PIAS Nite : Alt-J, Lisa Hannigan et Zulu Winter

Casting de nouveaux venus prometteurs et de talents en pleine confirmation pour la PIAS Nite du mois d’avril; l’occasion de retrouver à la Flèche d’Or les “ils ont tout des grands” Alt-J, l’enchanteresse Lisa Hannigan et ces marchands de rêves de Zulu Winter.

PIAS Nite : Alt-J, Lisa Hannigan et Zulu Winter

PIAS Nite : Alt-J, Lisa Hannigan et Zulu Winter

Alt-J

Evacuons d’emblée cette pesante question : oui, Films, c’était bien eux!

Quatuor au look de geek, quelque part entre Hot Chip et Bon Iver, Alt-J brouille les pistes de manière admirable pour produire une pop léchée, jonglant avec des arrangements à couches multiples et des lignes vocales en cascade. Sur scène, ce spleen énergique est porté par une basse enveloppante et très travaillée, rappelant quelques descentes propres à Radiohead période Hail to the Thief. La voix de Joe, le barbu du clan, est impeccablement posée, puissante mais jamais poussive; elle est de celles dont on aime à entendre des histoires racontées sous le sceau de la confidence dans l’obscurité d’une nuit calme.

Morceau après morceau, le groupe construit une musique au spectre large, une musique de paysages et d’étendues, jouant des harmoniques et des canons avec un soin qu’il est plutôt rare de rencontrer dans une formation aussi récente.

 

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Lire l’interview d’Alt-J

Lisa Hannigan

De Lisa Hannigan on se souvenait bien entendu de ses contre-poids timides dans les balades tire-larmes de Damien Rice (‘9 Crimes’ notamment). Deux albums plus tard, dont le dernier, Passenger, sorti en 2011, et après avoir écumé les routes avec d’autres hommes, c’est en solo, mais toujours entourée qu’on l’a découvre enfin pour sa première date parisienne.

Seule avec sa guitare en guise d’introduction à elle-même, elle impose silence et respect dès les premières notes. Habitée, le regard fixe et intense, elle s’inscrit dans une tradition de conteurs folk, de ces gens qui vous hérissent le poil en deux phrases et un coup de corde. Sa voix particulière, comme une caresse râpeuse, teinte ses ballades d’une authentique tristesse sans jamais tomber dans le pathos.
Rejointe dès le deuxième morceau par cinq musiciens, elle entame alors un passage audacieux mais réussi de l’Irlande originelle aux routes poussièreuses d’une Amérique bercée au son du banjo. Les instruments passent de main en main et chacun semble avancer à l’instinct, de sorte que l’on se retrouve spectateur d’une prestation vivante et bouillonnante.

Loin des clichés de la chanteuse folk à comptines fleuries, la musique de Lisa sent la sueur et transpire la noirceur des émotions complètes et vécues à fleur de peau. Plus incantatrice que compteuse à mesure qu’elle prend de l’ampleur et de l’aisance, sa nervosité délicieuse donne du corps à chacune de ses chansons, interprétées sans retenue et avec une belle dose d’humilité.

Communicative, elle adore ce qu’elle fait et cela se voit; elle entraine un public toujours plus conquis dans ses compositions terreuses de femme abîmée de vivre. Elle jure qu’elle reviendra; ça tombe bien, nous aussi.

 

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Zulu Winter

Sensation de ces derniers mois, les cinq londoniens toujours sans album clôturaient une soirée déjà bien placée niveau score card. Dévoilant peu à peu les morceaux de ce qui devrait être une des réussites de l’année, Zulu Winter est “en vrai” comme dans le casque : un son profond et enveloppant comme une brume, calibré et ciselé, ne laissant aucune place à la surprise ou à la prise de risque. Et vu la réussite du mélange, on ne saurait s’en plaindre.

De manière quelque peu dérageante à certains moments, ce subtil mélange de rythmiques puissantes et d’instrus vaporeuses vient rappeler à nos mémoires endormies les travaux de Foals, notamment sur Total Life Forever. La filiation est évidente mais ne vire pour autant pas au plagiat puisqu’il se dégage une vraie sincérité et un investissement authentique de chacun des membres du groupe.

Comme pour alimenter la communion lancinante avec un public en plein trip, les cinq musiciens prolongent les séquences instrumentales et développent leur savant équilibre keyboard/guitares sur lequel reposent finalement toutes leurs compositions.
Bien que pas foncièrement très différent du précédent, chaque morceau contribue à créer une bulle dont on ne sort pas, dans laquelle on évolue nécessairement, désorientés mais maintenus en flottaison par une musique complète et entêtante.

Une immersion consentie de laquelle on se réveille sans heurts, les souvenirs encore un peu cotonneux, mais avec la certitude d’avoir passé un beau moment.

 

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Réclame

Le premier album de Alt-J, An Awesome Wave, sortira le 28 mai chez PIAS.

Le nouvel album de Lisa Hannigan, Passenger, est sorti le 27 février chez PIAS. Lisa sera au festival Benicassim.

Le premier album de Zulu Winter, Language, sortira le 14 mai chez PIAS. Ils seront au Isle of Wight festival, au London Calling et au Field Day.


Remerciements : Margaux (PIAS)

Catégorie : Concerts
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2 réactions »

  • Entretien avec Alt-J | Le Transistor :

    […] Transistor avait déjà croisé le chemin des Alt-J à la Flèche d’Or. Gwil: Oui, c’est incroyable le monde qu’il y avait. Joe : Mais on est pas un groupe à la mode, […]

  • Damien Rice au Chalet des Iles - Le Transistor | Le Transistor :

    […] pour le Dalaï-Lama ou pour les rescapés de la catastrophe du Golfe du Mexique… Pour se consoler du départ de Lisa Hannigan de son groupe live, il a même fini par réaliser à l’album de Mélanie Laurent, En […]

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