Pitchfork Festival – deuxième jour

Retour à la Grande Halle de la Villette pour le deuxième jour du Pitchfork Music festival. La journée s’annonçait assez calme, avec en ligne de mire Animal Collective comme récompense. Mais avant le grand final, Le Transistor a apprécié la coldwave d’Outfit, la dream pop de Wild Nothing, le folk de The Tallest Man On Earth, le rock de The Walkmen et l’electro-lyrique de Chromatics.

Outfit

Il est encore tôt pour un vendredi semi-chômé, la foule devant la scène est un peu maigre, mais les Liverpuldiens ne se laissent pas démonter. Les débuts sont assez groovy, puis on sombre dans les synthés. Impossible, quand on entend Outfit, de ne pas penser à New Order, mais en plus léger. On apprécie le duo de chanteur, qui donne une bonne dynamique. Et on applaudit leur premier essai de ‘Something Big’ en live : les chœurs restent en tête.

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Wild Nothing

A l’instar des Wild Beasts, les Wild Nothing n’ont de sauvage que le nom. Les mélodies sont très simples, pas de prise de tête, et la voix de Jack Tatum commence à nous bercer avec ‘Shadow’. Parfois, les morceaux sont plus énergiques comme ‘Summer Holiday’, mais on reste dans une lignée de douceur. Cependant, en live, il manque quelque chose : ce n’est pas seulement dû aux problèmes techniques qu’ils rencontrent, les violons font cruellement défaut à leurs compositions.

Dans un sens, on préfèrerait quand même écouter ce magnifique album, Nocturne, chez soi… sans la foule. Certes, Wild Nothing réchauffe mais ne motive pas. La foule reconnaît ‘Live In Dreams’, du précédent album Gemini, on danse un peu sur ‘Rheya’ et on se laisse gagner par ‘Golden Haze’, un de leurs tous premiers titres, mais en fait, on est plus subjugués par la superbe moustache du batteur impassible que par les boucles tendance années 80.

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The Tallest Man On Earth

Sur scène, Jens Kristian Mattsson se présente dans une tenue de danseur, avec sa guitare pour seule arme face à la foule. Malgré le challenge que représente cet immense espace à occuper, The Tallest Man On Earth réussit à faire vivre ses chansons, jouant sur les intonations de voix pour animer ‘The Gardener’, se déchirant la voix sur ‘1904’, rendant les arpèges espiègles sur ‘Revelation Blues’. Certes, il semble accuser le coup d’une longue tournée, raclant même les fond de bocaux d’énergie pour ‘King Of Spain’… mais il tient sa foule et son set même s’il parfois il se repose sur ‘Love Is All’ pour faire crier les filles.

La foule est de toute manière acquise à la cause : beaucoup de Suédois s’agitent, allument des briquets sur ‘Like The Wheel’, s’exclament quand leur héros national annonce « une chanson sur les oiseaux ». Cependant, on note aussi quelques bâillements de la part des garçons qui enlacent sagement leurs blondes murmurant les refrains par cœur.

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The Walkmen

Un groupe qui gagne à être vu en live, c’est The Walkmen. Si leur dernier album promet d’envoyer l’auditeur au ciel avec Heaven, sur scène le groupe s’emploie à se faire entendre. Par rapport au reste de la programmation, il semblerait même qu’ils essaient d’impressionner de par leur âge et expérience.

Certes, leur set réveille un peu et la foule s’enthousiasme pour la sérénade ‘Angela Surf City’ qui monte en puissance… mais on a cette impression de beaucoup de bruit pour pas grand-chose quand il s’égosille sur ‘Love Is Luck’. Au final, dans leur costard, les musiciens gardent leur sang-froid face aux lumières explosives quand seul le batteur mouille sa chemise sur ‘Love You Love’…

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Chromatics

Cinq ans après leur album Night Drive, Chromatics revient sur le devant de la scène, porté par le film Drive. D’ailleurs, le groupe choisit d’ouvrir avec la chanson choisie pour la bande son, ‘Tick of The Clock’. Ils enchaînent ensuite avec ‘Lady’, extraite de leur nouvel album. Mais on hésite un peu à danser sur la gentille mélodie de ‘Kill For Love’, qui flirte avec la pop italienne et l’electronica.

La chanteuse chante du bout des lèvres, comme si elle n’osait pas tirer l’assistance de sa rêverie. On apprécie ‘Back From The Grave’, mais au bout d’un moment, on cherche à comprendre à quoi servent les guitares sur scène… ‘I Want Your Love’ est entêtante, certes, mais on attend une vague suffisamment grande pour pouvoir surfer. Rien à faire : ça ne décolle pas et malgré tous les lasers, leur son n’est pas assez hypnotique.

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Animal Collective

C’est un monstre qui attend la foule : ce fameux Centipède qui a inspiré la sœur d’Avey Tare à créer les visuels scéniques. Les dents et les griffes s’illuminent et on reste tout d’abord perplexe face à ‘Rosie Oh’ mais ‘Today’s Supernatural’ rattrape l’assistance de justesse et fait bouger sur ses rythmes syncopés. L’impression marine se renforce, les rythmes roulant nous happent sur ‘Wide Eyed’ et des bulles musicales renfermant des sons en tous genres explosent à contretemps.

Applesauce’ vient casser l’ambiance, avec Avey Tare qui se met subitement à crier ! C’est le plus intéressant dans leur démarche : après le succès de Merriweather Post Pavilion, Animal Collective n’a pas choisi de continuer dans cette pop savante, et est reparti vers ses puzzles musicaux incompréhensibles. Il en ressort des titres comme ‘Moonjock’ absolument jouissifs !

On se doute que décrypter ‘Pulleys’ ferait perdre sa saveur au morceau, donc on laisse ‘New Town Burnout’ dériver et bientôt une onde permissive submerge la foule sur ‘Monkey Riches’. La foule s’exprime de toutes les façons possibles : certains restent assis pour profiter, d’autres saisissent l’opportunité pour bouger comme des invertébrés quand le voisin se plonge dans une introspection. Les plus allumés imitent des animaux ou dansent allongés sur le sol et les derniers restent interdits…

Enfin, ‘Brother Sport’ éclate et des cris de libérations fusent de la scène autant que dans la fosse. Loin d’être radins, le groupe remet le couvert malgré l’heure tardive : ils ne pouvaient effectivement partir sans ‘My Girl’ ! Et pour finir en beauté, Animal Collective fera danser sur ‘Amanita’ pour oublier la galère du retour dans le froid.

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Réclame

Nocturne, le deuxième album de Wild Nothing, est paru chez Capture Tracks/Cooperative Music.
There’s No Leaving Now, le troisième album de The Tallest Man On Earth, est paru chez Differ-Ant.
Heaven, le septième album de The Walkmen, est paru chez Bella Union/Cooperative Music.
Kill For Love, le quatrième album de Chromatics, est paru chez Italians Do It Better.
Centipeded Hz, le neuvième album d’Animal Collective, est paru chez Domino Records. Animal Collective seront au Primavera Sound festival.


Remerciements : Melissa Promotion

Catégorie : A la une, Concerts
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