Kurt Vile au Nouveau Casino

La tournée de Smoke Ring From My Halo se prolonge puisque près d’un an après sa sortie, Kurt Vile, le petit prodige était de retour à Paris. L’ancien fondateur The War On Drugs (qui jouaient la veille pour Les Nuits de l’Alligator) semble donc avoir choisi la bonne voie en se lançant en solo.

Aussi, Kurt Vile démarre seul, les lumières encore allumées comme pour une première partie, avec ‘Can’t Come’. Puis dans un silence presque gêné, les lumières s’éteignent et musiciens arrivent sur scène. En effet, sa guitare et ses pédales ont des limites et pour des besoins scéniques, Kurt Vile s’entoure des Violators, pour que ses morceaux soient à la hauteur des versions studio. ‘Laughing Stock’ en devient encore plus prenante que sur le dernier EP So Outta Reach, grâce à une batterie lourde qui hypnotise.

L’union fait la force ? Ils ont beau être cinq sur scène désormais, le jeu de scène se rapproche de celui d’un mollusque. Kurt Vile doit pourtant avoir un charisme fou de près, parce que entre deux toussotements de fin d’hiver on entend des voix féminines lui clamer leur amour. Pour toute réponse, le songwriter souffle des mots incompréhensibles dans le micro et enchaîne, laissant les grosses réverb prendre le pas sur son set. Caché derrière ses longs cheveux et semblant chanter pour lui-même, il laisse son aura mystérieuse d’incompris agir.

Pour prouver qu’il est au-dessus des jolies lignes de guitare – mais tout de même capable d’en pondre, Kurt Vile tord la mélodie de ‘Jesus Fever’ jusqu’à la déstructuration. Cependant, toute cette dissonance minimaliste lorsqu’il se retrouve sans son armée de Violators, et son chant non maîtrisé sur ‘My Best Friend’ le rapprochent dangereusement de l’antifolk. Il a beau instaurer un moment d’intimité avec ‘Heart Attack’, sur laquelle ses musiciens se retirent pudiquement pour lui laisser l’espace de crier sa peine, les instants les plus prenants seront quand le groupe empruntera les mots de Bruce Springsteen sur ‘Downbound Train’.

Au final, rien ne fera décoller ce concert de rock pour anémiques. Sa nonchalance a beau laisser rêveur la moitié du public, on commence à s’ennuyer à le voir égrener ses chansons. Le public attend sagement que les envolées psyché retombent, avant de le rappeler afin d’avoir le single ‘Baby’s Arms‘, l’aliénante ‘He’s Allright’ et la véridique ‘Smokering For My Halo’. Mais une fois le concert fini, tout le monde repart dans le calme et sans cohue pour vaquer à ses occupations, reprenant le cours des discussions laissées en suspens une heure et demie plus tôt. Techniquement, y’avait plus d’ambiance à un concert d’Angus et Julia Stone – qui portent pourtant très bien leur nom.

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Remerciements : Adrien (Beggars)

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3 réactions »

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