Entretien avec FM Belfast

En novembre dernier, Le Transistor a réalisé un vieux rêve : aller à Reykjavik pour le festival Iceland Airwaves. De passage dans la ville des FM Belfast, on en a profité pour demander une interview. Árni Rúnar Hlöðversson et Lóa Hlín Hjálmtýsdóttir nous ont accueillis chez eux pendant plus d’une heure pour nous faire visiter le bureau qui fait office de studio d’enregistrement, et parler du nouvel album à paraître : Everything. Un couple simple pour un groupe complètement déjanté !

FM Belfast

Pour l’interview, on s’est posés tranquillement au salon et Lóa a commencé à peler les pommes de terre pendant que leur fils d’un an à peine était en train de gambader et d’escalader son papa. C’est là que l’on comprend pourquoi les FM Belfast ont mis un peu plus de temps que prévu à sortir leur troisième album.

L’album était en effet prévu pour l’année dernière. « La vie change un peu une fois que le bébé est là. Mais il a beaucoup voyagé déjà : il a fait 44 concerts avec nous ! Parfois, quand on part pour deux jours, il reste chez sa grand-mère, mais on veut pas le laisser trop longtemps loin de nous. Comme l’été dernier à Berlin, on est partis avec la baby-sitter. » Le fait que le groupe soit basé à Reykjavik complique un peu les concerts spontanés. « De Reykjavik, ça nous prend trois heures juste pour quitter le pays, et ensuite il faut généralement faire une correspondance. Comme c’est long d’aller en Europe, on voyage pas pour juste une date, on s’arrange généralement pour organiser une tournée. »

Le groupe a bien évolué depuis leurs débuts en 2005 : on compte six enfants dans le groupe maintenant. « C’est toujours aussi marrant ! Bon, c’est vrai que sortir un album est bien moins marrant maintenant qu’aux débuts, quand on pouvait le faire dès qu’on en avait envie. Maintenant on doit attendre d’avoir la validation de tout le monde. Ca prend plus de temps, mais en même temps c’est plus efficace.
Lóa : Avant c’était instantané, et maintenant il y a beaucoup d’étapes : on fait les arrangements, le mixage… et puis ensuite, on le teste en club, parce qu’on connaît beaucoup de DJs ! J’aime beaucoup voir les réactions des gens à l’écoute de notre musique !
Árni : Mais le show reste le plus important, et il faut que ça reste amusant ! Sinon on continuerait pas !
Le groupe se prépare d’ailleurs à partir pour leur premier concert au Japon.
Lóa : Ce sera intéressant de voir ce qui va se passer après… Parce que c’était comme un but pour nous, d’aller au Japon avec le groupe.
Árni : Oui on s’était dit qu’après le Japon, on aurait tout accompli, et donc qu’on pourrait arrêter le groupe.
Lóa : On l’avait toujours envisagé comme un but inaccessible… et maintenant notre vœu s’exauce ! Quel sera le prochain but ?
Árni : On pourrait faire des tafs qui gagnent bien mieux que la musique. Même bosser dans un café nous rapporterait plus ! La seule raison qui nous pousse à continuer, c’est de pouvoir voyager et surtout de s’amuser. Et aujourd’hui, on était en train de se demander quel effet ça ferait d’avoir à nouveau un boss.
Lóa : Je sais que j’en serais capable…

Árni Vilhjálmsson arrive chez ses amis et s’installe avec nous, comme à l’apéro.
Árni : Il revient de faire un concert, c’était la première fois que je le voyais en solo, c’était très sympa ! Son projet s’appelle Nini Wilson.
Árni 2 : Ce nom, c’est le surnom que me donne Laura : ça veut dire tototte !
Lóa : J’avais deux Árni, c’était trop, j’en avais marre de me répéter. Donc j’ai trouvé un surnom.
Árni 2 : Et puis ça me va bien parce que je suis plus féminin que lui !
Débarquant de scène, Árni arbore un joli style geek-chics. Comme lorsque les FM Belfast sont en concert. « On voulait pas porter des t-shirt comme les autres groupes, on voulait montrer notre respect au public : c’est pour ça qu’on porte des nœuds papillons depuis le début. Maintenant peut-être que les hipsters s’en ont emparé ! Je dis pas qu’ils ont copié mais… Il semble qu’on ait lancé le mouvement !
Lóa : Alors que c’est le contraire de notre philosophie : l’idée est de dépasser le côté “cool”. Les gens cools ne dansent pas, parce qu’ils ont peur de ce que les gens vont penser. Donc si on n’est pas cool sur scène, et qu’on danse comme si on s’en fout, le public va pouvoir se lâcher. »

Lors du concert au Iceland Airwaves, le public n’a pas réagi quand le groupe a parlé en islandais… ! « Je crois qu’on a plus de fans à l’étranger. Mais c’est aussi parce qu’on est pas si connus que ça en Islande : on a vendu pas mal d’albums, mais on est pas diffusé en radio. En fait, ici, la plupart des groupes qui marchent à l’étranger ne passent pas en radio : Mum par exemple ne passent jamais sur les ondes islandaises, jamais !
Árni : On a d’un côté les groupes underground qui ne passent jamais en radio et qui s’exportent, et ceux qui passent en radio mais qui ne vont jamais quitter le pays.
Lóa : L’Islande donne un élément qui nous différentie et qui va faire que les gens vont se pencher sur notre musique. C’est comme la technique du pied dans la porte. C’est un avantage : on bénéficie de Sigur Ros et Björk, et maintenant des OF Monsters and Men.
Árni : A chaque fois qu’un groupe de chez nous attire l’attention, c’est bon pour nous tous. Pour les autres groupes, mais aussi pour le pays : pour le tourisme, c’est fou ! On devrait vraiment recevoir un salaire du gouvernement : chaque fois qu’on rencontre quelqu’un qui nous reconnaît par le groupe, il vient à cause de la musique, ça lui a permis de découvrir d’autres groupes et donné envie de venir en Islande. A chaque fois !
Árni 2 : Il faut admettre qu’on doit remercier The Sugarcubes et Björk, sinon personne n’aurait d’intérêt pour la musique islandaise. Et comme tout le monde dit qu’on est doués en musique, ça flatte notre ego. Du coup, je pense pas qu’on soit tous super bons, mais on développe des égos démesurés. (rires)
Árni : C’est surtout que ceux qui font de la musique normale, comme les autres, ne sortent pas du pays, parce qu’ils n’attirent pas vraiment l’attention.
Lóa : En même temps, les Of Monsters and Men sont pas si barrés !
Árni : Oui, mais ils ont trouvé le bon moment. C’est dingue quand même : on n’entend rien sur Sigur Ros, ou alors une fois par an, mais les Of Monsters and Men, ils en ont parlé tous les jours aux informations, parce que ça explose !

Les FM Belfast inversent les rôles et donnent leur avis sur notre exception culturelle.
Árni 2 : Certaines des chansons de Jacques Dutronc ont été traduites en islandais.
Lóa : En fait, c’est mon professeur de français en lycée nous a fait traduire les paroles. J’ai adoré, donc mon prof m’a offert l’album.
Árni 2 : En tous cas, j’aime bien les costards qu’il porte sur scène.
Lóa : J’aime beaucoup les paroles de Serge Gainsbourg aussi !
Árni : Pour moi, Dutronc c’est le Bob Dylan français !

Réclame

Everything, le troisième album de FM Belfast paraît le 25 avril 2014 !
FM Belfast seront le 14 mai au Café de la Danse
Lire le live report de FM Belfast à la Machine du Moulin Rouge
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Lire l’interview des Of Monsters and Men




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