Entretien avec Applause

Applause c’est la rencontre entre Nicolas Ly et La Fanfare du Belgistan. Ensemble, pas de musique de rue ni de projet conceptuel, mais du rock aux influences anglo-saxonnes avec une voix plus que soul. Le Transistor est parti rencontrer le groupe au Café de l’Industrie pour en savoir plus sur leur album, Where It All Began.

Applause

Nicolas Ly raconte comment il s’est retrouvé à détourner La Fanfare du Belgistan. « Pendant mes six années aux Beaux-Arts, j’ai fait beaucoup de chant. J’ai même commencé à faire une maquette parce que je sentais qu’il y avait une ouverture pour moi là-dedans. Quand j’ai fini les Beaux-Arts, je me suis plongé complètement dedans, en me disant advienne que pourra. Et ça m’a amené à eux. »

Du côté du Belgistan, tout a été très simple, mais ça a été un cheminement aussi. « Nous quatre, l’entité belge de Applause, on joue ensemble depuis une quinzaine d’année, dans plusieurs groupes. On a commencé par un groupe de jazz arty un peu, puis on a eu besoin d’un plus peu de liberté, donc on a fait La Fanfare du Belgistan. Avec cette fanfare, on a fait des collaborations en tout genre, notamment avec Néry, le chanteur des VRP. Donc on s’est retrouvés à accompagner un chanteur pour la première fois après douze-treize ans de musique commune. » C’est en jouant avec Néry qu’ils réalisent qu’une voix peut explorer plus de sentiments qu’un instrument. « Avant on était plus dans la musique instrumentale. Le projet avec Néry c’était pour une période de temps donné, donc après on s’est dit qu’on voulait continuer avec un chanteur. En plus à cette période on a un peu découvert le rock, on en écoutait déjà, mais on a découvert le fait d’en jouer. On a pas voulu remplacer le Belgistan par Applause, on a juste voulu faire un projet supplémentaire. Un projet qui explore d’autres ambiances musicales, qui fait appel à d’autres influences. Et quand on a rencontré Nico, on a adoré sa voix. »

C’était la première fois qu’ils se retrouvaient à travailler avec un producteur. « On a gardé les couleurs qu’on avait avant, mais on a ouvert et élargi le spectre des émotions et des ambiances. Et c’est en partie une impulsion de producteur. Ca fait plus de quinze ans qu’on travaille ensemble, on a jamais eu de producteur, on a toujours choisi nous-mêmes la direction. Mais en fait, ça a été génial. Il a à la fois un côté américain, très formaté, qui doit rentrer dans le cadre chanson pour l’efficacité, et à la fois dans ce cadre là, il te pousse à sortir quelque chose de tout le temps nouveau : il veut se libérer des clichés tout en formatant, c’est un petit peu bizarre. »

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Where It All Began est un album à l’image du groupe : varié mais avec une unité. « On a délibérément choisi de ne pas se mettre de limites. Notre producteur Daniel Presley nous a aidé à les repousser. En tant que musiciens, on se met aussi des limites alors que les seuls limites c’est le goût et le style. C’est pas le genre, c’est la manière dont c’est fait. Les limites interfèrent avec les genres musicaux… Il nous a permis de sortir du rock dépressif anglais. Même si on adore le rock dépressif anglais. »

Nos amis Belges en profitent pour titiller la mentalité musicale de l’Hexagone. « On est en 2010, la musique doit être transgenre – c’est important d’avoir du style, mais le genre n’a plus vraiment d’importance. En France on a tendance à pas faire confiance à l’intelligence des gens. Les gens savent aller vers ce qu’ils veulent, faire les démarches nécessaires quand ils sont passionnés. C’est juste d’un point de vue commercial ! » Eux-mêmes ont fait un grand écart du point de vue du style. « On s’est aperçus que le milieu du rock par rapport à la musique de rue, c’est deux mondes complètement différents, mais pas le public. Y’a plus de gens qu’on ne croit qui aiment Eminem et Jean Ferrat. Maintenant tout est une question d’accès, on est à une époque où tout média est disponible, avant il fallait dénicher pour faire des découvertes, maintenant, t’ouvres ton ordi, et ça va tout seul. Donc ça participe à ce mélange, y’a une espèce de mise en commun des styles musicaux, qui permet beaucoup de choses. »

Une fois l’entité formée, il a fallu choisir un nom. « Applause, c’est une injonction comme une constatation. Y’a de l’ironie bien sûr, mais au bout d’un moment on oublie le sens des mots. On s’est posé la question et finalement il y a plein de groupes qui ont des noms comme ça comme Téléphone ou The Police. C’est surtout que ça sonne bien et que c’est facile à retenir. »
Quant à l’Artwork, Nicolas Ly a beaucoup travaillé dessus, mais au dernier moment, ils n’ont pu résister à la photo. « C’est une femme qui a la bouche ouverte de l’orgasme…. On a galéré pour la pochette, du coup on a changé le titre de l’album. Avant c’était Do You Feel Better Now ? mais ça collait plus : on assumait pas complètement ce côté macho. Donc maintenant c’est Where It Al Began. Cette chanson, c’est pas un moment fort du disque, mais c’est l’idée du point de départ. »

La question se pose si ce projet sera temporaire comme les différentes collaborations de La Fanfare du Belgistan. Nicolas illustre la réponse : « Quand on a décidé de bosser ensemble, on est partis boire des verres et ils m’ont demandé si j’étais libre pour les trente prochaines années… »

Réclame

Where It All Began sera disponible à partir du 6 juin 2011 chez Troisième Bureau.
Applause fêtera la sortie de ce premier album le 7 juin au Café de la Danse.


Remerciements : Anne Sophie (3eme Bureau)

Catégorie : A la une, Albums, Entretiens
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