La Route du Rock 2018 – Patti Smith, Nils Fram, Ellen Allien…

A la Route du Rock, cette année, c’était une programmation de révision des classiques, mais avec quelques surprises au menu tout de même. Pour cette journée du samedi bien ensoleillée, Le Transistor a claqué des doigts sur Cut Worms, s’interroge sur Jonathan Bree, a levé le poing avec Patti Smith, a été émerveillé par Nils Frahm et a voulu danser sur Ellen Allien.

Cut worms

Avec un nom pareil difficile de se dire que c’est doux, et pourtant Max Clarke fait de la musique qui donne envie de claquer des doigts. Ses arrangements sont marqués par les années 60, et d’ailleurs il se chauffe d’un petit air d’harmonica. Une entrée en matière bien agréable sous ce soleil pour démarrer la programmation du samedi soir. Par contre, ce grand gaillard aux yeux bleus a l’air bien engoncé sur scène. Comme s’il n’avait pas osé demander à monter son pied de micro… Qu’à cela ne tienne, le rythme roule gentiment, et on se laisse prendre, sauf que l’ambiance retombe juste après le single, pour tomber dans une country à la limite de Father John Misty (lire l’interview)
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Jonathan Bree

Alors que la trompette de Josh T. Pearson retombe au loin sur la grande scène, Jonathan Bree prend place, programmé en dernière minute pour remplacer John Maus, qui vient de connaître un décès dans sa famille (et fatalement de perdre son bassiste du même coup). Tout en glissades de basse, la bande des cagoulés pourrait séduire, mais finalement le single ‘You’re So Cool’ ressort très sentencieux. Et les choeurs doucereux saturent avec la voix aiguë… Si cette musique venait d’un groupe franc comme les Fat White Family, on comprendrait, mais le côté masqué révèle un côté inquiétant. Quelles sont leurs intentions ? Les poupées blanches laissent un goût de malaise…
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Patti Smith

Patti Smith arrive détendue, et commence par une improvisation. Car Patti Smith ne joue pas, elle ressent la musique. Et sa musique s’adapte à ses intentions, qui varient au fil de l’actualité : ici, lorsqu’elle annonce que selon elle Jérusalem devrait être libre et capitale des deux régions. Du haut de ses 71 ans, elle ne se laisse pas démonter, même quand elle doit arrête un morceau entamé dans la mauvaise tonalité. “Excusez moi j’ai perdu la clé de cette chanson” ajoute-t-elle gracieusement pour clore le morceau. Il y a de l’intensité dans son chant, dans son récit, et d’un crachat, elle se lance dans une reprise de ‘The Beds Are Burning‘ de Midnight Oil repris en choeur par le public.

La voilà maintenant qui chausse ses lunettes pour lire un poème, et on ressent la rage, le souffle, la vie qu’elle injecte… Elle retrouve le public – qu’elle remercie copieusement – sur ‘Because The Night’, puis elle enchaîne de sa présence phénoménale avec ‘Pissing in a River’. “Le monde est foutu, mais je me sens tellement heureuse” confie-t-elle en intro de ‘Gloria’, qui enflamme la fosse. Elle honore alors sobrement la mémoire d’Aretha Franklin et Kofi Annan sur ‘Can’t Help Falling In Love’, puis finit en nous encourageant à reprendre le pouvoir sur ‘People Have The Power’. Merci
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Nils Frahm

Son béret sur la tête, Nils Frahm est pris de spasmes au milieu de sa multitude de claviers. Le producteur s’est installé un véritable studio sur scène pour faire valoir ses dernières créations. Tout est dans les détails, difficiles à attraper en plein air. Mais sur des phrasés jazzy, on croit même reconnaître de l’ocarina.

Didactique, il commence par un piano en introduction, puis vire soudainement, parfois pour s’élever en choeurs éthérés, parfois pour plonger dans un monde subaquatique. Mais pour la foule, qui attend pour danser, il faut passer la troisième. Alors Nils Frahm monte en puissance, et la moitié du public suit. Il donne tout ce qu’il a : son et lumières. Cependant, les fans de Patti Smith sont déjà parties se coucher, les autres réclament. Mais c’est lui qui tient les rennes, et il tient bon face à l’impatience du public restant : Nils Frahm impose sa classe et son élégance.
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Ellen Allien

C’est le dernier va-tout pour danser ce soir ! Alors peu importe le léger problème technique, la foule se rue sur le set d’Ellen Allien. Le public est assoiffé, il demande du son, et du gros son ! Et pour le coup, la productrice allemande balance de lourdes vibrations. Pendant qu’elle fait son footing tranquillement derrière son immense table de production, elle noie le public, le force à la suivre dans son tunnel. Hélas ça ne suffira pas, car la répétition étant le meilleur ingrédient de l’Allemande, la foule se lasse. Elle réclame des changements de rythme plus qu’elle ne réagit aux modiques modulations opérées par la productrice. Et dans la nuit, on repart un peu sur notre faim.
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Remerciements : Maxime Lecerf

Catégorie : A la une, Reportages
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