Arctic Monkeys à l’Olympia avec Miles Kane

Cette semaine était sous le signe des Arctic Monkeys, puisqu’ils avaient pris leurs quartiers dans notre capitale pour trois concerts. Et Paris les avait accueillis avec un froid polaire pour marquer le coup (trop tentant de la faire). En première partie, et ce sur toute la tournée des Singes, Miles Kane venait enflammer le public. Le Transistor était présent à l’Olympia pour un kiff beaucoup trop court.

Miles Kane

Miles Kane au Casino de Paris par Pierre Hennequin

Miles Kane au Casino de Paris par Pierre Hennequin

A peine le dandy apparaît qu’une clameur frisant l’hystérie s’élève du public. Il faut dire que l’ancien leader des Rascals a un jeu de scène taillé pour les stades. N’ayant pas peur d’affronter les fans de son ami Alex, mais armé de sa Gibson, il se lance dans des solos et des chorés dignes d’Elvis. De son côté, la foule ne se fait pas prier pour reprendre avec lui ‘Rearrange’ et ‘Kingcrawler’. Et pour remercier le public français de cet accueil aussi chaleureux, Miles reprendra ‘Le Responsable’ de Dutronc.

Le jeune homme a clairement le sens de la scène et pour cette raison, a eu raison de se lancer en solo. Ce soir, malgré son rôle de chauffeur de salle, il joue comme si son nom était la tête d’affiche. Ce n’est que pour clore son set, après ses singles ‘Inhaler’ et ‘Come Closer’, qu’il invite Alex à se joindre à lui pour une de leurs chansons des Last Shadow Puppets.

Arctic Monkeys

Arctic Monkeys au Casino de Paris par Pierre Hennequin

Arctic Monkeys au Casino de Paris par Pierre Hennequin

La foule commence à s’impatienter quand les lumières s’éteignent, et les quatre garçons entrent calmement sur scène. Avec l’assurance des grands, les Arctic Monkeys ouvrent le set avec l’implosif ‘Don’t Sit Down…’. Scéniquement, on est aux antipodes de Miles Kane, sauf qu’à la surprise générale, Alex Turner commence à mimer la chanson ! Le voilà même à parler à la foule et annoncer les titres – peut-être parce que ce soir, le concert est filmé. La foule n’a pas le temps de s’en remettre que déjà les bières sont balancées pour exulter sur ‘Teddy Picker’.

Les Arctic Monkeys embrayent sur ‘Crying Lightning’ et à son air conquérant, on sent que désormais Alex maîtrise son public. On est loin du jeune homme qui se cachait derrière ses mèches de cheveux et qui n’osait pas affronter le public à son dernier Zénith parisien. Désormais, il assume même des broderies fleuries sur sa chemise ! On avait déjà remarqué des changements, avec l’apparition d’une banane en guise de look capillaire à Rock en Seine, mais on n’était pas préparés à ce qu’il saute de la batterie non plus. Petit à petit, Alex Turner a accepté son rôle de leader, jusqu’à se transformer en crooner à dégainer son peigne sur scène pour se recoiffer (peignes qu’on retrouve en vente à la sortie de la salle !)

Le public n’objecte rien tant qu’il peut se lâcher sur ‘Brianstorm’, se faire malmener rythmiquement parlant sur ‘View From The Afternoon’ et tout envoyer valdinguer sur ‘This House Is A Circus‘. Le groupe va d’ailleurs s’amuser à faire patienter le public, notamment avant un sublime ‘Bet You Look Good…’. C’est là que l’enchaînement avec ‘Library Pictures’ fait réaliser à quel point les nouvelles compositions sont inspirées des fifties – surtout sur ‘Suck It And See’ qui flirt avec l’ambiance baby doll et ‘Brick By Brick’ qui prend des airs très rock’n’roll en live. Mais au passage, les paroles bien léchées sont de fait moins mises en avant comme sur Favorite Worst Nightmare, et l’énergie garage de Whatever People Say I Am… se fait moins palpable.

Pour animer ce concert de haut-vol, certains VIP viendront faire une apparition : Miles Kane revient looké rocker pour ‘Little Illusion Machine’ et Richard Hawley qui vient faire un solo bien bluffant sur ‘You and I’. Sur la fin, l’ambiance est légèrement retombée, le final sur ‘505’ est moins prenant que d’habitude… On a comme l’impression que le groupe a perdu de son magnétisme en dérouillant son jeu de scène.

http://www.dailymotion.com/video/xnuykw

Réclame

Suck It And See‘ des Arctic Monkeys est disponible chez Domino.

The Colour Of The Trap‘ de Miles Kane est disponible chez Columbia/Sony.

Interview de Miles Kane

Arctic Monkeys aux Eurockéennes


Remerciements : Christophe (Domino)

Catégorie : A la une, Concerts
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5 réactions »

  • bolbek :

    faut avoir les albums qui sont des pepites de son brut mais pas les voir en concert !!! déception assurée !

  • agnes (author) :

    Personnellement, je les avais déjà vus trois fois auparavant, et à chaque fois j’étais magnétisée !!

  • lilou :

    Moh, même après 12 live, je les trouve toujours aussi bons !

    Même s’il est vrai qu’à leurs débuts, ils avaient plutôt le charisme d’une huitre sur scène malgré la force dansante de leurs premiers morceaux…

    Et, très belle review by the way 😉

  • agnes (author) :

    j’approuve ce commentaire ! merci pour le compliment <3

  • Printemps de Bourges – samedi | Le Transistor :

    […] Au début un peu intimidé, The Vaccines se remet à peine de sa surprise devant l’accueil aussi chaleureux du W, puis plonge dans ses tubes pour les révéler plus rageur que sur album. L’ambiance est à l’excitation, la foule envoie tout valdinguer, les cris accueillent les changements de rythmes de langoureux à énervé. Et peu importe si personne ne reconnaît aucune des références dont est truffé le dernier album, seule reste en tête l’ombre de les Arctic Monkeys qui plane sur leurs concerts. […]

Et toi t'en penses quoi ?

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