Prewn et Midscale au Pop Up du Label
Attiré par System, un album très personnel et donc très touchant, Le Transistor était au Pop Up du label pour découvrir Prewn. L’artiste Izzy Hagerup présentait son deuxième album, une pop cathartique, intime et mélancolique, conçu comme un « journal privé rendu public ». En première partie, le groupe français Midscale. Dans la salle, heureusement, il fait presque frais malgré la canicule.

Midscale
Midscale déroule un set un peu dream mais solidement ancré rythmiquement avec une batterie forte, presque macabre, et un chant murmuré qui renforce l’impression de rêve éveillé. C’est lancinant et doux à la fois. La musique s’immisce petit à petit, comme une brume qui monte, jusqu’à donner envie aux couples de s’enlacer et de s’embrasser, pendant que le son grandit, emplit l’espace et semble prendre en charge, un à un, les soucis de la journée.
Tout culmine dans un cri qui submerge et lave, parfait exutoire pour un vendredi soir. Par moments, tout part en bidouillages sonores, la batterie revient, puis tout se calme d’un coup : c’est peut-être encore un peu brouillon, mais suffisamment habité pour que le chant viennent tourmenter longtemps après, sans que tu saches s’il est ton allié ou ta conscience.
Midscale vient de sortir un EP, Dread, This Could Save You, et prépare actuellement un album.
Prewn
Izzy Hagerup monte sur scène avec un naturel désarmant, comme si elle débarquait dans le salon d’un ami plutôt que dans une salle parisienne. Dès ‘Easy’, sa voix chaude, légèrement country, accroche l’oreille, tandis que la batterie installe un groove assez solide pour entraîner les premiers mouvements de tête. C’est la première date française de Prewn, mais la connexion est immédiate.
Sur ‘Commotion’, difficile de ne pas penser à Lana Del Rey, dans une version moins grave et plus fragile. Quand Izzy Hagerup susurre « Only in your arms », la salle se tait et retient presque son souffle. ‘Carbon‘ accentue cette tension : la voix se fait plus chevrotante, traversée par un « cold wind », pendant que la batterie martèle le tempo. Le morceau prend la forme d’une longue incantation. Le public crie pour l’encourager lorsqu’elle promet « I’ll be back », sur une boucle lancinante qui frôle la longueur excessive…
Avec ‘Home’, le set revient à un rock très 90s, porté par le refrain « every day I run away ». Ce n’est pas le titre le plus original du répertoire, mais il remplit parfaitement son rôle de chanson refuge, celle que l’on voudrait hurler en chœur. Sur ‘My Side’, un petit loupé technique arrache un sourire, mais le public fait preuve d’une indulgence totale. La chanson se transforme presque en diptyque, reprenant le même thème que la précédente, donnant l’impression de deux morceaux fusionnés, pour le plus grand bonheur de la foule.
‘Ticks’ offre une parenthèse plus douce autour du troublant « so hungry I could die ». ‘It’s Only You’ apporte ensuite une accalmie relative, avant que ‘System’ ne clôture le set principal dans un mouvement collectif. En rappel, ‘Perfect World’ s’ouvre sur un « slowly I’m gonna lie to you » suivi d’un très franc « and I don’t give a damn », laissant le public sur cette note à la fois désabusée et libératrice, parfaite conclusion pour un concert où les émotions auront autant compté que les riffs.
Catégorie : A la une, Concerts
Artiste(s) : Midscale, Prewn
Salle(s) : Pop Up du Label
Ville(s) : Paris

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