Ô Raison Funèbre, Ô Range Ennemie

NRJ. Orange. Je répète. NRJ. Orange. Voilà. Puisqu’il fallait citer les marques, je l’ai fait.
NRJ et Orange avaient donc loué ce mardi le Casino de Paris avec Muse dedans. J’ai envie de dire : évènement. Un des rock-bands majeurs des années 2000 avec, sur scène, de l’NRJ énergie à revendre, dans une des plus prestigieuses salles de concerts en France. Merci NRJ et Orange de proposer ça à quelques fans clients privilégiés.

Bellamy (c) Mojo-jo-jo

Bellamy (c) Mojo-jo-jo sur Flikr

Billet sponsorisé

Peut-on encore douter de l’étiquette commerciale collée à un artiste quand celui-ci accepte de participer à un évènement Orange ? Certes, il faut bien trouver un moyen de faire du pognon puisque ces jeunes saligauds nous volent notre musique, mais quand on fait 2 dates au Stade de France, a-t-on besoin de faire les fonds de tiroir ? Ou alors, ce serait leur tournée avec U2 qui leur a monté la tête ? Sans oublier la B.O. de Twilight – mièvre à souhait, cela s’entend – pour faire bonne mesure.

Mais finalement c’est aussi ça Muse : un bon fond (de tiroir), de bonnes idées, mais une forme qui casse tout. Incapables de faire des concerts corrects depuis Absolution –qui n’était déjà presque plus un album correct- le groupe s’enferme dans des délires psychiatriques loin du psychédélisme mélodique et des rythmes tellement plaisants de Showbiz ou d’Origin of Symetry.

Est-ce la mégalomanie de notre cher Bellamy qui lui a fait perdre tout recul sur ses compositions ou les pressions des maisons de disque avec les partenariats ? On est en droit de se poser la question à l’écoute de leur dernier album : un son kitsch qui ne rend pas mieux en live –et les doutes sont confirmés lorsque Matt sort un keytar ! Puis s’amuse avec sa guitare qui lance des lasers (Monsieur se prend pour un Jedi) !!

Tu veux dire pire que OK GO et ses guitares lasers à moumoute ? Depuis que Muse fait subir le ‘Stockholm Syndrome’ à ses fans pour être sûr qu’ils continuent à acheter ce qu’ils appellent des « album », usant de méthodes mélodiques dignes des raëliens ; il est probable que le trio anglais soit devenu, en quelques années à peine, la plus proche allégorie du mauvais goût.

On y est ! Après GreenDay, ils sont mûrs pour une comédie musicale (après tout, tout le monde s’y met, même les Yeasayer qui embauche MGMT et Chairlift !)
Etant fan de Muse, j’ai été plus que déçue en entendant leur dernière galette, The Resistance. Résistance contre qui d’ailleurs ? Bellamy soutenant des théories de complots, comme par exemple le fait nous serions programmés par des aliens pour les servir ou que la famille royale britannique serait en fait des descendants de batraciens, on se demande contre quoi on lève le poing pour ‘Uprising ‘– qui d’ailleurs méritait d’être plus pêchue, le manque de clim l’ayant lourdement enlisée.

Il faut dire que de bêtes de scènes, se sont transformés en bêtes de foires depuis qu’on les aligne tous les trois devant plusieurs dizaines d’autres milliers de bestiaux dans des fermes de 30 à 60.000 personnes comme prochainement au Stade de France… Et puis on ne peut pas vraiment dire que le temps arrange leur affaire… Ils semblent avoir de moins en moins d’NRJ au fur et à mesure des années. A croire qu’ils ont pressé le citron –ou l’Orange– jusqu’à ce qu’il n’y ai plus de jus…

Pour ma part, leur performance scénique ne m’as pas impressionnée. Je ne vois pas de différence depuis 2001 -quand je les avais vus au Zénith-, mis à part que le groupe bouge plus sur scène,  Bellamy se prenait déjà pour une rock star…
Les seules qui m’ont plu sont bien sûr les anciennes: ‘Bliss‘, ‘Plug In Baby‘, ‘Hysteria’ – sur laquelle ils partent en délire hard rock-, ‘Knights of Cydonia’… toutes une par une, ils les ont massacrées. Avant de singer les grands de la musique, ils feraient mieux de maîtriser leurs propres chansons !

Parce que c’est ça aujourd’hui Muse : une méthode bien rodée, calculée et huilée destinée à provoquer l’engouement à la moindre opération. Et ça marche. Chaque apparition du groupe devient un évènement, mise en scène et promo à l’appui. Une belle façon d’aller négocier avec les festivals les 500.000$ habituels demandés pour la moindre apparition. N’est-ce pas là une –plus ou moins- habile manière de conjuguer au futur « Je fais du pognon » ?

La musique est devenue rentable, leur dernier album en est la preuve! Pour reprendre une expression d’un confrère, ‘ils donnent maintenant dans la version générique de Muse’ (oui oui, comme les médicaments, ça coûte moins cher). ‘Starlight’ a été le déclic, c’est le moment où ils ont compris que de faire taper les gens dans les mains, ça permettait de vendre des disques et de passer sur NRJ ! – astuce dont ils ont clairement abusé sur ‘Uprising‘ !

Au final, Muse n’a pas profité de l’intimité d’une petite salle : j’avais l’impression d’assister à la répétition du show au Stade de France… Mais en plus court et plus chaud ! Ca valait le coup! Merci Orange ! Plus loin ensemble !


Remerciements : NRJ & Orange

Catégorie : A la une, Concerts
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5 réactions »

  • benjaminlemaire :

    RT @le_transistor: [Article] Publirédactionnel pas payé : Ô Raison Funèbre, Ô Range Ennemie (Muse) – http://www.letransistor.com/952-concerts

  • Guimauve :

    100 % d’accord, muse n’amuse plus… c’est Queen = U2 réunis… un groupe de stade mégalo…

  • Ces soirées-là | Le Transistor :

    […] Vendredi, la Cigale abritera le mythique dernier concert EVER de Supergrass, le Zèbre accueille Mary’s Dream qui tourne sur les ondes depuis quelques mois déjà et le festival Jalouse se finit au Bus Paladium. Pour les réfractaires à la coupe du monde, rendez-vous à la soirée On s’en Foot de la Maroqu’. Mais on se retrouve tous en fin de soirée à la Machine pour voir The Big Pink à partir de 23h. A noter que Editors seront en première partie de Muse – mais comme on aime pas Muse… […]

  • Le Transistor » 2010 : musique et découvertes :

    […] L’album en téléchargement illégal d’Hanna Les SK*wat Sessions en soutien à Jeudi Noir P20RIS Le concert de Saez qu’on n’a pas vu Le compte rendu à quatre mains de Muse au Casino de Paris […]

  • Cher Emergenza, on vous emmerde | Le Transistor :

    […] Ils organisent des évènements, payent des techniciens, des attachés de presse, artistes et autres acteurs du concert pour proposer au public ce qu’il veut. Ils font tourner une industrie honnêtnant en se donnant bonne image. Et permettent (parfois) de mettre en avant des artistes qu’on aurait pas forcément vu ailleurs et créé le cocon à leur éclosion, ce qu’Emergenza n’a jamais su faire pour aucun groupe en 20 ans. Et malgré ça nous avons été critiques à de nombreuses reprises sur ces opérations de communication parfois maladroites. […]

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