SxSW 2017 – jeudi avec Cameron Avery, The Big Moon et Happyness

Quatrième jour du festival South By SouthWest pour le Transistor. Du Convention Center au célébrissime Hotel Vegas, en passant par une église Presbytérienne, nous avons arpenté Austin pour découvrir les Italiens de Birthh, deux groupes français avec The Blind Suns et VedeTT, les potes de Happyness, les Canadiens de The Belle Game, les Américains de Communist Daughter, les Anglaises de The Big Moon et l’Australien Cameron Avery, bassiste de Tame Impala.

Birthh

Alice Bisi, jeune Florentine de 19 ans à peine, look complètement normcore, déverse ses tripes sur des boucles entêtantes. Dans la grande salle du Convention Center, le trio Birthh parvient, à l’aide de loops, à créer une atmosphère. Derrière ses fûts, le batteur est assez fou, jonglant avec toutes les subtilités.

Le chant, sans aucune fioriture, presque a capella, ne raconte pas des amours déçues, mais s’impose, sur des rythmes pop ou hip hop. Alice Bisi a le don de créer un suspens grâce à de simples respirations bien placées. Et quand elle se met à crier, c’est l’honnêteté de ses sentiments qui explose, pour ensuite revenir dans une petite bulle, leur cocoon. « Just let me scream » chante Birthh, mais au final, grâce à ce timbre de voix si vulnérable, c’est la tendresse qui prime.

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The Blind Suns

Entre le Texas et la France, il y a un lien musical indéniable, avec le Levitation Festival – créé pour les amoureux de psychédélique. Aussi, The Blind Suns sont-ils forcément les bienvenus à l’Hotel Vegas. De ses lèvres rouges, Dorota Kuszewska fait la moue en chantant, et il faut admettre qu’il y a quelque chose de délassant à l’écouter. Puis la basse commence à foutre la pression, titillant ainsi la batterie qui s’excite et la guitare qui se met à crisser… Le tout sur un rythme pop qui donne très envie de taper dans ses mains.

Un peu plus et on se croirait dans un film de Tarantino, car ce grain de voix leur donne un goût de risque… On les suivrait bien pour un road trip dans le désert !

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VedeTT

Pendant les rapides balances, Florent Vincelot lâche un « Sa mère la pute… parce qu’ici on peut ! » Et voilà l’Hotel Vegas parti pour un voyage pop, avec un batteur pourtant déjà haletant. Le guitariste commence aussi à s’exciter, sur un tempo très lent, comme suivant les instructions des tatouages sur les bras de Florent : Calm Down. Et pourtant VedeTT arrive à donner envie de danser sur des airs mortuaires : cette spleen wave est décidément délicieusement contradictoire. Le batteur, impressionnant, arrive à embrigader la salle qui le suit dans ses élucubrations… jusqu’à ce que brutalement, VedeTT revienne à un ‘I Don’t Care’, beaucoup plus calme. Une fois l’attention captée, cet espace temps créé, ils se cassent, nous laissant sur le carreau. Bluffant.

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Happyness

« On est trop célèbres en Angleterre, on a du mal à aller au pub », lancent-ils sur un ton humoristique. Le groupe s’élance, et rapidement le public se rapproche de la scène. La voix de Jonny, le chanteur, est tellement douce, qu’on se prend directement une bonne injection de bonheur, avec tous les tutudup qui vont bien. Puis Benji commence à se défoncer sur la guitare, pour indiquer qu’il est temps de passer aux choses sérieuses. Au fur et à mesure, le public se lève, attiré par les harmonies. Happyness prend alors un virage expérimental étonnant, mais revient vite à leur pop mélodieuse, douce et sucrée, qui donne envie de fermer les yeux et de lézarder pour choper toute la vitamine D.

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Happyness sera en concert le 2 mai à l’Espace B avec Cheers

The Belle Game

Joie de SxSW, deux groupes sont programmés dans le même bar, et en même temps. Ce qui bien entendu perturbe niveau son, mais surtout, fait que le Transistor a assisté à la moitié du concert de Yes We Mystic, alors qu’on voulait voir The Belle Game depuis la sortie de Ritual Tradition Habit (en 2013). Au bout d’un moment d’incompréhension assez long, Le Transistor a tilté, mais du coup, a loupé la moitié du showcase des Canadiens !

The Belle Game exercent comme une fascination, entre le chant lancinant qui berce alors que la batterie assène ses coups. Les choeurs arrivent à peine à percer l’épaisse couche de réverbération, ce qui crée comme un halo de mystère, qui pousse à tendre l’oreille. La chanteuse, cachée sous son imperméable, crache ses tripes, pendant que le guitariste virevolte, comme rebondissant à chacune de ses interjections. Une belle énergie.

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Communist Daughter

Encore un malentendu typique de SxSW, Le Transistor se rend à l’église pour le concert, et piège : il y a deux églises l’une en face de l’autre, l’épiscopale et la presbytérienne. Le seul souci de Communist Daughter, c’est qu’ils ont pas pensé à la réverbération naturelle d’une église, épiscopale ou presbytérienne… ce qui fait que la batterie casse bien les oreilles. Le calme revient, et les voix commencent à joliment s’entremêler. « Je viens demain parce qu’il y a une réunion des alcooliques anonymes : je suis sobre et SxSW c’est un challenge ». Est-ce une blague ? Peu importe, le chant éthéré reprend rapidement le dessus.

Le chanteur, manifestement fan de Neutral Milk Hotel, continue de raconter sa vie (« La scène c’est ma vie, pas les coulisses et le dirty sex »), des révélation qui créent un décalage assez drôle avec les chansons délicates. Parfois, le batteur vient briser cette douceur, mais la tempête retombe rapidement…

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The Big moon

Pour mettre tout le monde dans l’ambiance, les quatre filles de The Big Moon s’éclatent sur une reprise de Madonna Beautiful Stranger’. Elles reviennent ensuite à leurs compositions tout assez efficaces (ou presque). Mais si les Anglaises arrivent à captiver l’attention du public, ça bouge plus sur scène que dans la fosse – et ce, en dépit de leurs cris de singes assez étonnants. Bref, c’est chouette et accrocheur, mais ça va pas bien loin.

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Cameron Avery

Le bassiste de Tame Impala et Pond a décidé de se lancer en solo, en mode crooner. Cameron Avery n’était sur Austin qu’une seule journée, aussi il a calé des showcases toute la journée, et pour le dernier concert de la soirée, il a l’air bien rincé. Après les balances, il attire le public avec une petite chanson légère puis lâche des grosses guitares, dans un style qui rappelle Hanni El Khatib. Sur la suivante, il s’approche du piano, pour partir dans un délire plus Father John Misty. Alors certes, il a la classe, en costume, mais ses compositions sont pas très passionnantes.

Lui-même l’admet, « cette chanson est peut-être un peu morbide pour cette heure du petit matin… » et commence à entonner ‘Disposable’… oui il chante qu’il est jetable ! Et pendant qu’il lâche ses sentiments, le public, passablement enivré, se fait moqueur. Mais Cameron Avery a l’air de s’en foutre, il prend manifestement son pied à manier sa guitare électrique. Et pourtant, l’Australien conclut son concert bien démoralisé, d’un « merci à l’organisation d’avoir donné sa chance à mon stupide album ». Si même lui il y croit pas…

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Catégorie : A la une, Reportages
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