Entretien avec Friends

Friends, c’est le nouveau groupe hype du moment. Entre une reprise de ‘My Boo’ et une chanteuse sexy et culottée, le groupe s’est fait un nom avant même la sortie de leur premier album. Du coup, Le Transistor a choisi de les rencontrer au Printemps de Bourges pour percer leur secret. Comme tout le monde était crevé, c’est Matthew, le bassiste qui s’y est collé.

Friends

<b<Matthew raconte les débuts du groupe. « Depuis qu’on est amis, Samantha et moi parle de monter un groupe. Je l’ai rencontrée parce que je jouais dans le groupe de son mec de l’époque. Elle me parlait d’écrire des chansons, mais elle est flemmarde, donc je pensais que jamais elle le ferait. Et quand elle l’a fait… »

Entretien avec Friends

Entretien avec Friends

Le groupe Friends détonne sur la scène indie. « Quand on a commencé, on a pas pensé à notre originalité, je pense que c’est super difficile d’être original. On a surtout essayé d’être un peu différent, parce que moi-même je commençais à être fatigué. J’ai été en groupe toute ma vie, quand j’étais ado, j’ai beaucoup tourné dans des groupes de punk rock, on a fuguait et on vivait dans des squats. » Pour Matthew, c’est cette culture underground qui fait la différence. « Même si notre son est poppy, on vient tous d’un environnement underground, on a tous plus ou moins évolué dans ces scènes-là : on avait tous des fanzines photocopiés, et si deux à trois cents personnes venaient à nos concerts c’était énorme. »

Maintenant qu’ils tournent dans les festivals incontournables, ils ont perdu ce côté underground. « C’est différent maintenant, mais on garde cette attitude dans la manière de présenter nos compos. Et on est content d’apporter cette culture à un public plus large. Et ce qui fait ce que nous  sommes, c’est qu’on est capable de relier le mainstream et l’underground, de les faire entrer en collision. Notre énergie vient de notre  influence punk, on est sauvage, et c’est ce qui plait. »
Et ce qui relie les membres de Friends entre eux, c’est le mode de vie alternatif. « On est trois à travailler dans un restau végétalien. Et le fait que Samantha ait été scolarisée à domicile a contribué à ce qu’elle est devenue. L’école, c’est là qu’on vous apprend comment ne pas faire les choses. Ils t’apprennent à ne pas être toi-même, à toujours réfléchir à deux fois par rapport à tes impressions, à élaborer des stratégies, appliquer des mécanismes, alors que ce groupe est basé sur l’intuition.

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Matthew regrette avoir perdu de cette spontanéité avec le succès. « Le processus est plus lent à mettre en route maintenant : intuition, remettre en cause l’intuition, remettre en cause ce qu’on vient de remettre en cause, et revenir à l’intuition… Alors qu’avant on suivait directement notre instinct. » Cependant, se remettre en cause lui paraît être une étape importante de la composition. « C’est aussi plus facile de suivre son instinct quand on démarre, c’est nouveau, c’est frais, on a pas fait grand-chose encore. C’est  quand on commence à avoir dix chansons, qu’on se pose des questions. De notre côté, on a l’impression d’avoir réussi ce qu’on voulait faire, on sait que c’est notre intuition naturelle qui nous a guidés. Il faut juste savoir reconnecter avec son instinct. »

Le point fort de ce groupe, c’est que chaque membre est différent et apporte ce qu’il aime. « Samantha, ses qualités en tant que leader c’est ses textes et sa voix, beaucoup sont attirés par ces caractéristiques dans nos compositions. Mais pour d’autres, c’est pas ce qu’ils préfèrent chez nous :  ce sera la batterie ou les percussions, tous les petits détails qu’on rajoute, ça nous rend unique. » Pour Matthew, c’est aussi la scène actuelle qui joue en leur faveur. « En ce moment, la musique est très électro, c’est programmé avec des boîtes à rythmes, c’est parfait mais de manière robotique, et je pense que pour un groupe dancy, avoir un réel batteur, c’est un plus pour nous par rapport à ce qu’on entend. »

Leur style, difficile à décrire, est donc très éclectique. « Normalement si on met plein d’influences différentes dans une même chanson, le résultat est inécoutable. Si je connaissais pas Friends et que je lisais une critique décrivant notre style, je me dirai que jamais je serais fan de ce groupe. Mais en l’écoutant, je me serais dit que c’est bien cool malgré tout.  Je sais pas comment on arrive à faire en sorte que ça marche… » De cette manière, les membres s’ouvrent des horizons. « Entre nous, on écoute pas les mêmes genres. Et parfois on oublie qu’on aime tel ou tel style de musique ou on veut pas l’admettre…  jusqu’à ce que l’un des membres  le propose. Dans un groupe de punk rock, on aurait jamais écouté de guilty pleasure. »

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Le guilty pleasure dont Matthew parle, c’est le R’n’B des 90s. « A l’époque, j’aimais pas le r’n’b à cause de la prod, c’était trop lisse à mon goût. Les boîtes à rythmes, alors que c’est censé être du rhythm and blues !! Certes, y’avait le blues par la voix soul, mais c’était comme de la techno-blues, j’y arrivais pas. » <b<Et puis Friends a commencé à faire des reprises de morceaux des 90s. « ‘My Boo’ par exemple, c’est énorme de pouvoir les jouer, de les retrouver sans la production et les boîtes à rythmes, de les rejouer en vrai, non parfaites : on peut mieux les apprécier sans les ordinateurs qui ont brisé le lien humain. Et avec la voix de Sam, je réalise que ces morceaux étaient réellement cools, alors qu’avant je trouvais ça kitsch. »

Tout chez Friends a un côté nostalgique, jusqu’à leurs vidéos. « C’est pas qu’on soit bloqués dans le temps…  Je pense que les techniques de productions de l’époque en terme de vidéo et musique, comme filmer en super-8 ou sur du 16mm, ça donne un meilleur cachet. Maintenant avec la haute définition, tout a l’air si clair, tellement réel que ce n’est plus réel. » Pour le clip de ‘I’m His Girl’, le groupe a fait appel à une équipe de pros. « Le côté super-8 a rajouté un sentiment qu’on aurait jamais pu avoir avec de la HD ou avec du matériel moderne super cher. On perdrait au niveau de la personnalité. Ce qu’on perçoit au travers des images de qualité n’est pas la vraie vie. »

Réclame

Le premier album de Friends, Manifest!, sort le 4 juin chez Cooperative Music/Lucky Number.
Friends sera au Primavera Sound Festival, au Pukkelpop, à Rock en Seine et au Iceland Airwaves.
Lire le compte rendu de Friends au Printemps de Bourges


Remerciements : Michael (Coop) et Antoine (Opus 64)

Catégorie : A la une, Entretiens
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