Entretien avec les Scarlet Queens

Les Scarlet Queens débutent tout juste, ou presque. Après quatre ans, ce groupe d’electro-rock sort son quatrième EP, mais le premier officiel. Récemment signés sur Stand Out Records, ils prennent maintenant la route d’un groupe à suivre. Le Transistor a rencontré les Scarlet Queens avant leur concert à la Scène Bastille, où ils fêtaient la sortie d’Outside Play.

Scarlet Queens

Le nom, une variété de roses ou un joli surnom donné aux escort girls londoniennes du XIXe, a été trouvé bien avant que la formation ne soit au complet. Gaspard, le guitariste, explique : « On avait le nom y’a quatre ans déjà quand on était que deux, Quentin et moi. Le nom, Scarlet Queens, ça part d’un univers visuel en fait : une ambiance un peu baroque un peu kitsch, un peu patchwork aussi avec le papier peint dégueulasse. » Quentin, le chanteur, rebondit : « L’idée c’est de garder complètement l’esprit rock 60s du début. En ajoutant de l’électro, on casse le style de base, mais le rock sixties se ressent toujours. On le fait évoluer, on apporte des touches modernes, mais on garde toujours ce son de base. »

En quatre ans d’existence, les Scarlet Queens ont sorti quatre EP, preuve de leur motivation. « On en a fait un quand on était en province, alors que Quentin avait pas encore son bac, histoire d’avoir un support pour quand on arriverait à Paris. Ensuite on en a enregistré un autre, une fois qu’on a trouvé les musiciens. Comme on avait pas de maison de disque, on démarchait les salles de concert avec ces EP de très bonne qualité – du point de vue du son. C’est plus que des démos, y’a quand même un gros travail derrière : on a payé un pro pour les réaliser à chaque fois. » Le groupe évolue au fur et à mesure, les EP marquent les étapes. « Le troisième EP c’était après le départ du bassiste et du batteur : il fallait qu’on réagisse absolument ! C’est là qu’on a décidé de se lancer sur un terrain qu’on connaissait pas, un projet plus électronique. Et c’est grâce à cet EP qu’on a signé avec Stand Out Records. Outside Play, c’est le premier qui sort officiellement. Après on en a un autre de prévu, qu’on va travailler cet été et qui sort en janvier 2012. Et l’album est prévu pour septembre 2012. »

Après le départ de leur bassiste et de leur batteur, Gaspard et Quentin ont voulu changer d’orientation. Raphaël raconte : « On s’est rencontrés sur le tournage de leur clip ‘Rock’n’roll Girl’. Pendant longtemps on a été amis, sans vraiment s’intéresser à ce que les autres faisaient. J’avais un groupe d’électro, mais c’était pas trop leur truc. Et moi j’aimais bien Scarlet Queens mais j’étais à fond dans l’électro à cette époque – même si j’étais très rock au début. » Les Scarlet Queens ont alors proposé à Raphaël de les rejoindre. « Quand ils ont eu envie de changer, il se trouvait que j’en avais de marre que de l’électronique. Parce que ça peut être très utile mais c’est bien aussi de mélanger avec des vrais instruments et de confronter les genres. Ce que j’aime c’est enchaîner un riff de rock de Gaspard avec des samples hyper-calés, ce contraste entre les boucles rigides et les vrais musiciens qui se trompent. »

Leur changement de cap sur l’electro vient de leurs influences. « On avait envie d’expérimenter de nouveau sons qui nous plaisaient, mais on pouvait pas le faire. C’est vrai qu’avec l’électro tu peux faire plus de choses, tu peux aller vraiment loin. Et pour avoir notre patte, il fallait qu’on ait quelqu’un avec nous qui sache gérer ça. Quelqu’un qui puisse nous aider à avoir un son qui nous est propre. » Quentin en avait marre d’être systématiquement comparé à Jim Morrison. « Avant on reproduisait plus ce qu’on écoutait, genre Led Zep, les Doors… Du coup, y’avait pas vraiment d’évolution : on faisait de la musique qui était faite par des génies dans les années 70s – sans être des génies nous-mêmes. Rien de vraiment moderne, on avait pas de patte. Même si on a encore rien prouvé, mais avec l’electro, on rajoute un élément qui nous inscrit dans l’ère du temps. A nous de l’utiliser à bon escient. »
L’électro leur permet de se trouver un univers musical. « Depuis le début, on se disait qu’avec une partie électronique, ça sonnerait plus personnel… même si ça paraît bizarre à dire. »

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Ce changement de direction leur a permis de signer avec le tout jeune label Stand Out Records. « On a enregistré ce troisième EP avec Raph et on l’a foutu sur MySpace. Et Stand Out cherchait des groupes pas signés mais motivés. On avait déjà rencontré des labels, mais on était pas intéressés par leurs propositions… Mais ils sont venus nous voir avec un budget, un plan de com, des projets… Et ils nous ont appâtés avec les Studio de la Seine ! Donc on s’est lancés. » Il y a apparemment quelques divergences dans le travail. « Faut s’habituer à travailler avec un label, à rendre des comptes aussi. On fait pas mal de compromis… Ils s’occupent de toute la direction artistique du label, donc ils ont le dernier mot sur tout. Mais les compromis ça permet aussi d’avancer… Là on a appris de nos erreurs : y’a des choses qu’on regrette, d’autres choses dont on est content, mais c’est normal : faut que ça naisse. »

Les Scarlet Queens sont pressé de réussir. « Là on commence à se rendre compte que c’est beaucoup de boulot, mais aussi beaucoup de chance. Il y a plein de choses qui rentrent en jeu : l’argent, la concurrence, l’entourage. On se rend compte que ça va être dur. Faut sortir les choses au bon moment, faut que ce soit abouti, faut vraiment se prendre la tête. » Ils apprécient que Stand Out mette tout en œuvre pour les aider. « Ils bossent vraiment à temps plein sur les groupes. Par rapport à plein de pseudo labels indés qui bossent pas les artistes qu’ils ont signés. Là y’a une réelle effervescence ! En plus, leur intérêt est le notre : si on grandit, ils grandissent aussi. »
De toute façon, les Scarlet Queens ont toujours été convaincus qu’ils y arriveraient : « Même au lycée on y croyait ! On chantait des chansons de pisseuses, les chansons à la James Blunt, mais on était à fond ! Même quand on était que deux, on était persuadés que ça allait marcher un jour, alors qu’on avait pas vraiment le contenu pour le dire. Mais bon, là on a 22 ans : on a pas tant de temps que ça !! »


Remerciements : Benjamin (Ephelide)

Catégorie : Entretiens
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