Entretien avec Disco Anti Napoleon

A l’Etage des Trans Musicales, pendant que tout le monde décuvait, Le Transistor découvrait enfin les Disco Anti Napoleon. Après les avoir loupés au Printemps de Bourges dans la sélection Inouïs, on s’est donc rattrapés en les rencontrant à Rennes. Etant donné que le festival était bien entamé, on a pu discuter qu’avec les deux musiciens encore opérationnels : Tristan D’Hervez et Jordan Baudoin.

Disco Anti Napoeleon

Il faut bien admettre que leur nom ne leur assure pas une très bonne première impression. Jordan se défend : « Attends ! y en a plein des groupes avec des noms qui veulent rien dire ! Les Eagles of Death Metal, ils font pas de death metal ! »

Disco Anti Napoleon se prépare à sortir prochainement son premier album, entièrement écrit en répétitions. « Les chansons sont faites réellement sous forme d’impro : on joue tous ensemble, on suit une piste et ensuite on commence à structurer les morceaux. On fait des enregistrements, et on en sort une idée principale qu’on va ensuite sculpter.
Tristan : Sur cet album, on a vraiment voulu retranscrire notre univers. On s’est rendu compte que dans l’espèce de support qu’est l’album, il y avait des trucs envisageables.
Jordan : C’est un mélange de morceaux qu’on a composés pour l’album et d’autres plus anciens. C’est une présentation en quelques sortes.
Tristan : Oui, voilà, il fallait que ça nous ressemble. Surtout pour un premier album ! Et c’est cool, on est bien contents, on a bien déliré…
Tristan entreprend alors de raconter leur processus d’enregistrement. « On a d’abord utilisé le studio du père d’un pote pour les prises batterie, basse, et guitare. Ensuite on est allés à Pornique chez mon père : on a emprunté un maximum de matos à droite à gauche, des synthétiseurs, des vieux lecteurs à bandes, et on a commencé à attaquer le mixage et le taf sur les synthés avec mon frangin, de Pégase qui nous a produit. Et après on a fait les voix, mais on a surtout essayé de remettre un peu d’ordre dans tout ça.»

Après avoir remis de l’ordre dans leurs idées, ils ont trouvé une formule pour définir leur univers. « C’est de la neo-pop-trip-psychédélique. C’est des influences sixties à la Pink Floyd mais en même temps on est aussi intéressés par des trucs qui sont vachement dans l’air du temps, comme la techno… On essaie de faire un mélange de toutes ces influences qu’on kiffe.
Jordan : Notre côté psyché, on le doit à notre manière de composer en impro. Ca pourrait être du jazz mais étant donné qu’on a des gros synthétiseurs, finalement ça sonne psyché.
Tristan : C’est assez chouette en fait, parce que du coup on a un peu l’impression que le truc se fait tout seul en fait. C’est bizarre. »

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Les influences qu’ils mélangent tâtonnent plutôt vers la musique expérimentale. « On écoute bien entendu Tame Impala, mais on est inspiré de plein d’autres trucs aussi, genre Ariel Pink ou John Maus, c’est des choses qui nous parlent à mort. Et puis Animal Collective et Deerhunter on est hyper fans : en soirée on met ça à fond et on se met à danser ! Tout ça va forcément se répercuter sur notre musique. Et comme on est quatre à composer je crois, ça fait que c’est un peu le bordel, mais c’est intéressant. »

Chacun des quatre musiciens poursuit aussi un projet en parallèle de Disco Anti Napoleon.
Tristan : J’ai un autre projet qui s’appelle Albinos Congo, et Jordan a son projet solo mais il est aussi guitariste dans Pégase. C’est vrai que c’est hyper kiffant de pouvoir varier d’un groupe à un autre, et de se retrouver dans Disco Anti Napoleon où on compose tous les quatre ensemble. En jouant, on réalise qu’on est incapable de faire cette musique séparément, indépendamment les uns des autres.
Jordan : Ce qui fait que DAN tient, c’est qu’aucun d’entre nous n’est remplaçable !
Tristan : C’est hyper fort, c’est une expérience qui est mortelle et hyper compliquée en même temps. Parce qu’on est tous des potes, et certes, on est pas forcément des bons zicos à la base, mais on a vachement évolué en jouant ensemble.
Jordan : Donc ça nous a permis de se perfectionner et de garder notre naïveté en même temps.
Tristan : Dans l’idéal, on aimerait bien en avoir vingt-cinq des groupes ! Sauf qu’après il faut aussi se poser des limites. Y a tellement de gens extrêmement talentueux qui ont 10 millions de projets tous plus mortels les uns que les autres mais qui finalement aboutissent à rien parce qu’ils arrivent pas à se fixer ! Faut juste se poser des conditions et accepter de remettre certains projets à plus tard. »

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Loin de se disperser, c’est dans les collaborations parallèles qu’ils trouvent leur inspiration. « Avec Albinos Congo on est dans un délire de collaboration à discuter avec d’autres groupes de l’étranger… On les check sur Facebook, Soundcloud ou encore Bandcamp puis on leur envoie un message.
Tristan : Ca fonctionne vachement comme ça : on regarde un clip sur YouTube et on se dit que certains sont complètement barrés ! Je pense à Vinyl Williams qui est un peu en train de monter, mais qui reste pas hyper connu non plus alors que c’est le petit-fils de John Williams. Il fait aussi des clips, sur lesquels on est tombés. On a fini par le contacter et le mec nous a répondu quelques jours… après alors qu’on fantasmait totalement sur son projet ! Les internets c’est génial, c’est le futur ! »


Remerciements : Erwan (Boogie Drugstore)

Catégorie : A la une, Entretiens
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