Entretien avec Caravan Palace

Caravan Palace vient de sortir son deuxième album, Panic ! Comme on arrêtait pas de claquer des doigts en l’écoutant, Le Transistor a voulu les rencontrer. On en a profité pour visiter les loges du Trianon, le jour de leur troisième date à guichets fermés. On a papoté avec Charles le contrebassiste et Hugo le violoniste scatman.

Caravan Palace

Après un album classé platine en 2005, et une tournée infinie, les Caravan Palace se sont réattelés à la composition. « C’était pas évident, c’est l’épreuve du deuxième album, donc on a bien réfléchi sur ce qu’on voulait faire. Je pense qu’on avait de toute façon pas envie de faire la même chose. On est partis sur des pistes qui s’éloignaient autant que faire se peut -au départ en tous cas-, de ce qui pouvait représenter pour nous le premier album, de certains travers aperçus quand on ré-écoutait les morceaux. »

Entretien avec Caravan Palace

Entretien avec Caravan Palace

Du coup, chacun s’est réinstallé derrière son ordi, chacun de son côté. « On a essayé de faire des jam sessions et ça marche pas : ça tourne en rond. Ca vire au bœuf qui dure 3 heures : tu trouves plein d’idées mais finalement t’as rien enregistré. Donc après faut tout ré-écouter, faire le tri et en fait… Tu prends autant de temps à le faire toi–même tout seul dans ton coin, à faire ton petit truc que les autres viendront arranger. » De cette manière, ils peuvent développer leurs idées sans se sentir observés. « Les musiques électroniques demandent un peu qu’on soit dans notre coin, c’est une musique de laborantin un peu. Nous on aime bien se retrouver seul et vraiment aller au bout de notre idée, après t’envoies et bon ben non c’est nul bon ben voilà… que quand t’es à plusieurs, tu essaies moins. »

Cette méthode de composition permet de réaliser comme un fantasme. « L’ordinateur te permet d’être le multi-instrumentiste que tu as toujours rêvé d’être. Donc fatalement t’as besoin d’un moment pour essayer tous les instruments que tu aurais envie d’essayer sur ta boucle à toi. Et quand tu es arrivé au bout, c’est aux autres de se marrer. C’est un peu une jam session mais en décalé. Au final, on finit toujours par se retrouver à un moment pour synthétiser ce qui va ou pas, ce qui manque…»

Avec Panic! , Caravan Palace veut prouver peut faire de l’electro-swing autrement. « Je pense c’était un moteur pour nous pour trouver des choses différentes et qui nous excitent. C’est ça qui est important, c’est l’excitation. Si nous on est pas excité, les gens peuvent pas l’être. Je crois qu’un gars qui compose un tube il a des frissons dans le dos, il se dit là je tiens un truc. J’en suis persuadé. Nous ça nous arrive pour ainsi dire jamais. »

Du coup, Hugo et Charles partent en réflexions métaphysiques sur ce que c’est que de composer un tube. « C’est vrai qu’on est toujours insatisfaits. On est quatre, donc y’en a toujours un qui va dire « ce morceau que tu trouves parfait, et ben moi y’a un truc qui me gêne » mais je serai ravi qu’on me dise, telle chanson j’ai l’impression de l’avoir toujours connue, même si c’est pas mon avis.
Charles : Je sais pas quand il arrive ce moment, quand tu sais que tu tiens un tube.
Hugo : On l’a peut-être pas trouvé hein ! peut-être sur le troisième album, y’a un morceau on va se dire clairement « faut plus qu’on y touche », parce qu’on aura trouvé ce qui nous fallait et on brodera notre album autour … Mais on désespère pas que ça nous arrive.
Charles : Je crois aussi que quand tu te focus trop à faire un tube, forcément à la fin ça marche pas et que tu fais un album de demi-tubes.
Hugo : Faut absolument pas focaliser la dessus
Charles : Après le marché forcément, on sait bien : les formats de radio, les machins… on sait à peu près les ingrédients qu’il faudrait mettre dans le morceau pour…
Hugo : Et qu’on met pas forcément.
Charles : parce qu’on cherche pas forcément ça.
Hugo : on voulait être fiers de cet album, qu’on puisse le defendre sur scène pendant deux ans, répondre aux critiques en sachant qu’on y a mis nos trippes dans cet album. Donc fatalement y’a des compromis qu’on a pas voulu faire. Des choses qu’on pas voulu refaire parfois. »

En ce qui concerne la scène, leur réputation les précède. « Certes, le côté impro est un peu escamoté, il existe quand on est en studio, quand on est devant nos ordis mais en soi tout est très cadré. Les samples sont calés sur tant de mesures, après quand ça s’arrête on sait qu’on peut faire un peu ce qu’on veut ou du moins un instrumentiste peut faire ce qu’il veut. Et après ça repart. » Les samples représentent la base de leur son. « Les samples qui sont en album, souvent sur scène – pas forcément à chaque fois mais – on essaie de rejouer dessus… Y’a pas juste un sample comme ça , on réarrange tout en fait avec le violon et la clarinette. On se prend pas mal la tête justement à pas faire la même chose que sur l’album, strictement la même soir après soir. »

Avec ce nouvel album, Caravan Palace aimerait bien s’exporter. « Le swing ça vient des Etats-Unis quand même. Mais on se rend compte cette année, que ce soit à travers The Artist ou nous, ils redécouvrent leur propre culture par le regard de petits Européens. Eux ils ont un peu zappé parce que c’est tellement dilué dans leur culture, que finalement c’est plus vraiment à l’ordre du jour et il retrouve le plaisir d’écouter cette musique. » Déjà, ils avaient noté de bonne réactions auprès du public américain. « On s’est rendu compte avec le premier album que c’était une musique qui leur parlait et dans laquelle ils trouvaient quelque chose qu’ils savaient plus trop faire. Du coup, ça les excitaient un petit peu d’écouter ça. D’ailleurs à certains concerts, dans les yeux des gens, on a vu la même petite flamme qu’on voyait au début en France, lors des premiers concerts. »

Par contre, ils sont conscients que ça prendra du temps. « Exporter un groupe a fortiori français c’est toujours un peu compliqué. Mais ça se fait. Ce qui ressemble à de la copie a beaucoup de mal à s’exporter alors que ce qui est authentique – c’est prétentieux de dire ça, mais – ça a plus de chance de toucher les oreilles des gens à l’étranger. »

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Réclame

Panic! le deuxième album de Caravan Palace est sorti chez Wagram.
Caravan Palace sera aux Caprices festival en Suisse, au festival Django Reinhardt et à Rock en Seine !
Live Report et Photos de Caravan Palace au Trianon


Remerciements : PH (Wagram)

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2 réactions »

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