festival des inRocKs Philips – The Shoes

Pour sa troisième soirée, le festival des inRocKs Philips prend ses quartiers à la Cigale et la Boule Noire, transformant les salles en un duplex musical. De la programmation, Le Transistor a retenu la voix impressionnante de la Suédoise Seinabo Sey, les prétendants au titre hype-brit de l’année Glass Animals, les cryptiques Vaults, le beau gosse Chet Faker, les déstabilisants Bipolar Sunshine et le duo fracassant The Shoes.

Seinabo Sey

Drapée dans un long manteau noir, Seinabo Sey fait figure de sobre diva soul. Si sa voix porte toutes les émotions, la Suédoise donne dans la performance scénique minimale, bougeant à peine les mains. Sans implication de sa part, les morceaux reposent sur la batterie qui part en électronique pour faire danser la foule. Dommage parce que sur ses vidéos, la chanteuse a l’air de vouloir défendre ses compositions.
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Glass Animals

Déjà sur leur premier album Zaba, la ressemblance avec Alt-J était frappante. Avec des productions étaient bien plus riches, fourmillant de détails. Sauf que sur scène, les compositions perdent quelques effets, et se révèlent certes plus directes, mais s’apparente d’autant plus à leurs concurrents britanniques.

On se retrouve dans le cas flagrant de Panic ! At The Disco Vs. Fall Out Boy (comme tant d’autres). Exactement le même style, les mêmes gimmick, mais pas la même personnalité. En un sens, Glass Animals bénéficie énormément du succès de Alt-J, qui a défriché pour eux cette pop hybride aux productions hip-hop.

Heureusement, en live, les nouveaux postulants sont bien moins coincés… ou ont pris ce qu’il faut en substances pour être à la hauteur des attentes. Parce que oui, la foule est venue en masse pour les voir, les cris retentissants dès les introductions. Dave Bayley met tellement de ferveur à défendre ses chansons qu’il en deviendrait presque agressif, et la sensualité de Alt-J commence à manquer. Dans le match qui les oppose, les voilà déclarés ex-aequo… du moins pour le moment.
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Lire l’interview de Alt-J

Vaults

C’est un joli tableau romantico-baroque qui se présente sur la scène de la Boule Noire, avec une radieuse blonde peroxydée, au teint presque blanc porcelaine dans la lumière. De sa voix surchargée d’effets, la chanteuse encourage à avancer. La pop produite par ses deux compères n’est pas forcément originale, ‘Cry No More’ rappelant un peu Banks. Aussi, quand l’heure du roi des hipsters (comprendre Chet Faker) arrive, la salle se vide pour transvaser vers la Cigale.
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Chet Faker

Pas de bonnet pour ce hipster, mais un mini chignon pour retenir ses cheveux. Mais ce qui inquiète vraiment chez ce chanteur censé être si prenant c’est qu’on ne l’entend pas – remarquez, ça ne lui pose pas de souci puisque la foule chante pour lui. Sauf que Chet Faker ne s’impose pas, il force la foule à tendre l’oreille… Alors que ses petites chorégraphies déclenchent les cris des premiers rangs. Et quand il a fini de copier Billy Paul, l’Australien s’en prend aux Blackstreet pour reprendre ‘No Digity’ en bonne intelligence. Et aussitôt, la foule (du moins la moitié à la libido moins titillée) retourne à sa sieste avec ‘Talk Is Cheap’.
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Bipolar Sunshine

A première vue, les Bipolar Sunshine se sont tous rencontrés lors d’une cellule de déchoquage suite à un accident de tondeuse capillaire. Mais passons sur le look très 3T (les « neveux » de feu-Michael Jackson), et recentrons-nous sur la musique qui est très efficace. Après une petite mise en jambe, Adio Marchant fait déjà chanter le public sur ‘Deckchairs on the Moon’. Ancient membre de Kid British, le Mancunien sait mêler pop, hip-hop et rock typique des années 90. Et il faut bien admettre, sans mauvais jeu de mot, qu’il fout le feu avec ‘Fire’. Parfois, on a l’impression d’être sur une plage dans un clip à la grande époque de MTV – surtout avec ‘Where Did The Love Go’, mais le fait est que ça fonctionne !
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The Shoes


Trois ans après le succès de Crack My Bones, le public est ravi de retrouver le duo rémois, et ses batteries synchronisées. Pour un démarrage en fanfare, The Shoes part sur des rythmiques sud-américaines étonnantes avant que le maladroit Esser ne vienne donner corps aux compositions. Alors que la foule danse sur ‘Stay The Same’, le duo se lance dans un clin d’œil au film Trainspotting sur ‘Born Slippy’… un hommage à Underworld qui s’éternise un peu trop d’ailleurs !

Pour se relever, The Shoes fait monter un bien agressif Thomas Azier sur scène, suivi d’Ambroise Willaume de Revolver, dont la voix d’ange vient contraster avec les basses qui tabassent. Dans leur son, le duo cherche manifestement à aller plus loin, plus crade, plus abrasif, et on sent rapidement que l’idée est par tous les moyens de frapper un grand coup pour l’annonce du nouvel album en 2015. Les Rémois ont même engagé une armée pour distribuer devant la salle du merchandising sous forme de bonbons.

Seulement, s’ils ont la force de frappe, ils ne semblent pas encore avoir le contenu prêt pour la scène. Et on a beau dire ce qu’on voudra, le single ‘Time To Dance’ c’est du feu-The Bewitched Hands en mode putassier. Même si ça fait extrêmement de bien !
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Crédit photo : Valentin Chemineau


Remerciements : Charlotte Brochard

Catégorie : A la une, Concerts
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