Entretien avec Erevan Tusk

Par un jour mi-figue mi-raisin, le Transistor rencontra Pierre, Pacome, Alexandre, Nix et Jim d’Erevan Tusk. Leur premier album vient à peine de sortir, c’était l’occasion de parler de tout ce qu’évoque Fortify Your Innocence.

Erevan Tusk

Le groupe a l’air super sérieux. Mais ils m’assurent qu’ils ont soif de parler. « Alors le Chelsea – Barça… » démarre Nix, le bassiste. Et la conversation de virer rugby et féria. Ils survolent les questions préparées, en balayent certaines de la main. Ils ne parleront pas de leurs formations précédentes comme Starboard Silent Side et Rrose Tracet.

Entretien avec Erevan Tusk

Entretien avec Erevan Tusk

A l’écoute de leurs chansons, on rêve de grands espaces. Jim raconte où il a écrit les paroles. « Dans la cuisine, dans la salle de bain y’en a une je crois, salle à manger… et chambre à coucher aussi. Quand tu fais une soirée, le meilleur lieu ça reste la cuisine. C’est toujours le meilleur moment : il fait chaud, c’est un peu petit donc convivial, on est à côté du frigo… » Et en un instant, ils ont a réussi à brutalement nous ramener à la réalité. « On s’est pas isolés pendant un certain temps pour enregistrer le disque. On a fait les maquettes en chez nous sur ordinateur. Et puis après on est passé en studio pour les enregistrer en vrai. C’est l’espace du studio qui crée l’espace de l’album. Il était immense ce studio. »
Jim conclut : « Les grands espaces qu’on ressent ça vient de l’imaginaire. » Justement, on imagine les textes écrits dans un bus au fin fond de l’Amérique Latine. « On était plutôt en punto sur le périph. »

Tout dans l’univers d’Erevan Tusk appelle au voyage. « Chacun de son côté a pas mal voyagé, et ça forge forcément certaines compos. Comme on arrange tout ensemble, chacun apporte sa patte. Même si les textes sont peut-être composés après coup, ils ont été inventés ou créés dans un imaginaire. Mais ça se fait pas que dans la projection c’est un truc pensé vachement instinctif aussi. » Mais Jim avoue tout de même une passion pour les Etats-Unis. « Je sais que les paysages là-bas, les gens que tu rencontres là-bas, la manière de vivre des gens là-bas… Comme San Franciso c’est une ville qui m’a inspiré pour pas mal de textes. »

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Pour Jim, le thème principal reste l’enfance. « Cette espèce de quête perpétuelle de l’enfance. C’est quelque chose qui me plaît, j’aime bien rester un enfant. On est sérieux, mais à l’intérieur je crois qu’on est tous des enfants. » Autant dans les textes que dans la musique. « Elle assez enfantine, elle est pas très dure, elle est pas très percussive, mais en même temps elle est douce, elle est lisse. L’enfance c’est dynamique sans être percutant… L’innocence est précieuse et il faut la consolider. Il faut essayer de préserver quelque chose d’enfant en chacun de nous. »

Pour Pierre, il faut arrêter de chercher un sens à la musique. « C’est pas un truc sémantique en fait comment ça se passe la musique. Ca dépend de l’interprétation, mais ensuite comment c’est créé, ca part d’une idée de chacun. On a chacun notre vécu, on vient avec une idée et après on compose tous ensemble. Ca se construit sur nos interactions. C’est comme ça qu’on va réussir à créer ce truc-là, y’a pas vraiment de choses préconçues, c’est un truc vachement ressenti. » Jim vient à sa rescousse. « C’est spontané, instinctif. On pourrait l’analyser, mais je pense que y’a pas vraiment d’idéal musical quand on fait de la musique. Enfin on aime la musique, on a chacun une idée, une conception très précise de la musique. Mais au moment où on le fait, on a pas forcément l’idée absolue de ce que ça va être. »

Du côté des inspirations, Pacôme par exemple aime beaucoup les poètes britanniques. « Ca fait beaucoup référence à la poésie dans son terme le plus global. Après dans les influences, ya des auteurs comme William Blake, y’a du Keats , du Yeats… » Ce qui donne un côté très romantique à leurs compositions. « Certains nous demandent si on trouve pas ça ringard de faire de la poésie, de regarder des films qui traitent de romantisme. Non pas du tout, on s’en cache pas du tout au contraire. Sur ma table de nuit j’ai des recueils de poème et je trouve ça chouette. Par exemple le film Bright Star, celui qui parle de la vie de Keats. On l’avait vu quasiment au même moment et il nous avait énormément marqué. »

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Au niveau du son, et étant donné qu’ils sont signés chez Underdog, on aurait parié sur Samy Osta à la production. Mais c’est Antoine Gaillet, un ami de lycée de Pacôme, qui s’en est chargé. « Je l’avais rencontré quand j’étais au lycée. Et depuis on se voyait assez souvent, on avait gardé une relation amicale. Je lui faisais écouter souvent des titres, que je faisais, je lui ai fait écouter cassidy y’a deux ans et il a vachement accroché, et depuis il a suivi un peu le groupe. Il a vachement façonné en fait notre son. Ce qu’il a fait au niveau du mix, c’est vraiment super. » Il faut savoir que Antoine Gaillet a réalisé le dernier M83, mais a aussi travaillé avec les BB Brunes, Mademoiselle K« Il bosse avec plein plein de gens. Après il a fait aussi des trucs super indé comme Berg Sans Nipple, Yeti Lane, ça a rien à voir, mais aussi Julien Doré. C’est un réalisateur. Pour gagner de l’argent, il faut travailler sur des projets qui … C’est ce qui lui permet de faire travailler sur des plus petits groupes à côté. Maintenant, il commence vraiment à se faire un nom dans ce milieu. »

Et pour clore l’interview, Erevan Tusk illustre sa pochette. « Sinon demain on va peut-être se baigner parce qu’on va dans le sud, on va jouer à Cannes. Il fait 20°, il fait beau, on peut aller pique-niquer. A Cannes il fait jamais gris, le mistral dégage les nuages même si ça fait froid en sortant de l’eau. » Mais les ricochets, ça se fait pas dans la mer. « Y’a une meilleure flotabilité dans la mer, pour faire la planche, c’est beaucoup mieux. La dernière fois que je suis allé me baigner dans une rivière, c’était dans l’Hérault, j’ai vu un castor… »

Réclame

Fortify Your Innocence, le premier album d’Erevan Tusk est sorti le 30 avril chez Underdog.
Erevan Tusk sera le 13 juin au Nouveau Cas avec The Dove & The Wolf.

Lire le live report d’Erevan Tusk à la Flèche d’Or


Remerciements : Judith (Waaa)

Catégorie : A la une, Entretiens
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3 réactions »

  • Géraldine :

    C’est marrant que ça commence par “le groupe a l’air super sérieux” alors qu’on sent clairement que leurs réponses sont au second degré, et bizarrement l’interview les fait passer pour des tocards. Un humour apparemment pas partagé par tout le monde. Ils sont plutôt drôles et j’ai bien ri. En tout cas ce que j’ai entendu de l’album est au poil, et je vais vite acheter l’album.

  • agnes (author) :

    ravie que tu te sois marrée 🙂

  • Hervé Buerne :

    Bonjour c’est moi Tom Buerne j’était au collège ouvert de villefagnan session avril 2014 c’était pour vous dire que je vous adore et je suis désolé de ne pas vous avoir dit au revoir et j’espère que vous me répondrez et j’espère qu’ont se rêvera.

Et toi t'en penses quoi ?

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