Family of the Year

Family of the Year a débarqué en France par les ondes radiophoniques : depuis plusieurs semaines, leur titre ‘Psyche or Like Scope‘ squatte la playlist Nova. Devant ce succès, notre famille de l’année est venu sur le vieux continent faire la tournée des radios. Le Transistor les a cueillis dans un restaurant près de Bastille, à la fin d’une journée promo, en compagnie de leur manager, Emily White.

Family of the Year, c’est avant tout deux frères, Joe et Seb. « On jouait dans un groupe qui s’appelait Unbusted. Mais c’était un groupe dans le style très lycéen, on pouvait pas marcher… James était notre ingé son sur le groupe suivant, The Billionaires et on s’est tous retrouvés sur Los Angeles. On a quitté Boston pour booster le groupe, et là bas on a rencontré Christina par des amis… On a joué ensemble, et sans trop comprendre comment, on avait des démos. Mais Seb a failli tout quitter, il voulait se lancer dans une carrière d’acteur ! »

Family of the Year

En fait, The Billionaires, leur deuxième groupe, a failli être signé… Après autant de travail, la bande de potes était plutôt refroidie de retenter l’expérience. « Au début, le projet n’en était pas vraiment un, c’était juste un groupe pour nous, c’était relax. Après The Billionaires qui avait pas marché, c’était un peu bizarre, donc on avait recommencé, mais sans pression de succès. C’était juste des chansons qu’on jouait quand on traînait ensemble. On s’appelait Bogie Ogreton, mais personne n’arrivait à se souvenir du nom. » Christina renchérit sur le nom qu’ils s’étaient choisi : « Ma meilleure amie me disait ‘j’adore le nom Oggy Bogerton !’ ouais, sauf que c’était pas notre nom !! »

Et puis, peu à peu, ils se sont laissés prendre au jeu. « Et quand on a eu notre premier concert, on a changé de nom pour Family of the Year. Et c’est là que Seb a envoyé nos démos à Emily. Et elle beaucoup aimé nos compos, donc on s’est réellement lancés dans le projet, sérieusement. » Emily, c’est Emily White, qui a monté l’agence Whitesmith Entertainment. « On connaissait Emily de Boston, quand on traînait dans la sphère musicale là-bas. On la connaissait pas professionnellement, même si elle bosse dans l’industrie. Et à force de se croiser, on était devenus amis, et on était restés en contact. Elle nous tenait au courant de ses projets, des artistes avec lesquels elle bossait, comme Amanda Palmer ou les Dresden Dolls… donc on lui a envoyé nos compos. »

Leur premier album, Our Songbook, a été offert en pay-as-you want sur leur site, une suggestion d’Emily. « On avait aucuns fans à cette époque, donc on pouvait pas se permettre de faire payer notre musique. On avait pas vraiment joué, on avait fait que quelques concerts… Et on voulait faire écouter notre musique. » Emily s’explique : « On voulait construire notre fanbase, pour qu’elle soit solide. Le but c’est de montrer la qualité du son, et donc de gagner des partenaires de cette façon. C’est la meilleure manière d’attirer des fans. » Pour payer leur tournée, ils ont aussi instauré un système d’envoi de cartes postales. « C’est une idée d’un pote, Jessie. Nous on voulait avoir une connexion avec notre public. Et c’est comme un twitter en fait. Les gens nous donnaient de l’argent par le biais du site, et nous on leur envoyait une carte postale de la route. Juste une carte postale, juste pour dire merci. » Jessie, c’est Jesse von Doom, de Cash Music, qui innove en matière de musique pour trouver de nouvelles stratégies marketing adaptées.

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Family of the Year se prépare à sortir le deuxième album, mais le schéma proposé ne sera pas le même que pour Our Songbook. Emily donne les raisons :« Ca va être une combinaison, avec les premiers titres gratuits. Mais pas tout l’album : maintenant qu’on a des fans fidèles, on peut commencer à commercialiser un peu la musique. Parce qu’au bout d’un moment, on a besoin de sous pour avancer. Et puis c’est difficile d’élargir le cercle des partenaires quand on a un schéma basé sur le gratuit. Il faut trouver des distributeurs qui acceptent notre stratégie musicale, qui adhèrent au direct-to-fan pour pouvoir exporter. » L’idée est de rester libre de ce qu’ils diffusent, sur les clips, l’artwork ou les singles. « Il faut trouver des labels avec une réelle ouverture d’esprit, qui laissent un champ de création possible. Et c’est plus facile dans l’indé… On a besoin de ces partenaires à l’international, parce que ces gens là connaissent leur marché. Ca se passe pas de la même manière en France, au Japon ou à Londres. Ces partenaires ont des réseaux, ils nous permettent de nous développer, de nous installer dans la scène actuelle, de venir faire des concerts, d’organiser des journées promo avec les bons médias. »

En effet, ‘Psyche or Like Scope‘ n’était pas un single à la base. Mais étant donné son succès en France, ils ont réalisé un clip juste pour nous. « ‘Stupidland‘ était notre single, maintenant c’est ‘The Princess and the Pea‘. Mais en fait on sait jamais vraiment ce qui va marcher et c’est génial ! Si on passe pas sous le rouleau-compresseur de l’industrie de la musique, tu laisses les choses se faire. Notre album me donne l’impression d’une compilation. Chacun s’approprie un aspect différent de notre musique. » Donc ce modèle direct-to-fan leur a permis d’arriver jusqu’en Europe. Emily n’est pas d’accord : « Moi je crois que c’est parce que leur musique est excellente. »
Joe : « Moi je pense que la musique est là, mais leur travail nous a aussi permis d’arriver là où on est. C’est une combinaison. »
Christina : « Personne peut l’aimer s’ils ont pas l’occasion de l’écouter. »

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S’ils ont choisi le nom de Family of the Year au final, c’est à l’image de tous ces secrets qui rongent les familles qui paraissent paisibles de l’extérieur. Pour Seb, c’est à moitié autobiographique : « Mais c’est aussi cette envie d’être dans un certain état d’esprit, comme de se pousser à être heureux, comme les chansons. »
Christina : « Les chansons les plus tristes elles sont écrites par une seule personne, qui déverse ses émotions dans les paroles. Mais les joyeuses, c’est quand on est tous ensemble, on se marre, y’a une autre énergie, une autre vibration. Seul on peut écrire des chansons plus profondes, et elles prennent une autre ampleur quand on la joue tous ensemble. »
Seb : « Quand on est ensemble, on ne pense pas à nos problèmes, on est pas face à la réalité, on est juste en train de passer un bon moment avec les potes. »
Joe : « Quand je suis seul, je suis plutôt quelqu’un de mélancolique. Mais pas quand on est tous ensemble. C’est comme une thérapie de groupe en fait. »

Et quant à cette rumeur qui les fait passer pour des hippy : « On est pas hippy, on a la flemme, on est feignants, donc on mange au Mc Do, et les hippy mangent pas au McDo, CQFD. »

Réclame

Our Songbook, le premier album de Family of the Year, est déjà disponible chez Volvox.


Remerciements : Charlotte (Volvox)

Catégorie : Entretiens
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