, c’est très bien exécuté, les instruments classiques se mêlent élégamment aux guitares électriques et au banjo. C’est très joli, c’est même parfois dansant mais ça devient en fait assez pompeux et répétitif. Et le nouvel album, Babel, qui se profile au gré des quelques chansons présentées, ne semble pas réellement annoncer un tournant décisif dans leur discographie.

Ce qui sauve le concert : Marcus Mumford qui tente très maladroitement de parler espagnol. Mais de toute façon, le public a l’air de passer un bon moment avec les mecs qui se prennent par les épaules sur ‘Winter Winds’, comme à un match de foot.

Radiohead

Un concert de Radiohead ça se raconte pas, ça se vit. Ce sont des bribes de miracles ici ou là qui rythment le set : c’est ‘Pyramid Song‘ qui annonce une douce décade, c’est ‘Reckoner‘ qui vient sublimer le moment, c’est chanter ‘Karma Police‘ bras dessus bras dessous avec des amis et voir que Thom Yorke prend plaisir à la jouer… c’est sentir de timides gouttes de pluie rafraîchir la nuit sur ‘Paranoid Android’… « Come on rain down on me » et même les éléments leur obéissent.
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Remerciements : Stephane Merlin et Christophe Cassan

Catégorie : A la une, Concerts
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2 réactions »

  • Rock en Seine 2012 – premier jour | Le Transistor :

    […] Donc on gardera en tête leur époustouflante performance au Bilbao BBK Live en attendant février 2013 pour leur Zénith => lire le live report de Bloc Party au Bilbao BBK Live […]

  • Bloc Party à l'Alhambra - Le Transistor | Le Transistor :

    […] le cinquième album de Bloc Party, est prévu pour janvier 2016 chez PIAS/Cooperative. Lire le report de Bloc Party au festival BBK Lire le report de Kele Okereke à Rock en Seine Lire l’interview de Justin Harris pour […]

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