Indians et Glass Animals au Fireworks! festival

Pour sa deuxième édition, le Super! festival Fireworks! accueillait en soirée d’ouverture au Point Ephémère les Anglais de Glass Animals et le Danois Søren Løkke Juul, Indians à lui tout seul pour l’occasion.

Glass Animals

C’est dans un Point Ephémère à moitié plein que se lancent les quatre jeunes touche-à-tout emmenés par leur leader, David Bayley.
Dès l’ouverture du set avec ‘Golden Antlers’ (qui sert également d’introduction à l’EP Leaflings, seule production du groupe à ce jour), l’ambiance s’installe, moite, enveloppante, organique. Le soin tout particulier apporté au travail des basses nourrit une bulle lancinante dans laquelle se perdre est un plaisir décuplé à chaque chanson.

Glass Animals

Déroulant un tapis de velours sonore, le quatuor joue des synthés et des guitares en cultivant la rondeur et la torpeur tropicale : chaque chanson est encadrée par une toile de sons jungle de laquelle elle émerge, avant de se mouvoir de manière hypnotique, pour finalement se dissoudre dans ce fond sonore permanent, prolongeant ainsi l’errance consentie.

De cette expérience jaillit l’envie d’abandonner ses vêtements et ses attributs urbains sur le sol pour se peindre le corps de totems et autres vénérations animales.
Certains sons ramènent aux productions de Massive Attack (‘Safe from Harm’), à cette noirceur enivrante des incantations diffuses, continues, comme un chant tribal répondant aux battements sourds d’un coeur ralenti.
Le travail de chaque instrument est assez simple quand on s’attache à le décortiquer mais l’intelligence et l’efficacité sont ici dans l’assemblage et la superposition.

Pourtant pas bien long, le set sait prendre son temps sans être ennuyeux, en douceur mais soutenu, comme une longue caresse, puissante, précise, consciente de son effet, que l’on aimerait pousser à son climax.

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Indians

Søren Løkke Juul se présente seul, exercice inédit dû au fait que le reste de son groupe est déjà en Norvège pour le concert du lendemain; le set sera donc volontairement épuré même si le travail sur console rend la majeure partie des effets attendus.

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Après quelques morceaux, le constat commence à se dessiner: difficile de se laisser emporter par cette prestation assez pauvre, désservie par un manque de charisme.
La solitude de ce grand blond que l’on se lasse de regarder bidouiller devient moins pénible lorsqu’il fait preuve d’un vrai talent d’évocation en attrapant une guitare (empruntée le jour même) pour laisser tomber les artifices jusqu’ici supports de son set.
Il se mue alors en conteur folk candidat d’une soirée open mic qui n’aurait que des doigts et ses tripes pour convaincre. Les compositions sont donc nécessairement différentes et en deviennent intriguantes, mais là encore trop de temps est consacré à tenter de les faire vivre, et il n’est pas toujours évident de rester accroché devant cette impression de brouillon.

À la reprise de la console l’impression devient certitude : tout est posé sur un même plan, sans volonté d’immersion, sans profondeur, ennuyeux plutôt qu’hypnotique.
Il présente plus un mur de son lisse qu’un labyrinthe dans lequel se perdre avec délectation et l’on se heurte à une proposition assez froide et déshumanisée.

L’intention poétique est pourtant bien présente mais elle est anéantie par un manque d’envie dans l’exécution. Preuve en est : il propose un rappel, sans grande conviction, mais devant le manque d’enthousiasme ne l’exécutera finalement pas. Et ce n’est pas plus mal.

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Réclame

Somewhere Else, le premier album de Indians, est paru chez 4AD/Beggars.


Remerciements : Melissa bien sûr !

Catégorie : Concerts
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Une réaction »

  • FNAC live 2014 - Morceaux choisis - Le Transistor | Le Transistor :

    […] Petit intrus de la programmation plutôt variété de cette année : Glass Animals. Après avoir révélé Alt-J au grand public il y a deux ans, le festival suggère leurs petits frères : des Anglais qui aiment à bidouiller les textures et mélanger les genres. C’est toujours du rock indé, légèrement tribal, groovy comme il faut, mais légèrement plus incisifs que leurs prédécesseurs. Leur particularité, c’est que le chanteur, Dave Bayley, a fait des études de médecine et s’inspire de son expérience en psychiatrie pour ses paroles. Pourtant, le résultat est plus sensuel qu’inquiétant : malgré une densité sombre, leur album Zaba (tiré de The Zabajaba Jungle de William Steig, celui qui a inventé Shrek !) est très lumineux. Prenant et pourtant léger, il insuffle un mouvement de hanche instinctif. Interview à suivre ! lire le live report de Glass Animals au fireworks! festival […]

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