Camille – ilo veyou

Camille sort un nouvel album :  ilo veyou… Un album qu’une femme a écrit dans l’attente, la conception pendant la grossesse. Mais aussi un album qui ne serait pas un concept album d’après l’artiste, alors que l’artiste est un concept à elle toute seule.

Parce que tout de même, décider de jouer sur l’acoustique des lieux, sur leur résonance : une chapelle, un studio, une rue, une salle de bain… Et avec une seule voix, qui se démultiplie à l’infini… Ca en a le goût et l’odeur, mais on a pas le droit de dire que c’est un concept album.

Soit.

Il n’en est pas moins intéressant.

Chaque chanson nous emmène dans une atmosphère différente. La première, ‘Aujourd’hui‘, applique la méthode coué à bout de souffle, à égrener un chapeler de comptines pour se rassurer. On est en pleine crise d’angoisse pour démarrer.

Mais en fait, Camille s’amuse : elle joue avec son écho sur ‘She Was‘,  avec les différentes sonorités de la lettre b sur ‘Bubble Lady‘ – qui est un pur délire de salle de bain, une pop presque hansonnienne (‘mmmbop’)-, avec les cris presque orgasmiques sur ‘My Man Is Married But Not To Me‘, avec le roulement de ‘r’ sur ‘La France‘, avec le mot rain, répété sur tous les tons sur ‘Pleasure‘…

I wanna feel pleasure as much as I feel pain / I wanna feel pain as if it was a leisure

Chaque chanson a un style : ‘Wet Boy‘, c’est une ballade folk toute simple, ‘She Was‘ est plus baroque, ‘Mars Is No Fun’ sonnerait presque soul alors que ‘Le Berger‘, lugubre, aurait pu être chantée à la veillée de Noël au fin fond des campagnes auvergnates. Mais ce qu’on aime, c’est que si ça semble suivre une ligne pendant le morceau, on peut être sûr d’atterrir à l’opposé à la fin.

Avec ilo veyou, on explore beaucoup l’univers de l’enfant : on se croirait presque au milieu d’une scène de La Guerre des Boutons sur ‘Allez Allez Allez‘ et Message part dans une rêverie tirée de la lecture des nuages – à l’époque où on en avait le temps et le loisir… Mais on traverse les époques aussi, avec ‘La France‘, une valse chevrotante de l’époque d’Edith Piaf, incluant avec espièglerie cet anachronisme, mais néanmoins vérité universelle : “Luke Skywalker vote pour les verts”.

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Pour toutes ces raisons, ilo veyou est hors du commun.
Mais est-il agréable ? A-t-on envie de le poser sur la platine pour écouter la complainte du berger qui se suicide ? A coup sûr, s’il nous prend de l’écouter pendant la plage hebdomadaire dédiée aux tâches ménagères, on risque de lancer à sa chaîne des regards terrorisés ! « Pourquoi ce cocorico d’un coup ? Que font-ils à cet enfant sous la douche ? »

A la fois ludique et claustro, cet album ne s’écoutera sûrement que pour revivre le live… Ou parce que passionné du piano préparé (technique qui consiste à appliquer toutes sortes d’objet sur les cordes : bouts de cartons, visses, trombones, pinces à linge… « pour lui donner un son brinquebalant, retors, saturé »).

Mais à voir sur scène, oui ! Complètement. Sauf que tout est bien entendu déjà complet.

Alors on va l’acheter, on va s’installer confortablement et l’écouter en fermant les yeux (et zapper la chanson du berger).

On peut l’écouter dans son bain aussi, pour pouvoir faire des bulles comme Camille. Ou alors au casque en rentrant chez soi pour se marrer (mais pas en voiture, vous risqueriez un accident)…

Voire même à un dîner, en fond sonore, ça alimentera les conversations, au lieu d’élimer encore et toujours ce vieil album de jazz consensuel.

Ou alors, on en profite pour apprendre Le Point Passé Plat, comme expliqué dans le livret.

 

Malheureusement le single c’est ‘L’Etourderie‘, assez irritant… Mais attendez seulement que ‘My Man Is Married But Not To Me‘ ou ‘Allez Allez Allez‘ ne sorte !

Réclame

Le quatrième album de Camille, ilo veyou, sort le 17 octobre chez EMI.

Camille sera donc en tournée… Les dates où vous avez peut-être encore une chance d’avoir une place : le 3 novembre à Londres, le 12 novembre à Berlin, le 13 novembre à Cologne, les 9 et 12 décembre à Dijon pour le festival TGV Generiq. Parce que du 12 au 18 décembre au Café de la Danse, c’est foutu.


Remerciements : l'inénarrable Audrey

Catégorie : Albums
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Production(s) :

5 réactions »

  • Olivier :

    Éprouvé en live au couvent des Recollets, ça envoyait vraiment bien !
    Sinon pas encore écouté l’album…

  • Romain :

    C’est clair, vu pour son premier concert à Bordeaux, y a rien a dire, c’est du beau Camille

  • Camille au Printemps de Bourges | Le Transistor :

    […] Lire la chronique de ilo veyou […]

  • Printemps de Bourges – mercredi | Le Transistor :

    […] avait aimé l’album ilo veyou, on a aimé le concert. Lire le Live Report de Camille au Printemps de […]

  • Le Transistor | Le Transistor :

    […] ça commence à s’activer. Camille entame une semaine de Trianon avec ilo veyou (Chronique). Amon Tobin sera à l’Olympia – pssst : l’after se fera au Petit Bain. Au Cent Quatre, […]

Et toi t'en penses quoi ?

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